‹ La conscience morbideChapitre 43 sur 63 · Cf. II, p · texte numérisé non relu

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pas l'expérience, mais qui ont ce caractère commun de se présenter à nous comme autant de transformations ou de négations de notre existence humaine ^

Mais, si les états ainsi définis de la conscience morbide échappent à la conscience socialisée, à l'expérience collective et à ses modes normaux de catégorisation, ils sont en fait toujours présents tout entiers à l'expérience individuelle, riches tant de ce qui, chez le normal, se détacherait d'eux pour se subsumer sous les concepts, que des masses psychologiques pures, actuellement rebelles à s'abîmer dans l'inconscient. D'où les multiples contradictions que nous avons constatées. Les idées de transformation et de négation tiennent leur valeur non des exigences collectives et des impératifs logiques de la pensée normale, mais du trouble subjectif et des caprices de son évolution. Elles oscillent au gré de son intensité, alternant entre elles ou s'offrant même simultanément à l'observation, la contradiction qui est en elles s'évanouissant devant la contradiction qui existe entre la conscience morbide et la conscience socialisée-. Les états de la conscience morbide se présentent à elle-même, prise dans ses souvenirs de conscience socialisée, comme reconnaissables et méconnaissables à la fois : reconnaissables, parce qu'ils contiennent tout ce que contiennent les états normaux normalement conceptualisables ; méconnaissables, parce qu'ils comportent des éléments psychologiques purs, que les états normaux éliminent.

Telles sont les conditions mentales dans lesquelles le paradoxe affectifs* nous paraît prendre naissance. L'irréductibilité des états affectifs morbides à l'expérience conceptuelle entraîne, selon le processus que nous venons d'indiquer, la négation de la sensibilité physique et morale. Quand le malade fait effort de réflexion et d'analyse, comme il ne

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