FN TUE
NE OR UN Te CT USENET
PARA 7. 5 : , x ES D CES DER jen ed Men nn PO Eat à
pri
si voulant entendre un grand artiste, Paganini paiw
exemple, au moment du concert, au lieu de la personn{
de l'artiste, on nous présentait son violon? Sans doute, Paganini ne pouvait rien sans son violon , mais qu'est-"
ce que le violon sans Paganini? Ainsi du cerveau et de l'âme humaine ; le cerveau est le violon. Il y en a de
DATI . fa . 2 L. < % L f
bons, 1i y en a de mauvais, il y a des amadius, des stra- divarius, il y a aussi des sabots. Mais que fera tout seul . le plus éxcellent ? Encore faut-il que. quelqu'un mette les cordes d'accord, et qu’une main habile les fasse vibrer. Qui fait cela ? l'artiste. Aïnsi de l’âme, elle est Vartiste du cerveau, c’est elle qui le monte, qui le dispose, qui l’ébranle quand elle veut produire et manifester ses pensées ou ses volontés. C'est donc le sophisme : post hoc, ergo propter hoc ; âme a besoin du cerveau, donc c’est lui qui fait tout. À ce compte, en toutes choses les instruments feraient tout, car les supérieurs en ont toujours besoin. L'architecte qui emploie des ouvriers pour exécuter ses plans ne serait plus l’auteur de ses œuvres, ce seraient les maçons, que dis-je? les oùtils, ou même les pierres dont ils se servent. Tout cela n’est pas sérieux. Passons à la seconde objection.
Elle est plus subtile. On dit: la volonté est raisonnable, par conséquent elle ne peut agir sans motifs. Car c’est le propre d’un être doué de raison de n’agir que par des motifs qui le décident, ou par un mobile qui le pousse. Or, si la volonté agit raisonnablement, elle doit toujours choisir le meilleur motif, et le meilleur c'est le plus fort, celui qui a le plus d'influence sur elle et la détermine. Donc, dans tous les cas la volonté, qui délibère entre des motifs divers, doit être entraînée par les motifs les plus forts, et c'est toujours le motif prépondérant qui l'emporte. Donc elle n’est pas libre,
Pour donner à cette objection plus de relief et la faire mieux saisir, on prend ordinairement l’exemple d'une balance. La liberté, dit-on, est comme une balance avec ses deux bassins. Au repos ils sont parfaitement en équilibre. Si vous mettez des poids d’un côté et de
l’autre, si vous chargez les deux bassins, ou les pords
se neutraliseront, et alors il n’y aura pas de décision,
ou l’un des poids en surcharge entraînera un plateau, le fera chavirer, et l’affaire est faite, c’est le plus pesant qui l'emporte. Ainsi va la liberté, comme son nom lindique, Ziber, libra, librare, balancer, peser; et en effet elle pèse les motifs, les balance quand elle délibère, et lorsqu’elle se décide, c’est toujours l'excès d’un poids ou d’un motif qui la fait chavirer ou vouloir.
Des comparaisons ne sont pas toujours des raisons. Elles sont admissibles dans la poésie, dans l’éloquence, qui vivent d'images, d’allégories, de symboles, pour faire comprendre au moyen de l’imagination les choses métaphysiques et intelligibles; mais la philosophie n’accepte ces rapprochements entre l’ordre physique et l’ordre moral que sous bénéfice d'inventaire et dans une certaine mesure. Il y a sans doute de l’analogie entre ces deux ordres de choses, puisqu'ils sont régis par les mêmes lois; mais il y a une grande différence dans leur nature, et ainsi dès qu’il s'agit du mouvement et des actes qui leur sont propres, les comparaisons qui portent sur la forme deviennent inexactes. Qu’y a-t-il de
commun au fond entre une balance matérielle et une
délibération de lesprit, et comment des raisons ou des motifs peuvent-ils ressembler à des poids ? Sans doute, les motifs ont une force réelle, sans cela ils ne seraient
pas des motifs. Les mobiles ont leur énergie, sans cela à
ils ne seraient plus des mobiles. Mais quel rapport y a-t-il entre la vertu intellectuelle et morale des motifs
et la pesanteur du poids , et surtout en quoi l'esprit qui
délibère ressemble-t-il à une balance ? Dans la balance, le poids le plus lourd prépondère toujours; cela n’arrive pas dans la délibération de la volonté, car au milieu du
ééau de cette balance, si balance il y a, siége une force
à sui generis qui jouit d’un proprio motu, d'une énergie.
. qui lui est propre et qui tient la balance. Or si vous tenez la balance, n’en êtes-vous pas la moitié? Demandez aux
marchands. Quels que soient les poids dans les bassins,
. ne peut-il pas y avoir une pression secrète qui opère le
chavirement ? Sans aucun doute, et c’est la liberté, ou plutôt l'abus de la liberté, dans le cas que j'invoque.
» Mais l'abus prouve l’usage. Que cette force morale, qui s'adjoint d’un côté ou de l'autre , soit pour le rh ou - pour le Lien, elle n’en réside pas moins au centre du : fléau pour en déterminer les oscillations; elle ajoute sa
pression à celle des motifs ou des mobiles. Donc, si l’on
. veut que la liberté soit une balance, il faut de que
cest une balance morale, qui est tenue par un esprit,
- lequel, tout en pesant les motifs, a la faculté de faire - incliner les bassins d’un côté ou de l’autre par l'acte - de sa volonté. En définitive, la fameuse comparaison
. de la balance, réduite à sa juste valeur, signifie peu
. de chose, tout au plus une analogie éloignée, et n'ex- . plique rien.
Vient la grande objection qui met la liberté humaine
aux prises avec la prescience divine. Voici comment. on peut la formuler. Il est contradictoire que l’homme soit “hibre si Dieu connait l’avenir, ou que Dieu connaisse l’ave- “nir si l’homme est libre. En effet, la liberté suppose les -luturscontingents; elle implique que ce qu’elle peut déci-
“der ne soit pas arrêté d'avance ou qu'il n°y a pas pour elle
obligation de le faire, sinon il n’y aurait plus lieu à li- -berté. Or la prescience divine paraît prédéterminer tout
ce que l'être libre doit accomplir, puisqu'elle le sait; car
si Dieu le sait, il faudra bien que cela arrive, c était
écrit.
Si d’un autre côté ma liberté existe réellement, elle consiste à produire des actes non nécessaires, puisqu'ils. sortent d'elle-même, de son propre mouvement, et ne sont pas le produit d’une déduction, d’un entraînement fatal. Alors comment Dieu peut-il connaître ce qui n’est pas, ce qui ne sera peut-être jamais, ou ce qui, en cas d'existence, n’aura d’autre raison d’être que le caprice de ma volonté? Nous sommes donc enfermés dans un labyrinthe de contradictions. |
Nous l’avouons, cette difficulté est sérieuse et embarrassante. Pour la résoudre on a fait plusieurs théo-" ries, dont aucune ne paraît pleinement satisfaisante. IL y en a quatre, que Bossuet dans son traité du libres arbitre a résumées comme Bossuet sait résumer. Nous allons en dire un mot pour compléter notre exposition. W Le lecteur qui désirera les connaître plus à fond pourra recourir au traité de Bossuet. C’est toujours un profit et un bonheur de lire Bossuet.
La première théorie est au fond le systéme janséniste, bien que Bossuet ne l’appelle pas de ce nom. Elle confond, comme nous l'avons déià dit, le libre avec le” volontaire et soutient non pas seulement que ce qui est À libre est volontaire, ce qui est vrai, mais que ce qui est É volontaire est toujours libre, ce qui est faux. Car il y a des nécessités intérieures qui empêchent le volontaire e. d’être libre. Ceci posé, on dit : Dieu a tout prévu, et il. fait tout en nous, où sa grâce est toujours Re 4 par la délectation triomphante. Mais ce qu’il fait. en« nous, il nous le fait vouloir, et ce que nous onto à étant toujours libre, il suit que Dieu peut sans diff. culté prévoir nos actes libres qu’il voit dans ses décrets, “ dans sa volonté absolue. Une fois admise l’identité du volontaire et du libre, la solution paraît simple et natu-"
relle. Malheureusement elle est basée sur une confusion, sur une grave erreur.
La seconde théorie est celle de la science moyenne et conditionnelle. Elle fait dépendre la certitude des décrets divins de certaines grâces nécessaires pour que l’homme exécute ce que Dieu veut, et ces grâces, que Dieu envoie quand il lui plaît, sont des conditions par lesquelles Dieu, d’un côté, détermine les actions humaines conformément àses décrets, en portant l’homme à vouloir ce qu'il a voulu, et de l’autre assure l’accomplissement de tout ce qu’il a prévu. Mais ce chemin détourné ne mène pas au but; car si, comme cela doit être, les con- ditions ou les grâces nécessaires pour porter la volonté humaine à faire ce que Dieu a voulu de toute éternité sont prévues aussi bien que les faits qu'elles doivent amener, la difficulté reste la même : il s’agira toujours d'expliquer comment ce que Dieu a arrêté et déterminé dans sa prescience peut rester libre. Cette opinion ne sauvegarde donc point la liberté, et en outre elle a l'inconvénient de mettre des conditions à la prescience et à la puissance de Dieu.
Le troisième système est la doctrine de la contemperalion. On dit : Dieu sait tout d’avance puisqu'il à la . science universelle. D'autre part, 1l nous a faits libres, . et il veut que nous agissions librement. Il finit donc toujours, au moyen des circonstances et des événements * qu'il suscite, des dispositions qu'il inspire, des grâces qu’il nous accorde, des mouvements qu'il excite en nous, par nous amener en dernière analyse à l’accomplissement de sa volonté, ce qui est résumé dans cette ‘parole : l’homme s'agite et Dieu le mêne. Il y a du vrai, beaucoup de vrai, dans ce système. Mais il ne résout pas non plus la difficulté au fond. Il reste toujours à sa-