‹ La conscience, ou, La règle des actions humainesChapitre 3 sur 69 · S 3» AS · texte numérisé non relu

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maine, l'idée du devoir, la voix de la conscience, l'idéal du bien en soi, ete. Voyons si ces motifs, dont nous ne

nions point la vérité, sont suffisants dans la vie de tous

les jours.

D'abord, il n’est pas toujours facile de bien entendre

la voix de la conscience et de démêler nettement ce qu’elle ordonne, surtout dans les circonstances les plus ordinaires de la vie, dans les accidents de tous les jours, dans les choses de détail. Puis, je vois souvent à côté de moi des hommes qui, dans le même cas, font tout le contraire de ce que ma raison m'inspire, et qui . prétendent aussi que la raison est leur guide et leur lu= mière, Dés lors, je risque fort d’être assez mal édifié sur ce qui est bien ou mal, juste ou injuste, sauf dans les cas les plus graves, dans les grandes choses qui révoltent la conscience et la raison. Mais les grandes choses ne constituent pas la trame de la vie. On en fait peu dans une vie ordinaire. On fait chaque jour beaucoup de pes tites choses, et celui qui est fidèle dans les petites, dit l’Ecriture, apprendra à le devenir dans les grandes. Or, . le propre de la morale philosophique, qui consiste plus

à penser et à parler qu'à agir, c’est d’être trop héroïque, de se mettre trop en scène, et de viser à des vertus de théâtre ou de roman, qui trouvent rarement leur place dans la société commune ; et comme, au fond, elle donne

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