‹ La conscience morbideChapitre 39 sur 63 · Cf. II, p · texte numérisé non relu

Cf. II, p

i- es. II, p. 153 et 464.

conceptuel était également, malgré l'apparence, profondément troublé et que, s'il n'y paraissait pas davantage, c'est que lasouplesse ctl'élasticité de notre langage lui permettent de recouvrir grossièrement, en même temps que les représentations collectives normales, des représentations notablement différentes. Si rapide que soit le passage entre le sentiment et l'acte morbides, à moins qu'il ne s'agisse d'une impulsion aveugle, il ne se peut qu'une représentation n'intervienne pas et qu'elle ne soit elle-même troublée, puisqu'elle porte la marque de ce trouble sur sa face affective et sur sa face motrice. Notre hypothèse nous en apporte la raison en nous montrant le trouble morbide installé au centre même de la conscience.

S'il ne se manifeste pas dans toutes les directions avec la même intensité, c'est d'abord que le parallélisme exact de tous les ordres de manifestations a pour condition cette organisation conceptuelle, dont nous supposons la conscience morbide incapable ; mais c'est aussi que la conscience morbide, pour se plier aux nécessités de l'objectivation, est obligée de renoncer à sa primitive diffusion et de situer son trouble en certains des fragments en lesquels elle se décompose. Dans ces conditions, de même que, pour s'organiser intellectuellement vaille que vaille, entre une foule de directions délirantes elle en choisira une de préférence et semblera partout ailleurs, si on n'y prête une attention qu'il faut souvent minutieuse, s'accommoder de notre régime conceptuel, de même entre les trois grands ordres de manifestations de l'activité mentale, il lui arrive, pour objectiver son trouble, d'en élire un ou deux et de paraître ainsi ne pas toucher au reste ^

Mais, en même temps, le fantôme de l'ordre et delà continuité normale des manifestations psychiques ne cesse pas d'obséder la conscience devenue morbide. D'où les justilications que les malades entreprennent, après coup, de leurs

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