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ne sommes pas libres d’agir autrement, de recher- cher autre chose que le Den en général, l ea le bonheur. Où donc sommes-nous Tilires D Dans le doi des biens particuliers. Là seulement il peut y avoir des divergences , des différences , et même des oppositions et contradictions. Là la liberté a son jeu; mais dans la tendance générale qui nous pousse au bonheur il n°y a pas lieu à liberté, car cette tendance est nécessaire. Ainsi, ce qui est volontaire n’est pas toujours libre. Nous voulons notre bonheur, avec toute l’énergie de notre volonté, avec toute l’ardeur, toute l'intensité de notre puissance d'aimer, et nous le voulons, non librement,
mais par la nécessité de notre nature.
Le volontaire est libre, quand on peut faire ou ne pas faire telle action; c’est ce qu’on appelle la liberté d'indifférence, de contradiction, ou de contrariété.
Cette distinction est loin d’être une subtibilité scolastique. Pour ne l'avoir point faite , des théologiens célèbres sont tombés dans des erreurs graves, qu’on appelle du nom de leurs auteurs, le baïanisme et le jansénisme. Leur tort a été de croire que l’homme est toujours libre lorsqu'il est affranchi, de la coaction extérieure, et de n'avoir pas distingué le volontaire, qui procède nécessairement du fond de la nature, de celui qui est l'acte de la personne. Car le premier est le résultat d’une inclination nécessaire; le second seul provient d’une libre détermination. C’est ainsi que Baius alla jusqu’à soutenir les propositions sui-
vantes : guod voluntarie fil, etiamsi necessario fiat, libère tamen fit, ce qui se fait volontairement , quoique … par nécessité interne , est fait librement. Et encore : * Sola violentia externa repugnal liberlati hominis natu- L ral, la coaction extérieure répugne seule à la liberté ; 6.
naturelle de l'homme. De son côté D nStiEes Gt la. à
proposition suivante : ad mérendum aut demerendum
in statu nature lapsæ, non requir ilur in homine libertas
a necessilate, sed sufficit hbertas a coactione, pour mé-
riter ou débériter dans l’état de la nature déchue, il
suffit d’être exempt de coaction , il n'est pas nécessaire ile l'être d’une nécessité intérieure, Jansénius soutenait cette thèse dangereuse pour assurer le triomphe de ce qu'il appelait la grâce, ou la délectation victorieuse. I pensait que le péché originel avait tellement ruiné les facultés spirituelles et mors te de l'homme, que sans la grâce triomphante et efficace il était incapable même d’une bonne action dans l’ordre raturel, et ne pouvait que pécher. Donc, d’après cet écrivain, quand nous faisons une bonne action, ce n’est pas nous qui Ja faisons, c’est la grâce, c’est Dieu qui la produit en nous.
Cette motion de Dieu est nécessitante, il est vrai, mais «
nous n’en méritons pas moins, disait Jansénius, puisque c’est en nous et par nous, par l'organe de notre volonté, que cette action s'effectue, Erreur énorme, dont la conséquence nécessaire serait d’enlever toute causalité à l’homme, de détruire l’ordre moral, et de faire de Dieu la cause unique et universelle des actions humaines !
On voit par là quelle peut être l'importance d'une
Jistinction théologique. Voilà une erreur qui à trouble
la chrétienté, et dont la cause est de n'avoir pas distingué le volontaire nécessaire et le volontaire hbre, d’avoir cru que tout ce qui est volontaire est par cela même libre, Cette confusion admise, tout le
reste du système en découle logiquement; car que la, volonté soit entrainée à l’action par la nécessité de.
la nature ou par la motion irrésistible de la grâce,
étend (is SE 2: