‹ La conscience, ou, La règle des actions humainesChapitre 20 sur 69 · SN RE NE CAT ETES · texte numérisé non relu

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de celles de leur connaissance extérieure par les per- ceptions sensibles.

Enfin il y a un autre sens, et nous devons le recon-. naître 11 plus qu'ailleurs, puisque la théologie tire surtout ses connaissances de ce sens sublime. C’est le sens du divin, non pas du divin naturel, mais du divin surnaturel. L’un et l’autre s’accordent parfaitement; car le sens du divin naturel mène au sens du divin surnaturel, Il y à une parole dans les livres sacrés qui m’a toujours frappé. Il y est dit que les apôtres ne comprenaient pas, avant la descente du Saint-Esprit, les enseignements de Jésus-Christ, parce qu’ils n’avaient pas encore le sens ouvert. Ce fut seulement après la descente de l'Esprit-Saint que ce sens de la vie divine leur fut donné, et alors ils ont pu sentir et percevoir ce qui jusque-là leur avait été obscur ou inintelligible.

IL y a donc un sens surnaturel pour les vérités surintelligibles. Qui osera affirmer qu’il n’existe rien que ce que nous connaissons par le moyen de la raison naturelle? Il est évident qu'il y a une multitude de vérités qui la surpassent, et qui brillent de tout leur éclat, comme le soleil au-dessus des nuages, quoiqu'elles échappent à sa prise. D'ailleurs, même dans l’ordre naturel, n’y a-t-il pas des intelligences plus puissantes, plus clairvoyantes que d’autres? En celles-là, Pintelligible naturel est plus développé. Je suppose, et ma supposition est la vérité, que par une bonté spéciale et gratuite, celui qui nous a créés et qui nous a donné le sens externe, le sens intelligible et le sens moral, veuille en-

core nous accorder un sens supérieur qui nous mette

en rapport avec des vérités qui excèdent notre raison

eten surpassent toutes les conditions. N’est-il pas le

maitre de nous accorder ce bienfait, d'augmenter no- Le

vrai, du beau, du bien, au sens intelligible, moral, esthétique, est une foi naturelle. Mais pour les cho 1

__ autre sens, un sens divin, comme les objets qu'il doit

| CHAPITRE v. »

R que D non nous ne pouvons atteindre, et ainsi de nous faire participer à sa propre vie, qui nous dépasse comme l'infini sur passe le fini ? LS

Et si Dieu daigne ainsi découvrir à mon esprit des vérités Does qui lui étaient inaccessibles ; si pour mieux se mettre à ma portée et suppléer à ma faiblesse,

il veut bien les formuler en langage articulé, et de plus .

ouvrir en moi un sens nouveau pour me faire concevoir,

croire et même voir, ce que, d’après les conditions de +

ma nature, j'étais incapable même de soupçonner, ne F .s’ensuit-il pas qu’une science sublime et nouvelle va N prendre naissance dans l’entendement humain, à savoir la science de Dieu et des choses éternelles. Cette science. est la théologie, et Le sens divin, qui fait participer à-sa. céleste lumière, est la foi. Oui, la foi. Car au fond de

Vexercice de tous les sens il y a.de la foi. Sans la foi, la raison ne pourrait tirer de ses sens aucune connais- M sance, puisque la vérité ne lui est jamais offerte que par M le port d'un sens externe où interne, auquelelle adhère spontanément. La foi est donc la échdition et 4 l'accompagnement nécessaire de tous les actes de la faculté de connaitre, Dans l’ordre de la nature cette foi . est naturelle, parce que les sens, dont elle est le produit, sont hérents à à la constitution de notre nature. La foi …

qui correspond aux sens externes, aux sens internes du.

qui surpassent l’ordre sensible et rationnel il faut un

percevoir. De Hà la foi divine, qui l'emporte autant surla foi humaine, que le ciel est au-dessus de la terre, et # l'esprit de Dieu supérieur à l'esprit de l’homme, Ces .

* CONCOURS DE LA RAISON, ETC. SAAS divers moyens de la Providence pour l'instruction de . l’homme s’enchainent, s’harmonisent, se soutiennent, en sorte qu Al n'y à point de saut brüsque dans l’ascension de l’âme vers Dieu ; elle est attirée et soulevée peu à peu, graduellement, des phénomènes et des ombres de ce monde, à la vérité, à la lumiere et à la vision des choses éteneiles.

Ainsi seulement il est vrai de dire qu’il n’y a rien dans l’intelligence qui n’ait été d’abord dans les sens. Les sens, c’est-à-dire le sens externe, le sens interne et le sens divin, sont les trois ouvertures par lesquelles entrent tous les matériaux de la connaissance, laquelle se divise en deux parties, l’une nécessaire, invariable, universelle, qui comprend les lois, les axiomes, les principes, les idées reconnues et établies par la raison » supérieure; l’autre, variable, relative, phénoménique, > qui embrasse les faits de tout ordre perçus, conçus et jugés au moyen des principes par la raison inférieure.

. Appliquons maintenant à l’acte moral ce qui a été dit plus haut, et voyons quelle part y prend la raison.

- Un acte moral est bon ou mauvais, juste ou injuste. Il ne peut donc être produit et apprécié que par un étre raisonnable, et cela au moyen d’un jugement qui décide … la qualité de l’acte par sa comparaison avec une loi, avec . une règle de justice, de bien et de mal. Or cette loi cette régle de la moralité, cette idée du bien et du mal ne peut être saisie et formulée que par la raison supé … rieure, qui est la faculté des principes, soit qu'elle k trouve en elle-même, dans la conscience naturelle, so qu’elle la reçoive toute formulée par la parole révélée dans les commandements divins, par exemple : Tu . n'adoreras pas les créatures, tu ne porteras point faux

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témoignage, tu ne forniqueras point, tu honoreras tes

parents, tu ne déroberas point, tu ne convoiteras point

ce qui appartient à ton prochain, etc., ete. Alors il faut un acte de raison pour comparer l'acte fait ou à faire avec la loi posée, et enfin un raisonnement pour con-. clure que l'acte est bon et peut être accompli sil est conforme à la loi, ou le contraire.

Donc en tout acte moral il y a une opération logique, implicite ou explicite. Dans la majeure on pose la règle, le principe, la loi : il est défendu de tuer, de dérober, de porter faux témoignage, etc., etc. Dans la mineure, on rapproche l’acte particulier, fait ou à faire, de la règle, de la loi morale, et l’on voit s'il y est contenu, … ou si le genre s'applique à l'espèce, et enfin dans la conclusion on décide ce qu’il faut faire cu ne pas faire. IL est donc impossible de produire un acte moral sans faire un syllogisme implicite ou explicite. Il ne faut donc pas dire de mal du syllogisme ; car nous en faisons continuellement et nous ne pouvons pas ne pas en faire, en tant qu’êtres doués de raison. Mais la plupart du temps nous faisons des syllogismes, comme M. Jourdain faisait de la prose, sans le savoir, et ce sont les meilleurs.

De là sortent deux conséquences importantes que nous avons maintenant à examiner : premièrement, la raison présentant à la volonté la loi morale, par conséquent le bien et le mal, le juste et l’injuste, sert à faire connaître à la volonté ce qu’il faut faire ou ne pas faire eu égard à la moralité, et par là se forme et s'établit ce qu'on appelle la conscience morale, qui résulte de la combinaison de l’acte de la raison avec l'acte de Ia volonté.

Secondement, la volonté, instruite par la raison du

bien et du mal, du juste et de l’injuste, de ce qu'il faut faire où ne pas faire, peut se décider avec connaissance aprés délibération et ainsi choisir le bien ou le mal, le juste ou l’injuste. Done, la volonté devient par le secours de la raison, par les lumières qu’elle en recoit, faculté délibérante, capable de discerner et de choisir, ou arbitre entre les contraires, c’est-à-dire éberté morale.

PRINCIPES MÉDIATS DE L’ACTE VOLONTAIRE

Principes médiats de l'acte volontaire. — La raison et la volonté sont . influencées par diverses causes : causes naturelles, l'organisation, le tempérament, le sexe, l'âge, l’appétit concupiscible et irascible, le besoin, les affections, l'exemple, limitation, le respect humain ; causes

- mystérieuses : les bonnes et les mauvaises inspirations, les tentations; à

causes surnaturelles : l’action de la grâce et de ses instruments.

En commençant à expliquer la formation de l'acte

volontaire, nous avons remarqué que plusieurs prin-

cipes concourent à le produire. 11 y a des principes directs, immédiats, à savoir la volonté et la raison qui peuvent être appelées les facteurs de l'acte humain, et la volonté et la raison, en se combinant pour l’effectuer, constituent d’une part la liberté morale et de l’autre la

conscience morale, Nous aurons donc à examiner main-

tenant la liberté et la conscience.

. Mais comme il y a aussi des principes ou des causes .

indirectes qui contribuent médiatement à produire 174

Pacte volontaire, il faut en parler d’abord. |

Ces causes secondaires de l’acte moral, et je les appelle secondaires parce qu’elles agissent en seconde ligne, médiatement, indirectement, sont en nous où

bors de nous. En nous c’est l'organisme, par conséquent …

Je tempérament, le sexe, l’âge, les appétits CONCUPISCI- | ples et irascibles, le besoin, la peine, l'imagination.

Hors de nous, c est Datiehes de nos Fe qui 0

agit sur notre volonté, et la détermine souvent par M

tions Debcillantes ou reillanies et dascendint |

qu exercent sur notre âme le respect et l'admiration.

. Puis encore hors de nous, au-dessus et au-dessous,

- les influences mystérieuses, invisibles, dont les unes ont

__ été de tout temps attribuées à des êtres spirituels avec lesquels nous sommes en rapport, et dont l’autre est lin-

fluence des influences, c’est-à-dire l’action de Dieu même sur l'esprit de l'homme, éclairant son intelli-

. gence ou sa raison par un surcroît de lumière, ou aidant

sa volonté par une force supérieure, qu on appelle la

grâce.

Une cause qui exerce une grande influence sur notre volonté, et qui ne dépend pas de nous, parce qu’elle résulte de notre organisation, c’est la manière dont nous sommes constitués, ce qu’on appelle ordinairement le tempérament. Le tempérament provient du mélange des éléments de notre constitution et de notre personnalité. L'homme n’est pas un être simple, il est, au contraire, un être mixte, composé d'âme et de corps, par conséquent il y a déjà un certain tempérament supérieur

- dans le balancement de l’âme et du corps qui doivent

“ agir ensemble et s’harmoniser. Mais en outre, à consi-

dérer le corps seul, il y a en lui une mixtion d'éléments

et d’humeurs qui produit ce qu'on nomme le tempérament organique. On distingue en général quatre tempéraments reconnus par les anciens, et, en vérité, je ne vois pas de raison pour en admettre davantage, bien

- que la physiologie moderne en ait ajouté plusieurs : les

” tempéraments nerveux, athlétiques, hypersthéniques,

… asthéniques, ete., ete. Ces additions ne me semblent

… pas fondées en nature. Les quatre tempéraments sont :

- le lymphatique ou flegmatique, le mélancolique, le

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sanguin et le bilieux. Il suffit de les nommer pour com- | Nu d’une manière générale leur influence.

Le tempérament lymphatique, caractérisé par la prédominance de la lymphe ou de la partie aqueuse, donne en général à lapersonne, qui en est le sujet, de la lenteur et de l’inertie. Il en résulte une vie peu active, et cette apathie doit se faire sentir dans l'exercice de toutes les facultés physiques, intellectuelles et morales. Les personnes de ce tempérament ont en général la pensée lente et l'imagination peu vive, les sens moins excitables, et par conséquent les impressions qu’elles reçoivent produisent moins d'effet sur elles. Or, comme la volonté n’agit qu’en raison des impressions reçues et de la sensibilité émue par les choses avec lesquelles elle est en rapport, il suit que ces personnes sont aussi portées naturellement à vouloir peu, à vouloir faiblement, et surtout à agir le moins possible. On a beaucoup de peine à les mettre en mouvement. De là leur imertie, qui souvent fait leur force; car il y a une force d’inertie, et c’est peut-être la plus grande puissance de ce monde, au moins comme obstacle. C’est la puissance qui empêche, qui entrave ; qui enraye, etil y a ici-bas une multitude de choses qui n’avancent pas, uniquement par la force d’inertie qui pèse dessus. La ressource du faible, condamné à marcher sous la direction du plus fort, est de ne pas s’opposer directement, mais de ne rien faire et de laisser aller: Voilà donc un tempérament qui donne peu de stimulant à la volonté. De là le caractère flegmatique qui se décide difficilement et répugne à l'action.

Ilen est à peu près de même du tempérament mélancolique. On l’appelait ainsi, parce qu’on supposait qu'il y à une bile noire, dont la rate est le siège et le sécré-

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PRINCIVES MÉDIATS DE L'ACTE VOLONTAIRE, 1423

teur, laquelle, en agissant par cet organe sur le système digestif qu’il touche, et qui en dépend peut-être, bien que les physiologistes modernes n'aient encore rien découvert à cet égard, versée dans le sang avec excès, retarde, empêche la digestion. L'organisme moins stimulé remplit aussi moins énergiquement ses fonetions diverses, et pendant que tout s’obstrue dans le physique, tout s’obscurcit dans le moral. De là, la mélancolie, l’hypocondrie, le spleen et les autres affections de ce genre. Quoi qu'il en soit, on ne peut nier qu'il n’y ait un tempérament mélancolique. Il y a des personnes qui par nature sont tristes, et rendent triste tout ce qui les approche, qui sont le plus souvent ennuyées et qui ennuient les autres. La raison princi- . pale-de cet état doit sans aucun doute être attribuée à Jeur constitution physique. Mais nous n'avons à remar- quer ici que l'influence d’un tel tempérament sur la volonté et sur la pensée. Les personnes mélancoliques ne sont point portées à agir au dehors. Elles n'aiment pas à se montrer, à se manifester. Tout ce qui les fait sortir d’elles-mêmes les gêne, leur pèse. Elles se concentrent volontiers en elles, réfléchissent beaucoup, ruminent constamment, et ne font pas grand’chose. De là toutes sortes de rêveries, de conceptions bizarres, de pensées obscures; leur vie est comme un mystère continuel , et elles sont toujours en défiance des autres - et d’elles-mêmes. On ne sait jamais bien ce qu’elles sentent, pensent ou veulent, et elles ont bien de la peine à le savoir elles-mêmes. Dès lors la volonté est peu disposée à se déclarer ; après beaucoup de réflexions, de considérations pour tout examiner, distinguer et peser, elle ne saura que résoudre, justement parce qu'il lui répugne de se décider. C'est une activité concen=

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trée, repliée sur elle-même, qui s’use pour. ainsi i ir x à tourner dans le vide, et impuissante, la plupart du 2 temps, à faire quelque chose d’énergique et de net. Tel” est, en général, le caractère des personnes mélanco- # Laues: à Les deux autres tempéraments ont une tendance contraire. Le tempérament sanguin est celui où le sang, prédomine, et ainsi il mêle l'excès de son mouvement à M l'organisme et à l'existence. De là des sens impression- à nables, une imagination mobile, une sensibilité vive mais peu profonde. Dans ces circonstances, Ja volonté w est singulièrement excitée, et les personnes de ce tem- … pérament sont très-disposées à l'action. C’est le tempé- : rament des enfants, des femmes, en général des personnes légères et actives. | | Le tempérament bilieux est le résultat de la prépon-. dérance d’une autre humeur, la bile. La bile, c'ést le feu dans l'organisme. C’est la bile qui fait digérer, qui » donne au sang sa couleur, son ardeur, et ainsi là ou la © bile est en excès, il y a une chaleur intérieure qui en- » flamme le corps et le consume. C’est le tempérament le plus énergique, et par conséquent il communique à la * volonté qu’il excite autant, mais bien plus profondé- | ment, que le tempérament sanguin, un zèle et une force qui produisent les grands efforts et les grandes choses. Le tempérament bilieux caractérise en général les hom: mes les plus remarquables par la puissance de Pintelligence ou par l'énergie de la volonté. | Donc, suivant qu’on a reçu de la nature tel ou tel tempérament, on est sous l'influence d’une cause, d’un « principe qui modifie l'organisme, toute l'existence, et … ainsi la volonté est plus où moins portée à vouloir ou à 1 faire en raison des influences qu’elle subit, |

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Je:

ds quatre nement « se trouvent aus les deux xes; mais le lymphatique et le sanguin dominent chez s femmes, et d’ailleurs ces tempéraments, bien que. distincts, se mélangent et se modifient les uns les autres.

Indépendamment de cette influence tout organique, il “y en à une propre au sexe et qui agit aussi sur les Dhcuites intellectuelles et morales d'une manière trèssensible.

- Ce qui distingue surtout les deux sexes, c’est la force oui. prédomine dans l'an ou l’autre. Dans tout être vi- . vant il y a deux forces principales qui agissent de concert et se balancent : la force attractive et la force expansive. Or, chez Comme l'expansion est en plus; chez la femme, au contraire, c’est l’attraction, De cette | “distinction D ulimentole sortent toutes les proprièlés - des deux sexes, qui peuvent s’en déduire d’une manière rigoureuse. Ainsi ce qui caractérise la femme, c'est l’aëtractou l'attrait, Ce qui caractérise l’homme, c’est la tendance au développement, à la manifestation, le mouvement du dedans au dehors, la puissance qui se déploie et s'impose, par conséquent l'empire extérieur. Donc, par son sexe, l’homme est plus disposé à agir, à ne et à réaliser sa volonté hors de lui, et la femme est plus portée par sa nature à vouloir au dedans, à attirer et à : en elle. L'activité extérieure lui convient

deux sexes. Ainsi la volonté de l'homme sera pr énerie. plus puissante, plus imposante. Elle s’exercera “avec plus de facilité et plus volontiers. Elle se posera au dehors avec bruit, elle voudra dominer, et par suite les qualités qui Éduen surtout à la force expansive l’emporteront, savoir, la puissance de l'intelligence, la péné-

tration de l'esprit, la force de la raison, une volonté plus ferme et une action plus énergique. Mais du côté. de la femme, par cela qu'il y a plus d’attraction, plus de concentration , les impressions entrent plus pro-" fondément, et, comme lorganisme est plus délicat, les sens plus subtils, la sensibilité plus vive, tout ce qui la touche va tout de suite au cœur et tourne en sentiment et en passion. De là vient que sa volonté, qui, aime moins à se poser au dehors, tend toujours à attirer et à posséder au dedans, en sorte que le règne de Pinté-. rieur appartient surtout à la femme, comme celui de l'extérieur à l'homme. De là les nuances et les contrastes | | dans l’exercice de leurs volontés respectives. |

Ainsi la femme veut avec ardeur, mais aussi avec. douceur, avec constance, avec patience; elle a l'air de changer souvent de volonté, elle n’en change presque” jamais. Elle se couvre des apparences de la légèreté, den l'instabilité ; mais comme elle est un centre ardent, elle tend toujours à faire venir à elle, et quand elle paraît se* donner au dehors, ce qui fait son plus 8 grand mérite et ce qu’on appelle son dévouement, c’est toujours pour ramener au dedans, et jouir en elle. Dans son amour lew plus admirable, l'amour maternel, où elle se donne ens effet tout entière à son enfant, c’est à la condition de 10] posséder. Car son enfant c’est elle, et dans ses affections les plus intimes, dans son amour le plus exalté, où en effet elle se sacrifie souvent, c’est encore à la condition qu'elle sera aimée par-dessus tout et sans partage. Il est, donc évident que le sexe exerce une influence notable sur l'acte volontaire.

Aux influences organiques du tempérament et du. sexe, il faut joindre celles de l’âge. Chaque âge a ses. dispositions, son mouvement vital, et par conséquent ils

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