‹ La conscience, ou, La règle des actions humainesChapitre 35 sur 69 · SC EN · texte numérisé non relu

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dE PR PÉCENIESS

Le RES CE a”

rité, et pratiquer jusqu'à un certain point la vertu. … Une autre erreur, qui a longtemps prévalu dans le - moyen âge, c’est la croyance à l'influence des astres. … Ona cru que le monde sidéral, enveloppant le monde … solaire et le pénétrant de ses émanations, avait une ac- … tion déterminante sur tout ce qui se passe dans notre - planète, et qu’ainsi chaque homme, entré dans le - monde par le fait même de sa génération ou de sa nais- … sance à tel moment du temps, et sous l'influence dominante de tel astre ou la conjonction de plusieurs astres, recevait par ces circonstances la détermination de son existence ou sa destinée, et que de là dépendait la direction de sa vie, tout son avenir. Ici encore il y a beaucoup d'exagération. Que le monde sidéral ait de l'influence sur nous, c'est possible, c’est même probable, parce qu’enfin tout ce qui est en rapport doit recevoir et envoyer des influences. … Mais que ces influences agissent sur les hommes au point de forcer leur volonté et de déterminer nécessairement » tout ce qu'ils font, cela est absolument faux, ou du moins on ne l’a jamais démontré. C’est une pure hypothèse.

. En troisième lieu vient le manichéisme. Les mani- … chéens, comme on sait, admettaient deux âmes dans l'homme. Ces deux âmes étaient le produit, l'une, du

… bon principe, l’autre, du mauvais. La bonne âme ne pou-

… vait faire que du bien, la mauvaise que du mal. Donc … les actions humaines étaient nécessitées par la nature . même de l’âäme qui les produisait. Nous ne réfuterons point ce système absurde, qui l’a été suffisamment par - saint Augustin et plusieurs autres. Nous le citons seulement pour montrer combien la doctrine de la néces- sité a pris de formes multiples dans Le cours des siécles.

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Le protestantisme donna encore une autre forme: à cette erreur par sa doctrine du serf-arbitre. Au. libre arbitre Luther et Calvin opposèrent le serf-arbitre. Pour faire triompher la grâce, ils détruisaient complétement la liberté, prétendant que depuis le péché d’ori M gine l’homme était incapable d'un bien quelconque , puisqu'il était sous le joug exclusif de Satan, et ainsi © nécessairement poussé au mal; qu’én outre sa raison avait été tellement pénétrée et pervertie par Perreur, qu’elle ne pouvait plus reconnaître la vérité.

Dès lors que restait-il pour réhabiliter l’homme et le” sauver? La grâce de Dieu seule, et la foi en sa parole. « Mais comme l’homme ne pouvait plus par lui-même faire aucun bien ni connaître aucune vérité, la foi seule pouvait le sanctifier et non les œuvres; donc cellesci, et c’est là qu’ils en voulaient venir, sont inutiles w au salut, nuisibles même, car c'est la foi seule qui 4 sauve. ;.

L'Église a dans tous les temps condamné cette erreur. Elle enseigne que par la décadence primitive la « raison de l’homme a été obscurcie et sa volonté affaiblie; mais que cependant la raison est restée capable de discerner le vrai , et la liberté de choisir et de pratiquer : le bien. Elle reconnait que depuis sa chute l’homme # enclin au mal par sa nature perverse a beaucoup de peine à faire le bien, auquel il n’est plus instinctive- | ment porté; mais que néanmoins il peut encore le connaître et l'accomplir. Ainsi la liberté subsiste avec la. raison, détériorées en effet toutes deux mais non détruites, et capables de science et de vertu. La doc- « trine du serf-arbitre est donc complétement fausse, et * comme les autres opinions du luthéranisme et du call 4 vinisme sortent de celle-là, on voit que tout s’en va. à

DE LA NÉCESSITÉ. tt Je

ance cs sir de Pomme. | | Après le luthéranisme et le calvinisme est venu le ansénisme, autre système de nécessité, encore créé pour faire triompher la grâce aux dépens de la liberté, et c’est pourquoi on a dit avec raison que le jansénisme est Le cousin-germain du protestantisme. En effet, dans . la doctrine de la délectation victorieuse les jansénistes … ont confondu la liberté avec Le volontaire, même néces- … sité et aveugle; ils ont prétendu que tout ce qu’on veut - même nécessairement est libre par cela seul qu’on le - veut. Or, disent-ils, on ne veut quelque chose, le bien * ou le mal, qu’en raison de la délectation victorieuse, . soit délectation du bien, soit délectation du mal. Il ne - peut pas y avoir équilibre entre elles, il faut que l’une ou l’autre prévale, et celle qui emporte détermine infailliblement la volonté. [ci Le système de la nécessité reparaît; l'homme n’est plus le maitre de ses actes, il est esclave de la délectation la plus forte, contre laquelle 1l ne peut vouloir et par laquelle 1l est toujours forcé . de vouloir.

Aprés le jansénisme est venu le quiétisme, où la « liberté est encore détruite, sacrifice. Nous avons expose - ce système dans louvrage cité plus haut, nous n’y reviendrons point; nous voulons seulement montrer le Rpoint par où il touche à la question présente. Le but du quiétisme est d’absorber la volonté, l’individualité humaine en Dieu, en sorte que la perfection consiste à ne plus vouloir. que ce que Dieu veut, à ne plus faire que ce qu'il fait par nous, done à arriver à un état Éde passivété telle que Dieu soit tout en l’homme, et l'homme rien, en tant qu'il est identifié avec Dieu. Dans cet état les actes ne lui sont plus nécessaires : plus de

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priére , plus de pénitence, plus de bonnes œuvres, plus de vertu, rien de tout ce qui sent activité propre. Car’!

une fois A union intime avec Dieu établie, c'est lui qui agit. Donc tout devient bien dans lhétte même ce qu’on appelle vulgairement péché ou crime. Doctrme , dangereuse et immorale ; car qui est assuré d’être ainsi M uni à Dieu , et comment savoir qu’il agit par nous et. que c’est lui qui fait tout ce que nous faisons? Nous, constatons seulement qu’elle mène à la nécessité, puis-.

qu'elle anéantit la liberté de l'homme.

Il y a encore la théorie des motifs prépondérants, ct

ici nous retrouvons l’école rationaliste. Cette pauvre

liberté a été martelée, torturée, martyrisée par toutes. les écoles possibles, théologiques, philosophiques et na-"

turalistes, par les manichéens, les luthériens, les calvi-

nistes, les jansénistes, les quiétistes et les philosophes. Ceux du dix-huitième siècle et leurs successeurs ont” prétendu la détruire par la doctrine des motifs prépon-"

dérants, soutenant que parmi les motifs qui nous solhi-

citent à agir il y en a toujours un qui l'emporte finale-"

ment, en faisant chavirer la volonté comme le plateau

d’une balance, en sorte que nous n’agissons que par ce. chavirement, comme la balance sort de son équilibre. par l'entrainement d’un poids. Ces philosophes ont été, ” comme nous l’avons montré plus haut, dupes d’une comparaison ; ils ont mis des images et- des mots à la

place des faits psychologiques.

Enfin viennent les médecins, les physiologistes, qui »

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ont absorbé le moral dans le Mu entre autres un

écrivain dont le nom est devenu célèbre par un livre

sur les rapports du physique et du moral, où il les explique en supprimant le mora!; ce qui est re Lôt fait

plus commode. Pour lui, la pensée est une sécrétion du

cerveau, le moral une sensation et Heat qui en . sort! Malheureusement beaucoup de physiologistes et

de médecins de nos jours en sont encore là; ils nient la liberté , et par conséquent la moralité. Tous les actes humains ne sont pour eux que des mouvements organiques et les résultats physique des sensations !

Ces opinions sont de pures hypothèses, des assertions gratuites, qui, à ce titre, ne méritent point de réfutation. Ainsi que nous l'avons démontré, il n'existe pas seulement des faits physiques, des faits physiologiques , 1l y a aussi des faits de conscience, des faits psychologiques , dont ces messieurs ne veulent pas tenir compte. Il est vrai que ces derniers faits ne peuvent être atteints par le scalpel, et qu'il n’est pas possible de présenter une âme épanouie dans une assiette, comme on offre un cerveau déroulé. Non, cela n’est pas pos- sible. Mais, à moins de confondre toutes les mesures et toutes les natures, il faut bien laisser à chaque chose sa règle, sa méthode et ses conditions. Or, le monde intérieur , le monde psychologique est aussi réel que le monde extérieur et sensible, et ce n’est pas avec des instruments matériels qu'on peut saisir les esprits et analyser les phénomènes de la conscience.

Aucun de ces systèmes n’altère donc en rien la liberté, que la nécessité physique n’atteint point dans son essence. Mais en est-il de même de la nécessité morale ?

La nécessité morale n’est pas, à proprement dire, une nécessité, elle n’en a que l'apparence. Elle signifie en général la grande difficulté que nous éprouvons à faire . une chose qui nousest imposée, ou à nous abstenir

d’une action qui nous plait. Alors on dit que cela est

impossible, ce qui n’est pas vrai. Car à moins de n’a- voir absolument aucun moyen d’agir, on peut toujours

LS ER are CHAPITRE X.

par l'é énergie de la liberté et avec le secours de la grâce 204 résister, combattre et vaincre. Ainsi les penchants natu-

rels, la concupiscence, le tempérament, les prédispositions physiques et morales, les caractères, les habitudes sont regardés par Lei tonp comme des nécessités insurmontables. On dit alors : Je n’y puis rien, c'est mon tempérament, c’est ma nature, Dieu m’a fait ainsi, qu'y puis-je? ou encore : quel mal y a-t-il à suivre sa nature? mes passions sont des instincts que je ne me suis pas donnés, elles sortent de mon organisation, et si je m'y abandonne, en quoi suis-je plus coupable que l'animal qui les suit sans honte, et les satisfait quand cela lui convient ? À cela il n’ Y aurait rien à répondre,

rien à dire, si celui qui parle ainsi n'était qu’un me |

La question serait résolue.

Mais il s’agit de savoir si vous n’êtes qu'un animal. Vous parlez cependant une langue que l'animal ne parle

pas, vous avez de l'instruction, une certaine science.

vous prétendez dans certains cas dominer et diriger vos

semblables par votre raison. Vous êtes convaincu qu'il y a en vous des qualités intellectuelles et morales, par

exemple de l'esprit et de.la probité, et vous feriez un mauvais parti à celui qui vous les dénierait. Mais si vous reconnaissez tout cela en vous, vous admettez done qu’il y à une humanité qui n’est pas de l’animalité, que vous avez une autre destination que la brute, et par consé-

quent une autre loi. Donc à côté de la loi animale qui

se fait sentir dans vos membres , 1l y a en vous une loi spirituelle , une loi morale qui cure dans votre cons-

cience. L'animal, lui, n’a qu’une loi, et ce qu'il faitille

fait instinctivement, avec règle, mesure, et sans excès : je parle de l animal naturel et non de l’animal civilisé.

L'homme, au contraire, sent très-bien qu’il a une loi.

supérieure à la loi de ses sens, et qu’il peut par sa volonté combattre son Organisation , ses passions, ou ne les satisfaire que dans la mesure légitime de ses besoins, en un mot, subordonner Ja loi des membres à la loi de l’esprit. Quel que soit le tempérament, l'organisme et la force des passions, sauf en certains cas dont nous par- … lerons tout à l'heure, on peut toujours les vaincre , les . surmonter, et ce qu'en ne pourrait point par soi-même, on le peut avec le secours supérieur de la grâce qui ne fait jamais défaut à celui qui l'invoque sincèrement par Ja prière. Et par la prière je n’entends pas seulement la .… récitation de certaines paroles, j'entends le besoin senti “ qu'on à de Dieu, de communiquer avee Dieu, le cri vers Dieu dans le malheur, dans la misère, dans ja souffrance , dans la lutte, dans la tourmente entre les passions soulevées et la conscience. Quand on la fait sérieusement, cette prière, et qu’on sent profondément - sa faiblesse, même au moment de succomber on re- « çoit souvent une assistance qui relève et soutient. Mais il faut savoir la demander, l’implorer. De cette manière on peut vaincre toutes les influences naturelles, quelles qu’elles soient, et même, dans l’acte le plus intime, le plus énergique de notre liberté, quand nous sommes partagés entre des motifs qui se balancent, quel que soit le poids d’une raison nouvelle, nous pouvons par notre propre énergie l’empêcher de prépondérer en jetant fièrement, comme Brennus, notre épée dans la balance. | - Sans doute ilarrive trop souvent qu'on se laisse en- . traîner. Mais dans ce cas, si on est réellement emporté, on n’agit point librement ; car il n’y a acte libre que sion ajoute au poids des motifs la force propre de sa volonté qui décide par elle-même, et peut toujours, quand elle

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le veut, empêchant l’un des bassins de chavirer, faire je prévaloir par sa puissance le motif le plus faible. On peut en dire autant de Ja délectation victorieuse du Jansénisme, S'il était vrai, comme il le prétend, que c'est . Dieu qui agit en nous, et qu’il emporte nécessairement | par son attrait irrésistible l’adhésion de la volonte, 1l faudrait affirmer que la liberté n’existe plus; çar il n°y a pas liberté si la volonté n’est plus maîtresse d'elle-même ni de ses actes. La question est de savoir si la liberté se comporte ainsi. Nous le nions avec la doctrine catholique, qui affirme que nous pouvons toujours résister à la grâce. C’est le privilége de l’homme et de tout être libre. Sans doute cette persistance est un grand malheur, car c’est faire ce qu’a fait Satan, le prince et l’auteur du mal; mais enfin nous le pouvons à nos risques et périls, et nous ne résistons que trop souvent. Ilya » un canon du concile de Trente qui dit formellement: » Celui qui affirme que l'homme ne peut pas résister à la grâce et qu'il est toujours obligé d'y céder, qu'il soit anathème! « Si quis dixerit liberum arbitrium à Deo motum et excitatum non posse dissentire, si velit, anathema sit! » (Conc. Trid., sess. 6, can. 4.) Cette proposition est éminemment philosophique, car elle exprime exactement une puissance et un fait de la nature humaine. Cela veut dire que l’homme est si grand pie sa volonté, qu’il peut résister à Dieu même. 4

Trinous par l'exposé de quelques cas extraordi- É naires où la nécessité morale se confond presque avec la nécessité physique. Là nous trouvons des difficultés que Dieu seul peut résoudre. IL y a des états de l'âme où la passion arrive à un tel paroxysme, que la volonté est opprimée, entraînée et parait nécessitée. Il yen a d’autres | où l'imagination est tellement exaltée que la raison n'a -

- plus la puissance d'elle-même. Tels les excès du fana- … tisme religieux, politique, ou autre, dans lesquels l’intelligence de l'homme est si pervertie, qu'il voit comme vérités des erreurs monstrueuses, sa conscience si dépravée, qu'il admet comme vertus des crimes abominables, - à peu près comme dans la démence.

Il y a des hommes qui ont des monomanies de meurtres et de crimes. On ne peut le nier, même quand on n’est pas la dupe de toutes les monomanies des légistes et des médecins, qui en trouvent toujours une à propos quand il s’agit d’innocenter un coupable. Il y a des monomanies réelles, du vol, par exemple. Jai connu un

. homme très-respectable d’ailleurs, très-considéré dans la société où il a vécu longtemps et tenait une place importante, qui avait la monomanie du larcin. Il était marié, avait une famille honorable, et sa femme, qui connaissait sa faiblesse, vidait chaque soir ses poches

- où elle retrouvait presque toujours, quand il avait diné . en ville, une pièce d’argenterie. Comment expliquer . ce penchant fatal dans un homme très-honnête du Prester |

. Les monomanies du suicide sont plus fréquentes - qu’on ne pense. On me citait dernièrement un homme, … dont le grand-père s'était tué à quarante ans, dont le - pére s'était également détruit à quarante ans. Il appro- . chait de cet âge, et, menant assez joyeuse vie, sem- … blait s'être mis au-dessus de cette déplorable tradition. . Arrivé à cette année fatale, une mélancolie noire le saisit, et le malheureux se suicida comme son pére et - son grand-père. Je pourrais multiplier les faits de ce genre, qui ne sont que trop avérés.

… En voici d’autres, d’une autre espèce, et qui ne sont pas moins embarrassants. Il peut se trouver dans la vie

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° { AC d'un homme une telle complication de circonstances fa. È cheuses, qu’elle semble ne laisser à la volonté qu'un | seul parti à prendre, et cependant ce parti est mauvais, | criminel. La religion, la morale, la nature le condam- « nent, et néanmoins il paraît presque inévitable. Ainsi « un militaire insulté peut-il refuser de se battre en duel? « Dans les régiments, par des raisons que je ne jugepas, « on favorise jusqu’à un certain point cette triste pratique. A On veut par là, dit-on, obliger les hommes à se respecter # mutuellement, et on les fait battre à coups d’épée ou de sabre, pour éviter de plus indignes violences. Je suppose donc qu’un officier ait une affaire de ce genre, et qu'il ait été provoqué ; s’il refuse, son état est perdu, son honneur militaire est terni, il ne peut plus rester au régiment ni dans l’armée. Il sait et sent que le duelest … un crime; il en a horreur et voudrait s’en abstenir. Mais son existence sociale, son honneur, comme les * hommes l’entendent, le contraignent jusqu’à un certain point. Sans doute sa volonté n’est point complétement nécessitée, car il n’y a point de nécessité morale abso- « lue; mais enfin jusqu'à quel point est-il hibre en cette

triste conjoncture, où il est placé entre sa conscience e

son état P | Aatre exemple : dans le cours de nos révolutions, et nous en avons tant vu, un homme est au service et il « a reçu des bienfaits et des faveurs d'une dynastie. Ilen » vient une autre, ou il survient autre chose, comme on « voudra, S'il est militaire, que fera-t-il ? Faut-il briserson * épée et ainsi sa carrière pour tenir son serment ? Je « parle d’un homme honnête; les serments n’emibarras- * sent que ceux-là. Je parle d’un chrétien habitué à uivre la voix de sa conscience et la règle du devoir. Il a une femme, des enfants, point de fortune, il n'a que «

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| son épée et. son | honneur ; s’il la brise pour le conserver, - qui donnera du pain à sa Guar ? Faut-il, pour prix de sa fidélité, accepter la misère avec toutes ses horreurs pour luiet surtout pour les siens ?

Vous pouvez sauver un homme par un mensonge qui ne fait de tort à personne, en déclarant, par exemple, que vous n'avez point vu ce que vous avez vu, où qu'un malheureux poursuivi et auquel vous avez donné asile n'est pas chez vous. Il s’agit de la vie d’un homme, de celle de sa famille peut-être. Sauver la vie à un homme, c'est une grande chose ! Peut-on se permettre le mensonge dans un cas pareil? Qui de nous, par charité, par + humanité, ne s’y croirait autorisé? Et cependant il est . défendu de faire un mal pour obtenir un bien; la fin ne ) justifie pas les moyens aux yeux d’une saine morale. . Jusqu'à quel point est-on coupable dans une telle occurrence?

Que dirons-nous de ces malheureuses veuves du Ma-

… labar qu'une coutume barbare oblige à se brüler sur le … bücher de leur mari? Si elles s’y refusent, elles sont rejetées comme le rebut de la société, elles sont condamnées à y vivre dans l’infamie. N'y a-t-il pas là une … sorte de nécessité? Û Autre cas plus grave encore et plus obscur. Il y a des … hommes que Dieu suscite et prépare comme des instru- . ments de l'accomplissement de ses desseins, ef qui par . cela même doivent être sous une direction particulière

de la Providence, pour amener tel événement dans le * monde et en Fee la face. Ces hommes-là sont done : conduits d'en haut, Dieu les mène, et, bien que leur

liberté individuelle ne soit pas détoiite. cependant il y … à certains cas où elle est déterminée par l’action divine (M et comine par une sorte d’instinct supérieur, l'instinct,

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