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est fermement établi dans sa croyance, quand on à une
nons de dire, il ne semble pas qu'ils puissent prétexter
sons de douter et pas assez de croire; lexcuse de l’en-
citoyen et de la profession. Plus on a fait d’études, #
avec ses semblables sans que les idées du bien, de la
- cependant disputé sur ce point, mais on s'accorde gé-
sur te eh he et a sur Fa po 5 controverses avec l'Église catholique; ce qui n'arrive * pas, quand on est sûr de posséder la vérité, quand on
foi solide et fondée, chose très-rare chez les protestants, et malheureusement, d’après ce que nous ve-
une ignorance invincible. El y à pour eux trop de rai-
traînement s’y trouve moins que partout ailleurs.
L'ignorance invincible devient moins possible où moins probable à mesure que les hommes sont plus éclairés. Ainsi dans les classes supérieures de la société, où les connaissances sont plus répandues, plus multi- ” pliées, on a plus de moyens de connaître la vérité, par conséquent moins de chances d’ignorance, surtout en ce qui regarde les devoirs de l’homme, du chrétien, du
plus on a de lumières, plus aussi on est en mesure de reconnaître les obligations que ces diverses situations. imposent, etce qu'il Saui faire pour les remplir.
Il est encore évident qu’il n’y a pas d'ignorance invincible des vérités fondamentales du droit naturel, sauf dans les cas d’idiotisme, parce que tout homme, par cela qu'il est un homme, ne peut entrer en rapport.
justice, et les obligations les plus générales qui en sortent, ne se manifestent dans sa conscience, comme les axiomes et les lois de la pensée se déclarent quand il exerce les facultés de son esprit. Les théologiens ont.
néralement à reconnaitre que, si l'ignorance invincible
| INFEUENGE DE L'ICNORANCE SUR LA LIBERTÉ, 259
des principes fondamentaux de la morale, du droit naturel et de leurs corollaires les plus prochains est inadmissible, elle peut exister pour des conséquences plus ondes. dont la liaison avec leurs principes « n'étant pas d'évidence immédiate peut être démontrée - et discutée par le raisonnement.
On reconnaît l'ignorance invincible à ce caractère, qu'il y a eu absence complète de doute avant d'agir, et qu'on n’a pas même songé à mettre en question la légitimité de l'acte. Mais pour peu qu'il y ait eu - d'incertitude, d'inquiétude, d’agitation; si, au moins n d'ane manière confuse, il y a eu soupçon du bien à faire ou du mal à éviter, alors 1l y avait un motif de - chercher à s’instruire, une excitation à s’éclairer davantage, et l’on devient coupable jusqu’à un certain poiné si on ne le fait pas.
» Îl y a des péchés d’ignorance, et par conséquent une ignorance qui n'est pas invincible. C'est ce qu'affirment ces paroles du Psalmiste : Delicta juventutis + meæ el ignorantias meas ne memineris, Domine ; Sei- - gneur, oubliez les péchés de ma jeunesse et mes ignorances. Il y a donc des ignorances qui n’excusent pas. Rappelons-nous cette belle parole de Jésus-Christ sur Ja croix : Mon père, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu'ils font; Pater, dimitte illis, nesciunt “ enim quid faciunt. L'ignorance de ses bourreaux a » besoin de pardon, donc elle est coupable; elle n’était 7 us pas invincible. | Cette sorte d’ignorance s'appelle vincible, parce qu’on aurait pu Pites avec quelques efforts. Elle provient de la négligence à s'instruire, ét par conséquent elle est imputable à la volonté. Elle est un péché; car On n'a pas voulu être éclairé, ou on a négligé d'en
prendre les moyens ; si donc on tombe dans le mal, c’est par sa faute. On a repoussé les lumières qui devaient en préserver; c’est donc une ignorance volontaire à un certain degré, et qui entraîne la culpabilité.
Cependant il est vrai de dire que, sous un autre rapport, elle atténue aussi la gravité de l'acte. Car toutes les fois qu'il y a ignorance, même vincible, on connaît moins le mal, et par la on le commet plus légèrement et avec moins de malice, excepté dans le cas où l’on ignore sciemment , quand on ne veut pas s’instruire, quand on refuse expressément ce qui peut détruire l'ignorance qui dans ce cas s’appelle crasse ou grossière. Il y a dans le monde une multitude d'hommes qui ignorent complétement certains devoirs, non les obligations de la morale et du droit naturel; grâce à Dieu , par la conscience et la raison, on les reconnaît jusqu’à un certain point, au moins dans les choses nécessaires; mais, par exemple, ce qui concerne les préceptes et la perfection de la vie chrétienne , ou les devoirs de religion. On rencontre en général dans la société une grossière ignorance à cet égard, et la plupart ne se donnent point la peine de s’en instruire. Cependant on parle souvent de ces choses, on en juge, on en décide, on à une opinion, une idée, peut-être une religion à soi, Sans avoir jamais étudié, médité, approfondi l’enseignement de l'Eglise, et de là beaucoup de paroles vaines, imprudentes, insensées, quelquefois blasphématoires,
L'ignorance est moins grossière et plus excusable si l’on fait quelque chose pour s’éclairer, sans cependant
faire tout ce qui serait nécessaire. Ainsi il y a des. chrétiens qui connaissent leur religion d’une ma-
nière générale et en bloc, mais qui ne veulent pas y
“regarder de près, ni l’approfondir. Ils ont peur de trop
s’en occuper, soit par paresse , soit peut-être que leur foi n'étant pas solide ils craignent d’être ébranlés, agités. [ls se réduisent donc à ce qu’on appelle la foi
du charbonnier, foi obscure, comme son nom l'indique.
Quoi qu’on en ait dit, l'Église ne recommande pas cette sorte de foi, qui le ol souvent est une foi morte; car l'Eglise n'aime point l'obscurité , l'ignorance; elle veut qu'on $s’instruise des vérités ruelles et ceux qui prétendent qu elle cherche à aveugler les esprits, pour les abêtir et les dominer, se trompent ou la calomnient. Ce ne sont pas les ignorants qu’on conduit le plus facilement. En général ils sont très-difficiles à mener , surtout quand ils sont entêtés , et ils le sont presque toujours , justement à cause de leur ignorance et de ses préventions. On s’en tire mieux avec les gens d’esprit, et d'un bon esprit, surtout s'ils ont du bon sens et de la droiture de cœur. Pour conduire les bêtes, il faut le fouet et le bâton. Cela ne va point à l'Église, qui a été fondée par la vertu de la parole et non par la violence. Or la vertu de la parole, c’est la lumière de la vérité, plus puissante que toutes les violences, et c’est pourquoi l'Evangile appelle tous les peuples des ténebres de l'ignorance à l’admirable lumière de Dieu, et des obscurités inévitables de la foi à la contemplation des clartés éternelles et de Celui qui en est le foyer, suivant ces belles paroles de saint Paul aux Corinthiens : « Nos vero omnes, revelata facie, gloriam Domini speculantes, in eamdem imaginem transformamur de claritate in claritatem, tanquam a Domini Spiritu. » | (IL Cor.., ch. nr, 18.) Pour nous, qui n'avons pas de voile sur les yeux et qui contemplons la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en son image, nous avançant
parce qu’on refuse expressément de s’instruire, parce qu’on ne veut pas être éclairé. Et pourquoi ne le veut-
ignorer pour passer par-dessus ou s’en passer. C'est …
aimait trop ses aises et ses plaisirs. Grâce à une éduca-
de ae en clarté, comme par l illumination de l Esprit | de Dieu. RS
: Enfin il y a une ignorance voulue, préméditée, et ie qu’on appelle ignorance affectée. Dans ce cas, on ignore |
on pas? En général pour trois raisons : la première, parce qu’il est fort incommode de connaître la loi, quand on est décidé à ne pas l’accomplir ; on préfère
ce qui est exprimé dans cette parole de Job : «Dixerant Deo : Scientiam viarum tuarum nolumus. » Nous ne voulons pas connaître vos voies. C’est que, si l'on sait ce qui est mal, on est obligé en conscience de l’éviter, et quand on ne veut pas faire ce qui est bien, on aime mieux l’ignorer. On méconnait ses devoirs pour ne pas être obligé de les remplir.
J'ai connu un homme d'esprit et de cœur, mais qui
tion chrétienne il avait encore de la foi, et une conscience assez délicate. Mais la jeunesse avait amené bien des écarts et des folies. Cependant il sentait le besoin de revenir à Dieu. Marié, père de famille, ayant un état w honorable , il demanda à s’instruire de la religion; ik comprit la vérité et la profondeur du dogme chrétien, et en même temps ses conséquences dans la morale et pour la conduite de la vie ; il vit clairement tous les devoirs que sa foi lui imposait , et alors il s’écria involon= tairement : « Oh! oui, la religion chrétienne est belle, mais elle est bien gênante. » Cela est vrai, la religion de M Jésus-Christ est gènante, et il faut qu’elle le soit pour qu’elle serve à quelque chose. Malheur à elle si elle ne génait point, car elle perdrait sa vertu, et elle manque-
Ë INPLUENCE | DE Le 'GNORANCE SUR LA LIDERTÉ. 363 . | rail son “but, Elle est descendue du ciel pour nous gêner,
c'est-à-dire pour nous corriger, nous redresser, nous
. ramener à Dieu en nous détournant du mal, et c’est ce qu’elle fait par son enseignement, par ses préceptes,
par ses conseils, par tous ies moyens de sa discipline,
par ses promesses et ses menaces.
En second lieu, il y a ignorance affectée par la paresse d'apprendre , surtout à un certain âge. Comment! À faut que je rapprenne mon catéchisme comme un enfant! Sans doute, si vous ne l'avez pas appris autrefois, ou si vous l’avez oublié. Nous sommes tous très-paresseux, et tout ce qui nous coûte un peu de peine d’esprif, par la réflexion et la méditation, nous l’évitons autant que possible s’il n’y a pas de nécessité. En général, # faut la stimulation du besoin pour nous forcer au travail, . et la plupart des hommes restent dans l'ignorance par - inertie et par làcheté. ù … Il y a encore une troisième raison, et ce n’est pas la plus faible: lamour-propre. On a honte de paraître ignorer et de questionner , à un certain âge surtout, et c’est pourquoi je ne cesserai de répéter à fa jeunesse: Oh ! travaillez pendant que vous êtes jeune, 1 n'ya qu'un printemps de la vie, et c’est le printemps qui prépare la richesse de l’êté et la fécondité de l'automne. Si le printemps est manqué, l'été n'aura rien à mürir ef l’automne rien à récolter. Maintenant vous avez la force, l’occasion, les moyens, toutes les ressources ; plus tard, si tout ce vous a été donné en vain, si Vous avez rendu inutiles ces secours , vous aurez cent fois plus de peines, et à ce surcroît de fatigue s’ajoutera l'obstacle de votre amour-propre, l’empêchement de la fausse honte, qui n’osera plus demander des éclaircissements, chercher des explications, en un mot, qui rougira
d’ apprendre. Faites donc maintenant. ce que vous savez à faire. | ‘ Tels sont les motifs de l'ignorance affectée ou voulue | On craint de connaître le bien qu’il faudrait faire, ou fe. | mal qu’il faudrait éviter ; on est paresseux d’ ab or en dre D. ou l’on rougit de demander. Dans tous ces cas l'ignorance affectée augmente la gravité du mal, et cependant, | en un certain sens, on peut dire qu’elle l’atténue, en -
vertu de la règle posée ci-dessus : que l'ignorance vin= M
cible ou invincible atténue le mal, en tant qu'il est moins Connu. #4 Enfin les péchés d’ignorance sont plus ou moins grands, selon que la matière est plus ou moins impor- M tante, plus ou moins difficile à connaitre, et en raison. de lésieurs circonstances qui augmentent ou diminuent | la vincibilité de l'i ignorance. 4 . Donc,en résumé, l'ignorance vraiment invincible ex- M cuse toujours du péché; mais l'ignorance vincible n'en. excuse jamais entièrement. Tantôt elle atténue le mal, et tantôt elle l’augmente, selon les circonstances.