‹ La conscience et la foiChapitre 9 sur 70 · LA CONSCIENCE ET L'ÉCRITURE SAINTE · texte numérisé non relu

LA CONSCIENCE ET L'ÉCRITURE SAINTE

dit sur ce sujet si délicat et si grave tout ce que je sais : la vérité, toute la vérité et rien que la vérité, pour autant qu'il m'est donné de la connaître. Des réticences, des fictions auraient été indignes de vous et de moi. J'ose, en finissant, vous répéter après saint Paul : Je vous ai dit la vérité en Christ; ma conscience m^en rend le témoignage par le Saint-Esprit.

La conscience et Jésus- Christ.

Tour à tour j'ai interrogé devant vous la conscience, qui est pour nous l'autorité souveraine, sur Dieu, sur l'homme, sur l'Écriture. Aujourd'hui, ce qui nous occupera, c'est ce que nous devons croire au sujet de Jésus-Christ.

Cherchons d'abord à nous rendre compte de ce qu'en pense notre siècle. Deux opinions contraires sur le Christ existent à la fois parmi nous et se partagent les esprits.

Beaucoup d'âmes, dans toutes les Églises et même en dehors d'une Église quelconque, ai-

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ment et vénèrent Jésus. A cet égard, le règne de Voltaire est loin de nous. Accoutumé, dès l'enfance, par ses maîtres jésuites, à confondre rÉvangile avec le catholicisme, Jésus avec l'Eglise et avec la papauté, cet esprit aussi léger que brillant n'apprit jamais à distinguer bien nettement des idées et des faits si étrangement disparates. Sa haine, sincère et légitime contre l'absolutisme, s'égara parfois sur celui qui fut le plus redoutable ennemi de tout asservissement des consciences. Quand il s'écrie avec une persistance infatigable : Ecrasons rinfdme , c'est le despotisme clérical qu'il veut dénoncer, mais parfois c'est Jésus que sa démence blasphématoire semble désigner.

Un pareil langage aujourd'hui blesserait les cœurs honnêtes et révolterait toute inteUigencc droite. Rousseau, malgré ses erreurs et ses palinodies, avait gardé de son éducation protestante, tout imparfaite qu'elle fut, des notions plus justes. Lui aussi, sans cesse et de toutes manières, éclate en invectives contre l'oppression Spirituelle et stigmatise dans tous les cultes l'esprit d'intolérance, mais il n'attribue ni

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à l'Évangile, ni à Jésus, les abus qu'il dénonce dans les diverses Églises, et c'est avec un enthousiasme ardent et loyal qu'il parle à maintes reprises de Jésus-Christ, de sa vie sublime et de sa mort plus touchante encore.

Atijourd'hui Jésus est, pour un grand nombre de nos concitoyens, en quelque Église qu'ils soient nés, l'objet d'une admiration instinctivement religieuse, une consolation, un refuge, une espérance. Bien des personnes qu'épouvantent les périls de Tépoque actuelle cherchent, dans la parole et la personne du Christ, un abri et une force. Le peuple, les pe* tils et les pauvres aiment, admirent, révèrent le charpentier de Nazareth qui tonna contre les hypocrites et les oppresseurs, contre la dureté des riches égoïstes et les dédains insolents des faux dévots; qui, hors de là, se montra si doux et si tendre pour toutes les misères humaines, avec qui les humbles, les cœurs froissés et déchirés se sentaient à l'aise, et par qui tout homme de bonne volonté, quelque ignorant qu'il fût, quelque coupable qu'il eût pu être antérieurement, se voyait accueilli, relevé,

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