‹ La conscience, ou, La règle des actions humainesChapitre 33 sur 69 · CHAPITRE X DE LA NÉCESSITÉ · texte numérisé non relu

CHAPITRE X DE LA NÉCESSITÉ

Causes qui détruisent ou affaiblissent l'acte volontaire et libre. — De la nécessité, — Nécessité métaphysique, nécessité physique, nécessité morale. — La liberté de la volonté n’est détruite que par l'impuissance absolue de se déterminer par elle-même. — La nécessité morale n’est

qu'une grande difficulté, qui peut toujours être surmontée par les

. moyens naturels ou surnaturels, — Cas où la nécessité morale se confond presque avec la nécessité physique.

… Après avoir établi la liberté et répondu aux objec- - tions les plus graves qui l’attaquent, nous. allons dire L maintenant ce qui détruit l'acte libre et ce qui l’affaiblit. . Une seule cause peut le détruire, la nécessité. Plusieurs : causes l’affaiblissent, l'ignorance, la passion, la con- . trainte, et autres choses que nous expliquerons plus

loin en détail. Parlons d’abord de la nécessité. L. Il y a deux sortes de nécessités : la nécessité phy- $ . sique et la nécessité morale, ou plutôt, pour parier D on peut vraiment dire qu'iln’'ya . qu'une nécessité, la nécessité physique ou de nature, - Une chose est nécessaire quand le contraire de cette 1 est impossible, quand on ne peut pas concevoir … qu'elle soit autrement qu’elle n’est. Une chose créée ne peut donc être nécessaire par nature, mais seulement par conséquence, c’est-à-dire en raison de la cause dont elle sort, du principe dont elle dérive. Qu'est-ce qui est nécessaire en soi d'une manière absolue? Dieu seul, qui es l’être par soi, l’Étre qui ne peut pas ne pas être, que

nous ne pouvons concevoir anéanti, qui ne dépend de personne, ne relève de rien, qui a en lui, par cela qu'il

est l'Être des êtres, l'Étre universel et souverain, la source et la plénitude de l'existence et de la vie. Dieu est tout ce qu’il doit être : en lui est la somme de toutes les perfections de l'être, et toutes ces perfections dérivant de l’être même ne sont que des modes de sa na-

ture, des propriétés de son essence. Aussi Dieu est-il

le seul être absolument nécessaire.

I yaen d'autres êtres des nécessités relatives qui dérivent de leur nature, c’est-à-dire que leur nature est tellement constituée qu’en certains cas ils ne peuvent agir autrement qu'ils ne font, soit par leur nature essentielle, soit par leur nature transformée, régénérée. Ainsi, par exemple, les pures intelligences , les esprits supérieurs à l’homme, ou même les âmes humaines réunies à Dieu et participant à son éternelle vie, à sa science , à sa puissance, à sa félicité, à sa gloire, ne peuvent pas ne pas aimer Dieu. Une intelligence qui est dans la plénitude de la lumière, et qui contemple le vrai et le bien pour lesquels elle est faite, ne peut pas ne pas les aimer. C’est pourquoi les esprits bienheureux, et tous les êtres qui jouissent de cette participation ineffable à la vie divine, puis à la nature même de Dieu, divine consortes nature, dit l’apôtre, sans être confondus avec elle, parce que jamais la créature ne peut être identifiée au créateur, ni l'être fini devenir

Page 1