Cf. Il, p. 1î)3. 204 et
actes et de leur conduite et, surtout, les conséquences pratiques qu'ils déduisent logiquement de leurs convictions délirantes et qu'ils insèrent à point nommé dans leurs comportements pour démontrer le bien-fondé de leurs allégations ^
Une fois donc que le trouble morbide a explosé à son gré dans toutes les directions, le souvenir de notre logique peut intervenir pour faire un tout de ces matériaux épars et y ajouter, si besoin, les pièces, les joints et le ciment nécessaires. De là, vient peut-être, ce que les manifestations morbides semblent quelquefois avoir de concerté et de théâtral. Ce que nos malades nous ont paru avoir de mythomaniaque est ainsi, au moins en certains cas, ce qu'ils ont sans doute de plus normal.
A l'égard des réactions intellectuelles, il est, dans notre hypothèse, un point capital qu'il importe de mettre dès l'abord en lumière. S'il est vrai que le trouble intéresse tout l'ensemble de la vie mentale, s'il est vrai que, du fait de la permanente présence des masses cénesthésiques, une irréductible subjectivité soit le caractère essentiel des états de conscience morbides, l'antagonisme est évident entre cette diffusion et cette subjectivité, d'une part, et, d'autre part, les nécessités de l'expression discursive. Il n'y a pas en effet d'expression discursive sans, au moins, le simulacre d'une expérience collective. Or toute expérience collective nécessite la fragmentation de la vie consciente en éléments discrets et rigides, conçus comme indépendants du milieu psychique dont ils font partie et comme susceptibles de réapparaître identiques à eux-mêmes en des circonstances nouvelles et jusque dans d'autres consciences, éléments que les termes du langage expriment ou entre lesquels ils marquent le glissement de la pensée.
Quand la conscience morbide s'efforce à s'objectiver en