PT ON TL NES
APS Et TER DEEE PQ D RP EEE te Be a PE 0 re DT A
CONCOURS DE LA RAISON, ETC. 99 du consentement, il est bien difficile que l'acte n'ait pas été volontaire dans une cértaine mesure, malÿré les réserves et restrictions mentales qu’une des deux parties a pu y apporter. Il est surtout trés-difficile de discerner
dans la pratique la part de l'entraînement, de la violence, de la pression extérieure, et le degré du volon-
taire. Aussi l'Église n’admet-elle aucun recours contre une telle union. Elle exige que la partie qui prétendrait
R avoir pas donné son consentement accepte les conséquences de l'acte posé. Si, après, coup, on admettait cette cause de rescission, une telle casuistique pourrait troubler bien des ménages, et le plus sûr, dans l'intérêt des familles et pour la paix publique, est de couper court à de pareilles réclamations, pleines de dangers et d'abus.
Quand on n’est point obligé de parler, le silence n’a aucun sens, il n’approuve ni ne désapprouve. Par exemple, on dit devant vous du mal d'une personne que vous ne connaissez pas, vous vous taisez. Par génerosité, par charité vous pouvez la défendre, si vous la croyez innocente ; mais vous n’y êtes pas oblige si aucun devoir ne vous y engage , si cette personne n’est ni votre père, ni votre mère, ni votre ami, m1 quelque autre dont vous deviez prendre la cause en main. La morale ne vous impose pas le devoir de redresser tous les torts. Assurément vous n'avez pas le droit d'approuver, mais le silence que vous gardez ne signifie rien ; 1l n'implique ni l’apprôbation , ni la désapprobation.
De même encore vous entendez des paroles gros- sières, blasphématoires, sacriléges, Sans doute, si vous avez de la foi et du courage , vous protesterez contre. Mais si vous ne le faites point, votre silence ne pourrait être interprété comme une marque d’assentiment ; Car
Male] œ F3 ss
00 TE men CHAPITRE Ne r
vous n'êtes pas obligé de batailler sur tout et contre : ; tous. 4l est vrai qu’il ne peut non plus s’interpréter .
comme une marque de désapprobation. De R cette
“régle, qui semble contredire la première, mais en réalité
S orde avec elle : Zs qu? tacet non fatetur , sed nec utique negare videtur. Celui qui se tait (quand il n'a pas le devoir de parler ) ne consent pas pour cela, mais il ne désapprouve pas non plus. Il reste donc dans l’indifférence.
Enfin une dernière distinetion, également très-impor-
tante dans la pratique, est celle du volontaire nécessaire et du volontaire libre. Ici peut-être plusieurs de mes lec-
teurs seront surpris et se diront : voilà bien une distinc-
tion scolastique, tant elle leur paraîtra subtile. Elle est cependant naturelle et très-fondée. Car il ne faut pas confondre le sens du mot volontaire avec celui du mot libre. Toute action libre est sans aucun doute volontaire, mais tout ce qui est volontaire n’est pas libre. Je m expliqué.
Il y a deux sortes de nécessités : l’une intérieure, qui
provient de notre nature même; l'autre externe, qui consiste dans la viclence , l'oppression , la contrainte que nous pouvons subir du dehors. Dans le cas de nécessité externe, c’est-à-dire quand un acte nous est
imposé par la crainte ou les mauvais traitements, assurément l'acte n’est pas libre, il est forcé. Mais dans
le cas de nécessité interne, il n’y a pas plus de liberté, quoique l’acte soit volontaire ; il est libre de If coaction extérieure, comme dit l’école, mais non de la nécessité intérieure. En voici un Caine
Tous, sans exception, nous aimons. notre bien et nous ne pouvons point ne pas l'aimer. C’est une né-
cessité de la nature, un penchant irrésistible; nous