‹ La conscienceChapitre 9 sur 27 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

LA LOI MORALB

Conscience! conscience! instinct divin, iin<mortelle et céleste toîx; guide assaré d*un être ignorant et borné, mais intelligent et libre; joge infaillible du bien et da mal, qai rends 1 homme semblable k Die» ! c'est toi qui fais rexcelleuce de sa nature et la moralité de ses actions; sans toi, je ue sens rien en moi qui m*élèTe au-dessus des bêtes, que le triste privilège de m^égarer d'erreurs en erreurs, k Taide d*an entendement sans règle et d'une raison sans principe.

J.-J. ROUSSEIU.

{Profession de foi du vicaire savoyard,)

L'homme est fait pour Taction ; et le but le plus élevé que puisse se proposer la spéculation

philosophique, c*est de déterminer la règle d'action.

Nous avons indiqué plus haut, très-sommai* reroent, les divers mobiles ou motifs d'après les*' quels nous nous déterminons h itgir*

96 LA COJNSCIKNCE

• On peut distinguer trois principes d'action : l'intérêt, la passion et le devoir.

Pour l'homme qui suit habituellement la passion, en quoi consiste le bien et en quoi consiste le mal? Évidemment cet homme appellera Bien, le plaisir, et Mal, la peine.

La passion, considérée comme principe de détermination, peut-elle fournir une règle d'action? — Non, car elle n'a aucun des caractères d'universalité, de fixité et d'obligation qui constituent une loi.

L'intérêt se distingue de la passion en ceci, qu'il est un principe réfléchi, tandis que la passion est essentiellement spontanée. Dans la passion tout est fatal. L'homme, qui prend son intérêt pour guide, fait au contraire usage de sa liberté. Il réagit contre l'instinct du plaisir actuel, parce qu'il conçoit qu'en renonçant à ce plaisir, il évitera une peine, ou pourra s'assurer dans l'avenir un avantage qu'il considère comme d'un plus haut prix. — L'intérêt peut donc nous fournir certaines règles d'action, tandis que la passion ne nous en fournit aucune. Mais ces règles ne seront ni universelles, ni fixes, ni obligatoires. Car, d'une part, il n'est rien de plus variable que l'idée que le même homme se fait

du bonheur aux diverses époques de sa vie et dans, les différentes conditions où il se trouve. Et, enfin, je ne conçois pas clairement que je puisse être obligé à suivre mon intérêt.

Si donc je me déterminais uniquement par la passion ou par l'intérêt, il est bien évident qu'il n'y aurait pour moi aucune loi morale.

Mais ma nature se révolte contre cette supposition. Je conçois une loi morale, éternelle, nécessaire, absolue. Je la conçois, non comme un résultat de l'expérience, qui ne me donne que le contingent, le variable, le relatif, mais comme un principe à priori. Et cette loi, je l'appelle la loi du Devoir. Dès lors, le Bien et le Mal ne se confondent plus avec le plaisir et la peine; mais le Bien, c'est tout ce qui est juste, et le Mal, tout ce qui est injuste. En d'autres termes, le Bien, c'est ce qui est conforme à Tordre; le Mal, c'est tout ce qui lui est contraire. La loi morale se distingue d'ailleurs de tous les autres principes conçus par ma raison, en ceci, qu'elle m'apparaît avec le caractère d'obligation. Dès que je la conçois, je me sens obligé à y confor mer ma conduite. Elle suppose donc la liberté.

Par ma raison, je conçois l'ordre universel et l'obligation de mettre toutes mes actions en har-

98 I A GOJNSGIENGË

monie avec cet ordre. Et comme je suis libre, je puis ou agir conformément à l'ordre ou le violer. La conception de la loi morale a pour corollaire ridée du mérite et du démérite, et pour sanction immédiate les joies de la conscience et le remords. C'est parce que je crois que celui qui se conforme à Tordre, mérite, que celui qui le viole, démérite, que j'ai pour mes semblables de l'estime ou du mépris, que j'admire ou que je m'indigne; et c'est aussi en vertu de cette croyance que je reconnais k la société le droit de distribuer des peines et des récompenses.

Jt'ai dit que la loi morale était universelle.— Contre cette affirmation, Pascal s'inscrit en faux, après Montaigne. « Trois degrés d'élévation du pôle renversent toute la jurisprudence; un méridien décide de la vérité. En peu d'années de possession les lois fondamentales changent; le droit a ses époques, l'entrée de Saturne au Lion nous marque Torigine d'un tel crime. Plaisante justice qu'une rivière borne I Vérité au deçà des Pyrénées, erreur au delà. »

Voltaire a répondu à cette objection : « J'ai toujours été étonné que le sage Locke ait pré*

LA LOI MORALR 99

fendu qu'il n'y a aucune notion de bien et de mal qui soit commune à tous les hommes. Je crois qu'il est tombé là dans une grave erreur. II s'est fondé sur des relations de voyageurs... Mais rien n'est si commun, parmi eux, que de mal voir, de mal rapporter ce qu'on a vu, de prendre surtout, dans une nation dont on ignore la langue, l'abus d'une loi pour la loi elle-même, et enfin de juger des mœurs de tout un peuple par un fait particulier dont on ignore les circonstances. Ainsi tout voyageur qui me dira par exemple que des sauvages mangent leur père et leur mère par piété me permettra de lui répondre qu'en premier lieu le fait est fort douteux ; secondement, si cela est vrai, c'est probablement une façon barbare de marquer sa tendresse, un abus horrible de la loi naturelle... La religio^i naturelle n'est autre chose que cette loi qu'on connaît dans l'Univers : Fais ce que tu voudrais qu'on te fît. Or, le barbare qui tue son père pour le sauver de son ennemi et qui l'ensevelit dans son sein, de peur qu'il n'ait son ennemi pour tombeau, souhaite que son fils le traite de même en cas pareil. Cette loi de traiter son prochain comme soi-même découle naturellement des notions les plus grossières et se fait

entendre tôt ou tard au cœur de tous les hommes; car, ayant tous la même raison, il faut bien que tôt ou tard les fruits de cet arbre se ressemblent, et ils se ressemblent en effet, en ce que, dans toute société, on appelle du nom de vertu ce qu'on croit utile à la société. — Qu'on me trouve un pays, une compagnie de dix personnes sur la terre où Ton n'estime pas ce qui sera utile au bien commun, et alors je conviendrai qu'il n'y a point de règle naturelle. » — Eléments de philosophie de Netvton.

« Plus j'ai vu des hommes différents par le climat, les mœurs, le langage, les lois, le culte, et par la mesure de leur intelligence, et plus j'ai remarqué qu'ils ont tous le même fond de morale ; ils ont tous une notion grossière du juste et de l'injuste, sans savoir un mot de théologie ; ils ont tous acquis cette même notion, dans l'âge où la raison se déploie, comme ils ont tous acquis naturellement l'art de soulever des fardeaux avec des bâtons, et de passer un ruisseau sur un morceau de bois, sans avoir appris les mathématiques. — Il m'a donc paru que cette idée du juste et de l'injuste leur était nécessaire, puisque tous s'accordaient en ce point, dès qu'ils pouvaient agir et raisonner...

LA LOI liORALE 101

— Comment TÉgyptien, qui élevait des pyramides et des obélisques, et le Scythe errant qui ne connaissait pas même les cabanes, auraient* ils eu les mêmes notions fondamentales du juste et de rinjuste, si Dieu n'avait donné de tout temps à Tun et à Tautre cette raison qui, en se développant, leur fait apercevoir les mêmes principes nécessaires, ainsi qu'il leur a donné des organes qui, lorsqu'ils ont atteint le degré de leur énergie, perpétuent nécessairement, et de la même façon, la race du Scythe et de TÉgyptien?... Tous les peuples assurent qu'il faut respecter son père et sa mère, que le parjure, la calomnie, Thomicide, sont abominables. Ils tirent donc tous les mêmes conséquences du même principe de leur raison développée. » — Le pln^ losophe ignorant^ chap. XXI.

€ La notion de quelque chose de juste me semble si naturelle, si universellement acquise par tous les hommes, qu'elle est indépendante de toute loi, de tout pacte, de toute religion. Que je redemande à un Turc, à un Guèbre, h un Malabar l'argent que je lui ai prêté pour se nourrir et pour se vêtir, il ne lui tombera jamais dans la tête de me répondre : « Attendez que je sache si Mahomet, Zoroastre ou Brama ordon-

102 LA CONSCIENCK

nent que je vous rende votre argent. > Il conviendra qu'il est juste qu'il me paye, et s'il n'en fait rien, c'est que sa pauvreté ou son avarice remporteront sur la justice qu'il reconnaît. — Je mets en fait qu'il n'y a aucun peuple chez lequel il soit juste, convenable, honnête, de refuser la nourriture à son père et à sa mère, quand on peut leur en donner; que mille peuplade n'a jamais pu regarder la calomnie comme une bonne action, non pas même une compagnie de bigots fanatiques. — L'idée de justice me parait tellement une vérité du premier ordre, à laquelle tout l'univers donne son assentiment, que les plus grands crimes qui affligent la société humaine sont commis sous un faux prétexte de justice. Le plus grand des crimes, du moins le plus destructif, et par conséquent le plus opposé au but de la nature, est la guerre; mais il n'y a aucun agresseur qui ne colore ce forfait du prétexte de la justice. Les déprédateurs romains faisaient déclarer toutes leurs invasions par des prêtres nommés féciales. Tout brigand qui se trouve à la tête d'une armée commence ses fureurs par un manifeste et implore le dieu des armées. » Le Philosophe ignorant^ ch. XXXII.

En abandonnant Locke sur ce point, je dis

TA LOt MORALE . lOS

avec le grand Newton : Natura est semper sibi consona^ la nature est toujours semblable à ellemême. La loi de la gravitation qui agit sur un astre, agit sur tous les astres, sur toute la matière. Ainsi la loi fondamentale de la morale agit également sur toutes les nations bien connues. Il y a mille différences dans les interprétations de cette loi, en mille circonstances ; mais le fond subsiste toujours le même, et ce fond est ridée du juste et de l'injuste. On commet prodigieusement d'injustices dans les fureurs de ses passions, comme on perd sa raison dans l'ivresse; mais quand l'ivresse est passée, la raison revient, et c'est, à mon avis, l'unique cause qui fait subsister la société humaine, cause subordonnée au besoin que nous avons les uns des autres. — Comment donc avons nous acquis l'idée de la justice? Comme nous avons acquis celles de la prudence, de la vérité, de la convenance : par le sentiment et par la raison. Il est impossible que nous ne trouvions pas trèsimprudente l'action d'un homme qui se jetterait dans le feu pour se faire admirer, et qui espérerait en réchapper. Il est impossible que nous ne trouvions pas très-injuste l'action d'un homme qui en tue un autre dans sa colère. La société

n'est fondée que sur ces notions qu'on n'anachera jamais de notre cœur, et c'est pourquoi toute société subsiste, à quelque superstition bizarre et horrible qu'elle se soit asservie. — Quel est l'âge où nous connaissons le juste et l'injuste? L'âge où nous connaissons que deux et deux font quatre. » — Le Philosophe ignorant^ chap. 36.

Cent ans après cette réfutation de Locke par •Voltaire, M. Buchner s'est fondé, comme Locke, sur des relations de voyageurs, pour prouver que les Damaras, les Somalis, les Fidschis et les Bogos n'avaient aucune idée du bien et du mal. Il raconte même qu'un sauvage, interrogé sur la différence du bien et du mal, avoua d'abord son ignorance, mais qu'il ajouta après réflexion : « Bien est quand nous enlevons les femmes aux autres, et Mal, quand les autres nous enlèvent les nôtres. » Nous engageons nos lecteurs à lire tout le chapitre de M. Buchner sur les idées innées. Ils y retrouveront toutes les vieilles anecdotes, cent fois rééditées par tous les philosophes sceptiques ou sensualistes, depuis Y Apologie de Raymond Sebonde^ de Montaigne.

Sur cette question de l'universalité de la loi

morale, comme sur toutes les questions vitales de la philosophie, Voltaire et Jean-Jacques Rousseau sont d'accord. Voici en quels termes Jean-Jacques répondait à Montaigne, dans sa Profession de foi du vicaire savoyard.

c< Jetez les yeux sur toutes les nations du monde, parcourez toutes les histoires; parmi tant de cultes inhumains et bizarres, parmi cette prodigieuse diversité de mœurs et de caractères, vous trouverez partout les mêmes idées de justice et d'honnêteté, partout les mêmes principes de morale, partout les mêmes notions du bien et du mal. L'ancien paganisme enfanta des dieux abominables, qu'on eût punis ici-bas comme des scélérats, et qui n'offraient pour tableau du bonheur suprême que des forfaits h commettre et des passions à contenter. Mais le vice armé d'une autorité sacrée descendait en vain du séjour étemel, l'instinct moral le repoussait du cœur des humains. En célébrant les débauches de Jupiter, on admirait la continence.jde Xénocrate ; la chaste Lucrèce adorait l'impudique Vénus. L'intrépide Romain sacrifiait à la peur. 11 invoquait le dieu qui mutila son père, et mourait sans murmure de la main du sien. Les plus niéprisables divinités furent

100 LA GONSGIKNGB

servies par les plus grands hommes. La sainte voix de la nature, plus forte que celle des dieux, se faisait respecter sur la terre, et semblait reléguer dans le ciel le crime avec les coupables.

« Il est donc au fond des âmes un principe inné de justice et de vertu, sur lequel, malgré nos propres maximes, nous jugeons nos actions et celles d*autrui comme bonnes ou mauvaises, et c'est à ce principe que je donne le nom de conscience.

• Mais, à ce mot, j'entends s'élever de toutes parts la clameur des prétendus sages : Erreurs de l'enfance, préjugés de l'éducation ! s'écrientils tous de concert. Il n'y a rien dans l'esprit humain que ce qui s'y introduit par Texpérience, et nous ne jugeons d'aucune chose que sur des idées acquises. Ils font plus ; cet accord évident et universel de toutes les nations, ils l'osent rejeter, et, contre l'éclatante uniformité du jugement des hommes, ils vont chercher dans les ténèbres quelque exemple obscur et connu d'eux seuls ; comme si tous les penchants de la nature étaient anéantis par la dépravation d'un peuple, et que, sitôt qu'il est des monstres, l'espèce ne fût plus rien. Mais que servent au sceptique Montaigne les tourments qu'il se

donne pour déterrer en un coin du monde une coutume opposée aux notions de la justice? Que lui sert de donner aux plus suspects voyageurs t'autorité qu'il refuse aux écrivains les plus célèbres ? Quelques usages incertains et bizarres, fondés sur des causes locales qui nous sont in-* connues, détruiront-ils Tinduction générale tirée du concours de tous les peuples, opposés en tout le reste et d'accord sur ce seul point? O Montaigne, toi qui te piques de franchise et de vérité, sois sincère et vrai, si un philosophe peut l'être, et dis-moi s'il est quelque pays sur la terre où ce soit un crime de garder sa foi« d'être clément, bienfaisant, généreux; où l'homme de bien soit méprisable et le perfide honoré. »

La loi morale est donc universellement conçue; et, sous toutes les latitudes, dès que Thomnie là conçoit, elle lui apparaît comme la règle de sa conduite. Mais les philosophes sceptiques ou sensualistes, qui ne veulent pas en* tendre parler des idées innées, ne se tiennent pas pour battus, même s'ils nous accordent cette universalité de la loi morale» D'après eux, si

108 LA CONSCliilNCE

ridée de la distinction du bien et du mal existe, partout où existe un être pensant, c'est un résultat de réducation. Tous les peuples ont un Caté« chisme que les prêtres apprennent aux enfants; et quand les enfants sont devenus des hommes, le Code pénal est là pour les avertir, au cas où les prescriptions du catéchisme se seraient effacées trop vite de leur mémoire. Les prêtres et les législateurs seraient donc les inventeurs de la morale.

Cela revient à dire que, si le Code et le Catéchisme ne m'avaient pas enseigné qu'il est mal de tuer son père, je pourrais considérer le parricide comme une action bonne en soi ou simplement indifférente.

Mais bien loin que les préceptes du Catéchisme et les articles du Code puissent être regardés comme les fondements de la morale, c'est au contraire la loi morale, antérieure et supérieure à tous les Catéchismes et à tous les Codes, qui les juge et les déclare conformes ou contraires à l'ordre universel.

Quand le Code me dît qu'il est défendu de s'introduire chez son voisin par effraction et par escalade, ma conscience prend parti pour le

code ; et, si j'enfreins cette défense, j'éprouve non-seulement la crainte du châtiment, mais le remords d'avoir mal fait.

Quand, au contraire, le code m'apprend que vingt personnes peuvent converser ensemble sans outrager la justice, mais non pas vingt et une, je n'y comprends plus rien. Je me soumets au Code, afin d'éviter la Correctionnelle. Mais ma conscience n'est pour rien dans cette soumission ; et, si je viens à enfreindre cet article, dont je n'aperçois pas clairement la corrélation avec la loi morale, je cherche à me soustraire à la prison et à l'amende, sans éprouver le moindre trouble intérieur.

De même, quand Jéhova dit à Moïse : • Vous ne désirerez point la maison de votre prochain, ni sa femme, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni aucune des choses qui lui appartiennent, » ma conscience juge que Jéhova a bien parlé et prend parti pour la loi Mosaïque. — Mais quand Jéhova dit : « Je suis le Seigneur votre Dieu, le Dieu fort et jaloux, qui venge l'iniquité des pères sur les enfants jusqu'à la troisième et quatrième génération, » ma conscience murmure, et je sens que je suis plus juste que ce Dieu barbare et vindicatif.

110 LA GONSGlBrSCE

Tous les législateurs, tous les prétendus révélateurs, tous les soi-disant prophètes, tous les fabricateurs de Codes et de religions, ont eu devant les yeux un modèle unique : la loi morale. Et les Codes sont plus ou moins respectables, et les religions, sont plus ou moins tolérables, selon que les codes et les religions se rapprochent où 8*éloignent de l'idé immuable de la justice. La justice est, parce qu'elle est, et non parce qu'un concile ou un conseil d'État a voulu qu'elle fût. Seule, elle ne peut pas être jugée, et elle juge tout le reste. Car la justice vient de Dieu ; elle est Dieu en nous^ tandis que les lé« gislations et les religions sont l'œuvre des hommes. Oui^ la justice est le critérium universel de toute doctrine qui a la prétention de toucher à l'homme moral. La loi non écrite, qui est en Dieu et dans la conscience de l'honnête homme, est éternelle : les empires succèdent aux empires ; les autels tombent en poussière. Jéhova va rejoindre Jupiter dans ce pays fantastique, hanté par les dieux morts. La loi est toujours debout, toujours vivante; et, tant qu'un seul être pensant subsistera, cette loi sera conçue et elle sera acceptée.

Notre république de février avait inscrit cetie déclaration, en tête du pacte fondamenlal :

t La république française reconnaît des droits antérieurs et supérieurs à toute constitution. »

Page 1