Idem, p
sentiments d'incomplétude, rincomplétude étant « le caractère inachevé, insulTisant, incomplet » que les sujets « attribuent à tous leurs phénomènes psychologiques ^ )). La psychasthénie, à laquelle il rattache l'ensemble de ces troubles, se caractérise tout entière, selon lui, parce un sentiment plus ou moins général, plus ou moins profond, plus ou moins permanent d'incomplétude psychologique ^ », et ce sentiment est « déterminé par une imperfection psychologique réelle ^ » . L'activité mentale des malades « présente en effet un certain nombre de lacunes qui jusqu'à un certain point justifient ce sentiment d'incomplétude* ». Ces lacunes trouvent, on le sait, leur expression suprême dans la perte de la fonction du réel : les dépersonnalisés, par exemple, « ont conservé toutes leurs fonctions psychologiques, mais ils ont perdu le sentiment que nous avons toujours, à tort ou à raison, c'est d'être réels, de faire partie de la réalité du monde '" ». Cette perte du sentiment du réel tient elle-même à un abaissement de la tension psychologique. On comprend, dans ces conditions, que M. Janet compte parmi les trois grands facteurs du sentiment d'incomplétude « la réduction de la complexité mentale, du nombre des éléments... qui remplissent d'ordinaire la conscience et qui nous donnent le sentiment de la réalité et du présent* ».
C'est que pour M. Janet l'activité mentale tire tout de son propre sein et que rien d'essentiel et d'irremplaçable ne nous vient du dehors et de notre milieu social. Lors donc que notre activité n'a plus son rendement normal, il faut bien lui supposer quelque part quelque défaillance et, pour rendre compte de l'étrangeté du monde extérieur et de la dépersonnalisation, tout comme les tenants des théories