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LA CONSCIEiNCE MORBIDE 311

en imminence de délire. Il faut donc concevoir pour l'activité délirante un stade initial où tous les délires sont, pour ainsi dire, en germe, en attendantes influences contingentes qui orienteront le développement morbide dans telle ou telle direction privilégiée. La localisation et la systématisation viennent au trouble non de sa nature même, mais du fait qu'il se déroule dans le temps, au sein d'une conscience pliée par les nécessités de la pensée claire et de l'expression discursive à se concevoir comme la somme des états, en lesquels, à chaque moment, elle tend à s'absorber et à se matérialiser tout entière. Pour généralisé que soit le trouble à l'ensemble de la conscience, il lui faut bien épouser les formes particulières qu'elle revêt successivement à ses propres yeux et se concentrer avec elle sur les éléments discrets qu'elle distrait de son contenu. Mais une conscience morbide qui échapperait au temps, échapperait aux nécessités qu'il impose à la vie mentale et à son expression discursive, et réaliserait en une espèce d'instantané le déroulement indéfini de ses troubles en toutes les directions à la fois. Dans le monde de notre expérience les délires se contentent de baigner dans une atmosphère de délires avortés et de délires virtuels.

Par là s'expliquent nombre des constatations que nous avons faites à propos de nos malades : l'état d'enveloppement affectif où se rencontrent certaines conceptions délirantes^; la généralité du polymorphisme et des intrications délirantes, l'existence de poussées délirantes avortées étant la règle et l'unification parfaite, au contraire, l'e.xception - ; les connexions qui se réalisent entre certaines idées délirantes, telles que les idées de dépersonnalisation et de possession, fournissant d'un même trouble des interprétations parallèles ; les inclusions délirantes, des idées de possession, par exemple, au sein des idées de persécution '; le

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