Toujours le mùmc lapsus déjà signal- : il faut liro
« caries lésions cardiaques, telles que la vôtre, ne se gué- « rissent jamais. Je peux cependant améliorer votre état, « s'il vous est possible de rester quelque temps à ma cli- « nique ». Comme vous pouvez le juger, j'acceptai très volontiers. Du reste le coup avait tellement porté que j'aurais été incapable d'aller plus loin. »
Donc, dans les premiersjours de juillet 1906, à trois heures, Fernande, très angoissée, s'est présentée à la consultation du D' B., qui l'a examinée et lui a trouvé quelque chose au cœur. Là-dessus tout le monde est d'accord. Mais la malade ne dit pas un mot, au contraire, qui permette de supposer qu'elle ait, pour ainsi dire, forcé la porte de la clinique : autrement il n'y aurait plus ni exploitation ni charlatanisme. Nous sommes donc en présence, très probablement, d'une dissimulation concertée. D'autre part elle prête auD"" B. des propos d'une brutalité bien invraisemblable dans la bouche d'un médecin. Du reste les deux récits qui se donnent pour reproduire exactement les propos^échangés sont difficilement superposables. La première lettre glisse sur l'aortite syphilitique et met au premier plan la grossièreté du D"" B. à l'égard de ses confrères : ne serait-elle pas destinée à nous aigrir contre lui ? La seconde, au contraire, ramène tout à laortite syphilitique. Or c'est le grand grief de Fernande contre le D*" B., car, d'après elle, c'est ce diagnostic erroné qui l'a perdue, en transformant sa neurasthénie en une maladie incurable. Mais ce diagnostic lui-même, tel qu'elle l'énonce, est terriblement invraisemblable : comment s'expliquer, en effet, qu'elle n'en ait retenu que ce qui intéressait le cœur et que, panophobique comme elle l'était, elle ne se soit pas autrement préoccupée de cette syphilis qu'on lui révélait brusquement ? Il semble qu'encore ici elle ait été poussée par le désir de charger le plus possible le D' B. : elle a corsé le diagnostic au mieux de ses moyens.
Ainsi, entre les deux lettres, point d'unité logique, à proprement parler, mais grande unité affective, puisque c'est un même sentiment d'hostihté et de haine qui les anime et les fait
ce qu'elles sont. Du reste, ce qui n'est pas pour simplifier le problème, manifestement Fernande ne les pas écrites ellemême. Les a-t-elle dictées ? En a-t-elle simplement fourni le canevas à une compagne complaisante et, dans ce cas, quelle part faut-il y attribuera l'imagination de la rédactrice ? Nous n'en saurons probablement jamais rien, car nous n'avons pas eu la naïveté de nous en informer : c'eût été sans profit nous exposer à nous brouiller avec la malade. Cependant dans la conversation elle revient volontiers sur son entrée chez le D'B. et lui impute, suivant l'occurrence, tantôt l'un tantôt l'autre des propos que nous avons rencontrés dans ses lettres : les formules en semblent maintenant stéréotypées. Nous étions donc en droit d'utiliser ces écrits.
Du séjour à la clinique voici, en résumé, ce que dit le D"" B. : on la garde dix jours couchée, en la maintenant au régime lacté. On lui fait prendre, en outre, quelques paquets de bicarbonate de soude, car ses digestions sont mauvaises ; elle a du pyrosis et de la fiatulence gastrique. Malgré ses supplications l'éther est supprimé. Quelques piqûres de morphine sont pratiquées, mais à dose très faible et plutôt à titre de suggestion. Manifestement, il s'agit d'une « hystérique ^ » avec dyspepsie aggravée par les médicaments et l'éther et avec une certaine incohérence dans les idées. Elle est loquace ou mélancolique alternativement, pleure, demande aux sœurs de prier avec elle, réclame des chapelets, fait venir un prêtre à plusieurs reprises, se déclarant sur le point de mourir. La visite de son ami, le dimanche, la trouble profondément. Elle ne dort pas. Au bout de la semaine l'état général est un peu amélioré, le souffle cardiaque a presque disparu. Elle est plus calme et dort assez bien. Elle sort de son plein gré le 16 juillet, en exprimant le regret de n'avoir pas les moyens de rester plus longtemps : elle tenait à
1. Le mot est du D' B. On verra suffisamment dans la suite qu'il s'afçit ici de bien autre chose que d'une « hystérique « et que nos recherches, dont nous avons exclu l'hyslôrie, ne risquent pas de porter sur elle en oubliant de la nommer.
réo-ler tous les soirs, bien qu'on lui eût dit qu'on ne payait qu'en sortant.
Fernande est à peu près d'accord avec le D'" B. sur le ré^^ime qu'elle suivit à la clinique. Sans doute elle substitue la poudre de charbon au bicarbonate de soude et passe sous silence ses appétits d'éther, mais elle reconnaît que B. lui a fait sur sa demande, pour combattre son insomnie, des piqûres de morphine si faibles qu'elles n'eurent pas de résultat. Elle ajoute, il est vrai, aux autres médicaments une potion de digitaline Mialhe ; on en comprend assez la raison : c'est une manière de montrer qu'elle ne s'est point méprise sur la portée des déclarations du D"" B., puisqu'il y a conformé sa conduite. Mais tous les autres détails de son séjour à la clinique sont étrangement défigurés. « Vous devez comprendre l'effet désastreux de ce régime, lorsque le troisième jour, le docteur, faisant sa consultation, vint me voir naturellement et me dit que j'étais malheureusement bien prise et que ce genre de maladie, l'aortite, ne se guérissait pas, mais que cela passerait à l'état chronique avec beaucoup de soins et que je pourrais vivre encore très longtemps, mais qu'il était bon de mettre sa conscience en état. C'est de là qu'il fut convenu qu'il m'enverrait un prêtre, ce qui acheva d'aggraver encore mon état d'angoisse. Enfin, me voyant dans un tel état, mon ami alla trouver le D"" B. chez lui et voilà la réponse qu'il en obtint : « C'est une grande « malade. Elle ne pourra plus se livrer à aucun travail qu'à « des travaux d'aiguille peu fatigants et en suivant un « régime très strict, le régime végétarien». Quelques jours plus tard, me voyant dans un tel état d'anéantissement, mon ami se décida à me faire sortir. Voyant que je changeais à vue d'œil, car je dois vous avouer que j'avais maigri d'une façon effrayante, mon ami avait d'abord essayé, en venant lui-même assister à la consultation du docteur, de me remonter le moral. Où je me rendis bien compte de l'effet que cherchait à obtenir le docteur, c'est
((ue, sitôt mon ami parti, il m'ausculta de nouveau et me dit : « Vous ne pouvez partir dans un état pareil, vous « avez l'aorte qui sifïle comme un chemin de fer ». Je lui répondis : « N'importe comment, puisque je suis con- « damnée, je préfère aller mourir chez moi ». Car je me rendais bien compte que cette contre- visite, effectuée sitôt après le départ de mon ami, détruisait tout le bienfait que les encourageantes paroles de celui-ci avaient produit». Autre récit emprunté à la seconde lettre de février 1908 : c( Je m'installai donc chez lui, qui avait trouvé ma maladie de cœur. Vous dire l'état dans lequel j'étais après la consultation est impossible à décrire. Un tremblement nerveux s'empara de moi, de sorte que je n'aurais pu articuler aucune parole et n'attendais plus que la mort pour me délivrer. « D'abord, avait-il ajouté, vous ne pourrez plus « travailler qu'à des travaux peu fatigants et vous serez a oi)ligée de vous reposer très souvent ». Enfin je fis prévenir ma famille de venir me voir. On accourut chez le D"" B. Il dit cependant que mon moral était très atteint et que, d'un autre côté, ma maladie était très grave. Deux jours après, comme je vous l'ai déjà dit, on fit venir un prêtre, ce qui acheva de me démoraliser complètement.... Enfin, me voyant dans un état de prostration complète, mon ami décida de me faire sortir. Le docteur me dit cependant le jour de mon départ : a Vous avez « l'aorte qui siffle comme un chemin de fer. Vous devriez « rester encore quelque temps ». Je ne tins aucun compte de son conseil ».
Ses conversations n'ajoutent pas grand'chose à ses lettres. Elle y revient toujours sur les mêmes événements. Elle répète qu'après l'avoir entretenu de ses affaires de conscience, le D"^ B. a fait venir un prêtre, contre l'intervention duquel elle a vivement protesté. Elle ajoute qu'elle est restée un mois chez le D' B., ce qui est faux, puisqu'elle n'y est demeurée que dix jours, mais ce qui lui permet d'alîirmer, avec moins d'invraisi^niblance,
qu'elle y a maigri de 52 livres. Le D'' B. ne lui parlait pas seulement d'aortite, mais de mort subite. Il se montrait brutal et inconséquent : « Qu'est-ce qu'une aortite? — Je ne suis pas là pour vous faire un cours de médecine ». Il a essayé de la plumer et c'est alors qu'elle donne comme démonstrative à cet égard la proposition de son ancien amant de payer 10.000 francs sa guérison. Elle affirme que B. lui a dit un jour : « Vous me faites suer avec la Salpêtrière », tandis que par ailleurs elle reconnaît n'en avoir entendu parler qu'au moment à peu près où elle y est entrée.
Ici encore entre les récits de Fernande existent des contradictions matérielles très importantes. C'est ainsi qu'elle donne certaines déclarations du D^ B., tantôt comme ayant été faites à son ami, tantôt comme lui ayant été adressées directement. Les circonstances dans lesquelles son aorte est comparée à un chemin de fer varient notablement d'une lettre à l'autre : elles sont beaucoup moins graves dans la seconde que dans la première. D'autre part, le D" B. nous apprend qu'elle réclamait constamment l'assistance d'un prêtre, ce qui, vu le milieu dans lequel elle était transplantée et l'état dans lequel elle se trouvait, est extrêmement vraisemblable. A l'en croire, c'est le D'' B., au contraire, qui lui a imposé la visite d'un prêtre : on ne voit pas très bien un médecin usant d'un tel procédé contre la phobie de la mort subite. Ici donc, manifestement, dans l'esprit de Fernande les événements se sont transposés et ont, pour ainsi dire, changé de signe : les rôles se sont intervertis. Par conséquent son récit continue à manquer d'unité objective et logique ; mais une même poussée affective utilise toujours dans le même but la masse des matériaux que lui fournissent une mémoire et une imagination mal assouplies à se différencier et promptes à empiéter l'une sur l'autre. Une lettre de mars 1908 en témoigne suffisamment. « En vous disant de quelle façon j'ai été traitée chez lui, je suis loin d'avoir exagéré en quoi que ce soit et d'être hantée par
cette idée fixe qu'il est la cause de ma perte. Plus je reporte mon souvenir sur les journées horribles que j'ai passées chez lui, plus je me convaincs de l'horrible effet de mon séjour à cette clinique, car une foule de détails qui m'échappent, quand je fais le résumé de ma maladie, me reviennent avec d'affreux regrets, quand je me reporte malgré moi en arrière ».
Le 11 août, d'après le D' B., la bonne de la malade vient à la clinique demander de sa part un remède contre l'insomnie : on lui délivre une ordonnance de véronal non renouvelable. Quelques jours après la bonne revient voir les sœurs et leur apprend que l'amant de la malade a quitté le domicile en emportant tous les meubles. Il semble que Fernande ait prévu cet abandon, car elle en avait parlé aux sœurs. Elle reste encore deux jours chez elle, couchant dans le lit qui lui reste et se nourrissant de lait. Le troisième jour, « regrettant de ne pas avoir les moyens de revenir à la « clinique », elle entre à Beaujon, oii elle ne reste que trois jours, car elle s'y trouve mal soignée. Elle retourne en Auvergne, dans sa famille.
D'après Fernande, à sa sortie de la clinique, son état s'aggrave de jour en jour. « L'idée fixe du suicide ne me quitta plus. Voyant que je ne pouvais ni guérir ni travailler, l'avenir n'avait guère d'attrait pour moi » (seconde lettre de février 1908). Elle entre à Beaujon et y reste huit jours. On y vit bien que c'était nerveux, mais on ne l'envoya pas à la Salpetrière et on lui conseilla la campagne. Elle va passer la fin de l'été et le commencement de l'automne en Auvergne dans sa famille. Mais malheureusement c'était trop tard. Elle revient à Paris et passe l'hiver 1906-1907 chez sa sœur et son beau frère, sans sortir de son lit. Notons ici qu'elle dissimule tous ses rapports ultérieurs avec la clinique du D"" B. et ses regrets de n'avoir pu y rentrer. Elle ne dit rien non plus de ses mécomptes à Beaujon. Le passé s'organise conformément à la thèse.
Six mois environ après sa sortie do la clinique, selon le
D"" B., elle arrive un soir à neuf heures avec sa sœur, profère des menaces contre les religieuses, demande l'adresse du D' B. et annonce qu'elle a un revolver dans sa poche pour tirer sur lui quand elle le rencontrera. Depuis qu'elle est à la Salpêtrière, elle écrit de temps en temps au D-* B. des lettres d'injures et de menaces, déclarant qu'elle a été indignement exploitée à la clinique, où on lui a volé tout son argent et d'où on l'a jetée à la rue, quand elle n'a plus rien eu. Elle ajoute qu'elle est admirablement soignée à la Salpêtrière, où on s'occupe d'elle très sérieusement, que les médecins lui ont demandé « quel était l'âne qui avait pu lui trouver une aortite » et que le médecin-chef en entrant dans la salle dit à ses élèves en la voyant : « Tenez, voilà l'aortite système B. ». Elle annonce qu'elle va sortir prochainement et que sa première visite sera pour le D' B., auquel elle réserve un bon coup de revolver pour l'avoir indignement exploitée. Dans une autre lettre elle se plaint qu'on la retienne à la Salpêtrière, bien qu'elle soit tout à fait guérie, et attribue le fait à l'influence du D"" B. ; mais elle trouvera bien le moyen de sortir et saura lui faire expier toutes ses souffrances d'un coup.
Bien entendu, dans le service, où elle est entrée en passant par celui du professeur Déjerine, jamais les propos qu'elle rapporte au D' B. n'ont été tenus : ils constituent une preuve flagrante de son activité fabulatrice, car rien, non plus, n'a été dit devant elle qui pût s'interpréter dans ce sens, même en supposant l'interprétation la plus large possible. Elle ne nous a jamais dit un mot du scandale qu'elle a fait à la cHnique B. ni des lettres que depuis son internement elle y a adressées. Mais elle ne dissimule aucunement ses sentiments ni ses projets à l'égard du D' B.. Même pour obtenir sa sortie elle se refuse à promettre de ne faire aucun ennui à notre confrère : elle consent à s'engager à tout sauf à cela. Elle reconnaît avoir eu l'idée fixe de l'assassiner : c'était vengeance et non folie. Elle a de justes raisons d'en vouloir au D^ B.. C'est lui l'auteur de tout le mal :
OBSERVATIONS COMMENTEES 109
« Comme je vous l'ai dit. Monsieur, nous écrit-elle en mars « i 908, je suis très peinée que vous n'ayez aucune confiance « en moi. Vous avez l'air de douter que ce soit M. B. à sa « clinique qui ait été la cause de ma perte et de mon état « actuel. Certainement j'étais déjà malade, mais je pouvais « travailler, puisque la veille d'entrer chez lui je m'occu- « pais encore et je sortais. (Ailleurs l'opposition se fera « plus éclatante encore : le 5 juillet je dansais dans un bal. « Le 8 le D' B. me donnait perdue.) Vous devez vous rendre « compte vous-même du reste de l'effet que produirait votre « traitement sur une de vos malades atteinte d'une phobie « quelconque, à laquelle vous persuaderiez que son mal est « réel plutôt que de la dissuader de son erreur... L'appât « du gain pousse et guide les consciences qui devraient « être uniquement employées au soulagement des malades « aussi bien qu'il pousse les consciences les plus grossières « au crime. Si j'avais été une malheureuse sans aucune « ressource, il est probable qu'à une consultation gratuite <c quelconque une maison comme celle-ci m'aurait été indi- « quée et j'y trouvais le refuge utile et les soins appropriés « à mon état ». En entrant à la clinique B. elle n'était que neurasthénique et neurasthénique désirant vivement la guérison et non la mort. Maintenant elle ne l'est plus : c'est la peur ressentie à la clinique, en entendant le D*" B., qui a transformé sa neurasthénie curable en une maladie organique incurable. Car son mal n'est plus une idée et ne vient pas du cerveau. C'est un mal physique causé par les paroles du D"" B.. La peur engendre des maladies terribles.
Il est bien évident à ses propres yeux que B. n'a pas voulu se venger d'elle ni lui nuire pour le plaisir de lui nuire : elle n'est pas une persécutée. Il n'a pas compris son cas, il a dit : aortite, comme il aurait dit autre chose. Elle était une cliente, il fallait bien lui donner des soins rémunérateurs. C'est donc chez lui simplement manque de conscience : il n aurait pas dû se comporter comme il Va fait Ce
n'est pas par une sorte de perversion inexplicable, c'est par simple malhonnêteté qu'il lui a causé tant de mal. Elle ne l'en aime pas mieux pour cela.
Ce que nous savons des tendances mythomaniaques de Fernande rend très difficile, dans le long épisode que nous venons de rapporter, le départ entre la confabulation et la transformation inconsciente des souvenirs. C'est le cas ou jamais de rappeler que ceux qui ont le plus étudié les mythomanes posent en principe que ce départ est le plus généralement, sinon toujours, à peu près impossible, car du mensonge pur à l'illusion complète la transition se fait par un mouvement insensible ^ Cependant peut-être peut-on soutenir qu'ici la mentalité mythomaniaque, caractérisée par une impuissance essentielle à démêler le réel de l'imaginaire, joue surtout le rôle de circonstance adjuvante. En effet, au contraire de la conscience normale, surtout préoccupée de la coordination objective et de la cohérence logique des souvenirs, de leur constitution en une série irréversible reproduisant l'irréversible mouvement de la réalité vécue, ici l'élan morbide agit plutôt en artiste indépendant, guidé bien davantage, dans le choix de ses moyens d'expression, par le souci de leur valeur symbolique particulière que par le désir de les composer et de les ordonner entre eux. Ailleurs déjà nous avons vu les souvenirs tenir leur réalité non de la relation qu'ils entretiennent avec la masse de la vie passée et de leur possibilité de s'y insérer exactement, mais bien de l'état mental qui détermine leur évocation et qui leur impose sa couleur affective. C'est pourquoi, du jour où Fernande a conçu comme elle a fait le rôle du D"" B., sur tous les points à la fois de son passé qui y étaient intéressés, un travail de reconstitution s'est à peu près simultanément opéré, sorte de rétrogradation objective de sa conviction intime, qui garde à jamais la marque de sa source et de sa nature.