CHAPITRE VU
l'immortalité
TransUoriis quœre œtema,
(Jean Retnaud.)
Pascal a dit': « L'immortalité de l'âme est Une chose qui nous importe si fort et qui nous touche si profondément, qu'il faut avoir perdu tout sentiment pour être dans l'indifférence de Savoir ce qui en est. »
Au point où nous sommes arrivés, nous savons ce qui en est. L'âme est immortelle, non parce qu'elle est distincte du corps (la distinction de l'âme et du corps est une condition et non une preuve de l'Immortalité), mais parce que Dieu est juste.
J*ai la notion de la Justice et ia conscience de ma responsabilité. Je sais que je mérité et que je démérite. Je conçois donc des peiijeset des récompenses, comme sanction de ma responsabilité. 11 y a donc un Dieu rémunérateur et vengeur. — Mais, dans cette vie, la sanction de ia Justice est imparfaite. Les biens et les maux de ia terre ne sont pas équitablement partagés. Le soleil luit également pour les bons et pour les méchants. Socrale boit la ciguë, Thraséas est obligé de s'ouvrir les veines, tandis qu'Octave, meurtrier de sa patrie, couvre de sa pourpre ses débauches et ses assassinats, et meurt dans son lit en disant : t La farce est jouée. » De là, la nécessité d'une autre vie, où la loi du mérite et du démérite reçoive sa sanction, où chacun soit puni ou récompensé suivant ce qu'il a fait de bien et de mal, où le Dieu rémunérateur et vengeur accomplisse son œuvre.
Cet argument est irréfutable, à moins de nier toute distinction entre le bien et le mal, ou de rejeter le libre arbitre, qui nous est attesté directement par la conscience.
Il est un autre argument, dont nous faisons