RIT RENTE PEN
è résignation. Quand 0 on ant son bal: avec courage,
et qu'on consent à le subir, on le porte mieux et sou- |
vent on le domine. La résignation est peut-être ce qui contribue le plus à adoucir les ne de l'âme et du corps, et sous ce point de vue la volonté a une grande influence sur la sensibilité. C’est pourquoi la parole
sacrée nous dit : Vous posséderez votre âme dans la
patience.
Mais la grandeur de la volonté éclate surtout dans sa souveraineté sur les autres facultés, Elle en est le chef, - et par conséquent de toute la personnalité humaine. C’est elle, en définitive, qui décide de la vie de l'homme. Elle constitue ce qu'on appelle le caractère; car c’est * l'énergie de la volonté qui fait l’homme véritable, On n’est vraiment tel que par une volonté puissante, On . peut être distingué par l'esprit, par le talent, par le gémie; on peut produire des œuvres magnifiques d’intelli- - gence, en littérature, en philosophie, en poésie, dans les . beaux-arts, mais souvent, à côté de cette sublimité de . l'esprit, quelle absence ou quelle faiblesse de volonté! - Notre siècle n’en a vu que trop d'exemples! Alors on admire le génie, sans estimer la personne. Au contraire, - les grands caractères, n’eussent-ils qu’une intelligence
ordinaire, enlévent le respect de tous et une admira-
tion sans réserve; car rien n’exerce un plus grand ascendant qu’une forte volonté. En effet, dans l’ordre moral, c’est elle qui rend l'homme capable de conduire . ses semblables, et il est trés-heureux, dans les moments … critiques où toutes les passions sont aux prises, où tou tes les volontés se heurtent dans la confusion et l'a- ” narchie, où les révolutions débordent sur -le sol de la - société et le bouleversent, il est très-heureux qu’il se rencontre un “homme énergique, d’une volonté puis-
sante, qui parle peu, mais qui agisse avec vigueur, et surtout avec persévérance, si orle virum quem...…. aspexere silent. On ne reconstitue pas autrement les sociétés désorganisées, et l'ordre ne peut s’y rétablir que par une volonté intelligente et ferme. Sans doute la pensée contribue à la vigueur du caractère, 1l ne peut yavoir de volonté forte de la trempe de celle dont je viens de parler, qui n'ait à son service une intelligence remar-
quable, si ce n’est par le génie, au moins par beaucoup
de bon sens, par ce sens droit, clair et net qui dans les affaires vaut mieux que le génie, ou plutôt est le génie des affaires. La gloire de la volonté est dans les grands caractères qu’elle produit, et, il faut l'avouer, c’est ce qu'il y à de plus rare sous le soleil. Nous avons aujourd’hui dans les sciences, dans les lettres, dans les arts bon nombre d’hommes habiles; il ne manque pas non plus d'hommes distingués dans l’administration, dans
l’armée. dans la magistrature. partout où l’intellisence , 3. O
humaine peut se manifester avec éclat. Mais combien avons-nous d'hommes de caractère, et dans ces derniers temps n'avons-nous pas eu à déplorer parfois de ne
pouvoir honorer la dignité de ceux dont nous admirions
le talent?
Toutefois, si la volonté est le chef des autres facultés, elle ne peut se passer de leur concours pour prendre ses résolutions n1 pour les accomplir. C’est la raison qui doit l’éclairer dans toutes ses démarches, sinon il n'y aurait pas d'acte humain. En effet, pour faire un acte moral, il faut savoir ce qu’on fait, et si ce qu’on fait est bien où mal. Donc il faut connaître la loï, et la conformité de l'acte qu'on veut accomplir avec la loi à observer. Le concours de la raison est toujours inséparable de la volonté dans l'acte humains Mais remar-
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quons que, si la volonté ne peut agir moralement sans la coopération de la raison, celle-ci n’en est pas moins pour elle une faculté subsidiaire, un ministre chargé de l'éclairer, de la conseiller, de l’exhorter, de lui faire des représentations, de la persuader, et qu’elle reste tou- Jours la maîtresse, la souveraine, libre tout en écou- {ant son ministre ou en ne l’écoutant pas, comme font les rois, d’agréer ses conseils ou de passer outre, d’adopter ses projets ou de les rejeter. J’avoue que souvent dans ces cas la volonté joue un mauvais jeu. Elle a tou- . jours tort de faire divorce avec la raison. Je constate seulement qu’elle peut agir sans ou contre la raison. . Elle a le pouvoir d’être déraisonnable, absurde même, si elle le veut, pouvoir terrible qui montre sa grandeur et Sa puissance, mais aussi qui lui impose une redou- . table responsabilité, et dont souvent elle paye bien cher l’orgueilleux usage! Car entre les partis que la raison propose, elle peut choisir le plus mauvais, et même les repousser tous, sans autre motif que d’être sa propre raison à elle-même, stat pro ratione voluntas. La volonté est donc la souveraine dans l’homme. Elle est ce qu’il y a en lui de plus profond, de plus intime, et en même temps de plus élevé. Car si elle constitue le fond même de son être, l’'abime mystérieux . de sa nature, elle est aussi la force expansive, qui le fait - sortir de luiet le pousse à se dilater sans cesse. Contrai- - rement à l'intelligence qui va du dehors au dedans, elle - procède du dedans au dehors. Aussi est-elle en perpé- - tuel effort pour s’unir à ce qui est hors d’elle. Sa ten- - dance essentielle, sa tendance spontanée , primitive, instinctive, est d'accroître, d'étendre sa vie, en s’unis- : sant à l'être, en demandant à tout ce qui l'entoure le bien dont elle à besoin pour s’agrandir. Car qu'y a-t-il
dans cette aspiration vers la vie, vers le bonheur, vers l’immortalité, vers la jouissance, aspiration incessante qui la consume et la dévore? Il y a l'amour de l'être et du bien-être: elle veut s’unir l'être pour être davantage, pour être mieux, pour vivre plus abondamment, : plus profondément, plus largement, pour reculer et … élargir de plus en plus les bornes qui la limitent. La est la racine de tout désir, de toute cupidité; au fond ” des appétits, des convoitises, des passions, il y a tou- M jours l'aspiration à l'être, au bien-être. C'est la passion mère, dont les autres ne sont que des formes et M des applications. Partont et toujours l’homme veut M le bien, en prenant toutefois ce mot dans sa signification la plus générale, en sorte que même quand il commet un crime, c’est encore le bien qu’il cherche. Il se trompe d'objet, de procédé, de mesure; mais enfin ce qui le fait agir, c’est encore l'amour du bien et du M bien-être, tant notre âme en est affamée ! Elle est, par 4 rapport au bien, comme un centre qui attire puissam- 3 ment ce qui lui est nécessaire, comme une terre aride | et desséchée qui absorbe ardemment l'humidité, ets’en 4 sature avec avidité, Aussi quand, au lieu d’objets qui « peuvent compléter son être et son bien-être, elle en 1 rencontre qui sont de nature à le diminuer, elle s'en w écarte avec horreur ; loin de chercher à se les unir, elle M se replie sur elle-même , se ferme, et les fuit par une # aversion instinctive. | ‘) 7 Tout l’exercice de la volonté se résout donc en un double mouvement d'attraction ou de répulsion, dans une réaction sympathique vers son objet, ou dans unes réaction antipathique contre ce qui lui déplaît. Oui ou. non, vers ou contre, tel est l'acte fondamental de law volonté et la racine de toutes les affections possibles, M
ET