CHAPITRE D) ALAN ARE
sent sous le coup d’une vindicte terrible, et au trouble
de la conscience s'ajoute la peur du châtiment.
Cette assertion, attribuée aux manichéens et soutenue par Bayle, est donc complétement fausse. Il ést trèsvrai qu'on ne doit jamais agir contre sa Conscience, mais il n’est pas vrai qu'il n’y ait de mal que ce que la conscience blâme; car si la conscience est erronée et vinciblement erronée, elle peut ne nous faire aucun reproche, quoique nous soyons certainement coupables.
Cependant il y a des cas très-graves où la culpabilité d’une erreur vincible n’est pas facile à déterminer. En général, à mesure qu’on a plus d'expérience de la vie et de la faiblesse des hommes, on est plus porté à l'indulgence dans le jugement des actions d'autrui. À coup sûr, ces pharisiens, qui persécutaient Jésus- Christ avec tant d’acharnement, y mettaient de la passion, jaloux qu'ils étaient de son influence, de son autorité sur le peuple, et redoutant de se voir supplanter par lui. Néanmoins ils étaient très-attachés à la loi de Moïse, et ils pouvaient s’imaginer que Jésus venait la détruire, bien qu’il ne soit venu que pour la perfection-
er. Il pouvait donc se trouver parmi eux des hommes d’une certaine bonne foi, d’une conscience erronée, quoique non invinciblement, car Jésus-Christ a dit : Si Sodome et Gomorrhe avaient vu ce que vous voyez, les œuvres que je fais, ellesse seraient converties. Ils étaient done coupables, puisqu'ils agissaient avec une conscience fausse et vinciblement fausse. Mais jusqu’à quel point et dans quelle mesure, Dieu seul peut le savoir. J'en dirai autant des bourreaux de Notre-Seigneur et de ceux qui les commandaient; car enfin ils n’étaient que les exécuteurs des hautes œuvres de la justice d’alors,
ils obéissaient à leurs chefs, à leurs supérieurs. Aussi
à 4 A PS RS !
: À Jésus. s’écrie-t-il : Pardonnez-leur, mon père, car ils ne
savent ce qu'ils font. S'ils avaient besoin de pardon,
il yavait péché. Cependant ils étaient dans l'ignorance, ignorance vincible sans doute, qui n’excusait pas tout à fait, mais atténuait assez leur faute, pour que celui qui en était la victime implorât leur pardon. Vesciun! enim quid faciunt.
Sile bien et le mal n’existaient qu’en raison de l’opi- nion que nous en avons, il sortirait de là des conséquences déplorables. D'abord, 1l serait inutile de chercher à s’instruire en morale, à éclairer sa conscience, à la former, à la discuter. On pourrait toujours dire : | j'obéis à ma conscience, telle quelle. Elle ne se trompe . point, ni ne peut me tromper; car par son jugement . même elle constitue le bien et le mal pour moi. Je n'ai donc qu’à la consulter, c'est mon oracle, et sa ré- | ponse me suffit. Avec ce système, il y aurait autant de . morales que d'individus, et les hommes ne sauraient . jamais s’entendre sur la moralité. Il n’y a plus de règle . commune des consciences, si chaque conscience est . souveraine et absolue dans ses décisions; car si ces déci- - sions diffèrent ou se contrarient, comment les accorder ? Ïl en irait alors pour la morale avec la conscience individuelle, comme il en va pour l'interprétation des Écri- . tures avec le libre examen. Chaque protestant dit : J'ai . ma raison, et voici comment elle interprète ce passage. Mais son voisin l'interprète autrement, qui décidera . entre ces deux raisons souveraines ? Qui les ramènera à . l'unité, puisque après tout les hommes doivent y reve- . nir, d’abord parce qu’ils sont frères par la chair en Adam, et ensuite frères selon l'esprit en Jésus-Christ,
. quiest venu réintégrer et réhabiliter l'humanité, con- . formément à son des vœu, exprimé à la veille de sa
Ar LR NDS FAR y
| sommes . Or, RAS ramener cles ones à unité
rité unique et sans appel qui définisse les dogmes, les - formule et les propose à la foi ? Si chacun veut se faire à.
- désirée par le Sauveur, si recommandée par lui à ses M disciples, ne sera jamais établie sur la terre. 3
sement. La societé périt avec Ta morale.
peut qu'il y ait en nous des fautes qu’elle n'aperçoit…
s’est point confessé, demandez-lui de rentrer en lui=*
religieuse, s’iln’y a pas dans les choses saintes une auto-
soi-même son credo, il est impossible d'arriver à une. profession de foi commune, et l'unité, si ardemment.
+ En morale ce serait la même chose. Un homme traduit devant un tribunal dirait : «dJ’ai tué, mais ma cons- 4 cience.m’a dit de tuer. — Votre conscience ne peut pas 4% vous commander le meurtre.—Qu'en savez-vous? répliquerait l'assassin, Si elle m’a dit que cela est bien, n’en 4 est-elle pas le juge ? » À cela que répondre, si VOUS n'avez point de législation commune, ni eivilement ni religieu- « 4
Rappelons-nous i ici ces paroles de saint Paul : « Quand même ma conscience ne me reprocherait rien, j6 ne suis : pas justifié pour cela.» Ce qui ne veut pas dire qu'une w bonne conscience ne puisse inspirer de la tranquillité, 4 du calme. Mais comme elle n’est pas infaillible, il se |
pas. Et cela est si vrai qu’en général ceux qui font le plus de fautes s'en aperçoivent le moins, et ce sont les consciences les plus délicates qui reconnaissent en elles ! le plus de péchés. Les personnes les moins habituées | à discuter leur conscience se croient sans reproche. Demandez à cet homme qui depuis cinquante ans. ne
même, de faire une revue de son passé et de s'examiner 4 à fond: Il vous dira trés-gravement : « À quoi bon? jenew trouve point de mal en moi, je n’ai fait de tort à per=
# sonne, e suis un Dérnele ont » O. un binnée + j s
“homme comme on l’est dans le monde. — Demandez
par contre à un saint Charles Borromée, à un saint Fran-
» çois de Sales, à un saint Vincent de Paul, à ces hommes qui ont poussé la vertu jusqu’à l'hérôisme, à à ces gloires de l'humanité devant lesquelles tous s’inclinent comme
.. devant les images de Dieu sur la terre, demandez-leur s'ils se croient justes et sans reproche devant Dieu. Ils.
> vous répondront spontanément qu’ils sont de grands - coupables, et qu’ils ont besoin plus que personne de la
miséricorde divine. C’est que la conscience est d'autant.
plus délicate qu’elle est plus pure. Cest que les saints voient des imperfections où l'œil du monde voit des vertus; ils sentent continuellement en eux cette lutte - dont parle saint Paul, la lutte de l’homme intérieur avec
l’homme extérieur, de la chair avec l'esprit, de la loi
. du péché qui est dans les membres avec la loi de lesprit
qui régit l’âme. Mais celui dont je parlais tout à l'heure n’est nullement divisé en lui-même, et ne se combat en , aucune manière. Îl va tout d’une pièce dans le mal, qu’il n’appelle pas le mal. Sa vie de tous les jours, c’est la
vie des sens, c’est la vie de la bête. Dira-t-on que la
conscience de cet homme décide da bien et du mal, de la vertu et du vice? C’est une conscience fausse,
erronée, endurcie, et qui ne peut que le mener au
désordre.
Enfin avec cette maxime on justifierait tous les excès
du libertinage et du fanatisme.
Ii y a une époque de la vie où cette maxime plait beaucoup. C'est l’âge, à la vérité, où on en a le plus besoin, la jeunesse, mais la jeunesse du second degré. La première jeunesse est encore timide, elle à des restes d’innocence; elle n’en est pas encore à se faire des
théories morales pour justifier ses fautes. Il faut avoir vingt-cinq ans pour cela, ou à peu près. Alors, si la conscience n’est pas tout à fait éteinte, on se fait pour son usage une doctrine morale, quelquefois même une religion. On se fait sa religion à soi, suivant son idée, ef les religions de ce genre consistent ordinairement à n’en point avoir. On appelle cela une religion naturelle. Suivant la passion qui préoccupe, on pose des principes, des maximes, des espèces d’axiomes où l'on “arrête ce qui est bien, ce qui est mal, et on arrange cette législation justement pour les circonstances. De cette manière on se trouve aisément sans reproche. N'est-ce pas, en effet, un ordre de choses admirablement combiné, où l’on est à la fois le législateur, le juge et le prévenu? On fait la loi comme on l’entend, on l’applique au gré de ses désirs, et quand on se juge soi-même, au besoin, si l’on se trouve quelque peu coupable, on a encore la faculté de s’absoudre. Enfin, en ce qui concerne la conscience erronée,
vient encore cette question grave : quand la conscience :
est dans l'erreur, est-ce un plus grand mal d'agir contre elle qu’en conformité avec elle ?
Dans tous les cas c’est une très-mauvaise position, car il y a du mal des deux côtés. D'abord il est certain, comme nous l’avons établi plus haut, qu’il n’est jamais permis d’agir contre sa conscience, soit vinciblement soit invinciblement erronée; car, comme dit saint Paul :
Omne quod non est ex fide peccatum est. Toute action,
qui n’est pas faite avec la conviction qu'elle est bonne, est coupable; done toute action où omission accomplie malgré la conscience, même erronée, est un péché. D’un autre côté, 1l n’est pas permis non plus de suivre la conscience si elle est vinciblement erronée. Car dans cet
état il: va duiours doute sur la légitinité de l'acte, et
pour agir moralement il faut avoir la persuasion que l'acte : à faire est bon. Que faire donc ? rectifier sa conscience , si on le peut, déposer, comme on dit, sa cons-
cience fausse, et la rendre vraie, certaine, par la connaissance de la loi. Mais s’il faut agir à l'instant, comme
la question le suppose, et qu’on ne puisse rectifier à temps sa conscience, entre deux maux il faut choisir le moindre, et alors suivre sa conscience plutôt que d'agir contre elle. L’ignorance vincible où on se trouve diminue du moins la culpabilité jusqu'à un certain point. Bien qu'on soit coupable d'ignorer ce qu’on doit savoir, et à ce titre responsable de toutes les conséquences de l'acte fütur, cependant c’est un moindre
. mal que d'aller contre les dictées de la conscience.
À la conscience fausse ou erronée est opposée la conscience vraie. C’est celle qui décide ce qui est bien
ou mal, juste ou injuste conformément à la loi. Ainsi,
» toutes les fois que le jugement de la conscience corres-
pond à la vérité dans la science morale, et à la résle
dans l’ordre pratique, la conscience est vraie. Mais com-
ment savoir qu’elle est vraiment dans la vérité, en har-
- monie avec la loi? Ici, il y a toujours quelque difficulté, . Comme pour la raison. Comment dans une discussion
savoir que j'ai raison? Et si je me trouve en désaccord avec deux ou trois personnes, qui terminera le litige?
Dans une affaire purement scientifique chacun peut soutenir son opinion, et le bon sens, ou le sentiment
commun, décideront tôt ou tard et mettront fin au débat.
- Mais dans Les choses qui intéressent la moraie et surtout » la foi, on ne peut pas en rester là, et c’est pourquoi il faut toujours en revenir à à cette LT. à cette autorité - qui a été posée d’en haut, et instituée de Dieu même
di
sûre , et mettre les consciences en repos. Comment
© cHammE XIV. ;
pour ee ins. Le choses nécessaires une aie sion
veut-on qu’en des matières si importantes, dans le choses du salut, de la vie éternelle, on en soit réduit, pour trouver la vérité et obtenir une certitude, aux disputations humaines? En politique, par exemple, arrive-t-on à quelque chose de définitif, de fixe avec ce conflit perpétuel de raisons et de paroles? On en. - vient à se disputer, et puis à s’injurier, à se haïr, et À enfin à se battre et à s’entre-tuer. Voilà où l'on arrive, quand les vérités morales sont abandonnées aux dis=M putes des hommes, comme le monde à leur science. Celui-ci au moins est trés-pacifique, il se laisse faire, 4 Mais dans le monde moral, s’il n’y avait pas d'autre influence, d'autre force, d’ R autorité que la raison. | de chacun, il serait impossible d’y établir la paix. Heu. renaément que la Providence vient de temps en temps calmer les flots irrités, et apaiser les tempèles. Elle change les esprits et les cœurs par de grands événe=" ments inattendus, comme ceux dont nous sommes les témoins depuis un demi-siècle, et par la force des choses, 4 “qui est son irrésistible instrument, elle remet de Pordre | ; parmi les hommes qui s agitent et que Dieu mène. Ainsi, dans les choses qui intéressent la vie de l’homme
et son vrai bonheur, il faut plus que les simples déci- | É sions de la raison ‘uditiduëlles Sans doute il y a de ces. vérités générales, universelles et de bon sens, auxquelles 1 chacun adhère quand il n’a pas intérêt à les combattre; de ces vérités qu’on ne peut nier dans l’ordre spéculatif “ sans tomber dans l’absurdité, et dans l'ordre moral, sans devenir un objet de répulsion pour ses semblables. à Celui qui nierait que deux et deux font quatre passerait pour un imbécile; celui qui soutiendrait qu'il faut faire
à autrui e ce que nous ne ne. pas qu A nous nee u d'autres maximes contraires au sentiment moral, serait mis au ban de la raison et de l'humanité. . En ce qui regarde la connaissance de la législation morale, ou la syndérèse, il est assez facile d’avoir une conscience vraie, le difficilé est de l'appliquer aux cas particuliers. Oh! quand il s’agit de juger les autres, nous avons une grande pénétration, nous discernons rapidement et bien, la plupart du temps, si notre intérêt ne nous aveugle, et que notre malice ne s’y mêle pas. La conscience est donc facilement vraie tant qu'il s’agit des principes généraux, des maximes, des » règles; mais s’il faut les appliquer et que notre intérêt soit en jeu, nos passions en cause, la chose devient malaisée, périlleuse, Comment décider avec impartialité » au milieu des influences de l’imagination, du sentiment, n de la passion, des habitudes, etc.? C’est alors qu'il faut \ discuter sérieusement sa conscience en face de la loi. - Nous avons tout ce qu’il faut pour cela, sauf quelques - ças très-rares. Ce n’est pas la science du bien et du mal qui nous manque; hélas! depuis que notre premier » père a mangé du fruit de l’arbre de la science, celle-ci ne nous fait pas défaut: ce qui nous manque, c’est la bonne + volonté dans l'application, et la preuve, je le répète, est 3 que nos jugements ont en général de la rectitude quand ils portent sur les autres. Mais quand nous désirons nous satisfaire contre la loi, notre conscience se fausse, les . choses les plus évidentes s’obscurcissent, et nous avons ? grand'peine à discerner ce qui est bien et ce qui est mal, ce qui est juste, ce qui est injuste, parce que nous - sommes prédisposés de manière à ne pas vouloir accep- . ter la Er ” la n. |
AS) MON CPE dE
cette grande législation morale dont j'ai parlé, qui est
reconnu? jusqu’à un certain point par les lumières na=
turelles, et confirmée par le sentiment moral, ait été
instituée, promulguée, et maintenue au milieu des. hommes dans les formules bien arrêtées, claires, nettes …« et précises du Décalogue, et qu’elle ait été posée à tout jamais d’une manière fixe et inaltérable, afin que ces. grandes données de la justice divine et humaine ser-«
vissent de base à toutes les législations possibles ; car, en effet, toutes les législations des peuples sont sorties
de là. Les jurisconsultes en conviennent; (out ce qu'il
y a de bon dans les lois humaines émane de cette source, ou s'appuie sur ce fondement.
Puis, bien que notre raison puisse discerner le vrai, etnotre conscience percevoir ce qui est bien, cependant,
quand nous sommes nous-mêmes en cause, et qu’il est :
question de notre intérêt, notre conscience prend aisément notre parti; et à ce tribunal-à, s’il s’agit de soimême, il est bien difficile d’être tout à fait impartial, Or, voilà ce qu’il faut combattre; mais pour le faire avec efficacité, il ne faut rien moins qu’une autorité divine;
car aucune autorité humaine ne peut avoir la prétention -
de juger ma conscience. Toutes les puissances de la terre n’ont rien à y voir. [l fallait une autorité établie de Dieu
lui-même et qui fût la sienne, une autorité toute spirituelle et de direction, dont le premier privilège fût que «
j'aie à lui ouvrir mon cœur, à lui révéler mon intérieur, pour discuter ma conscience avec elle. Sans cela, je n’y verrai jamais parfaitement clair.
Les sages de l'antiquité le disaient : « Os vous voulez reconnaître votre conscience, consultez un ami sage et désintéressé, en mettant votre cœur à nu devant lui. » Mais où trouver cet ami dans le monde, cet ami à
. qui vous pourrez sans danger confier les secrets de vos
désirs ou de vos craintes, de vos joies ou de vos deuleurs, et surtout de vos espérances ou de vos remords. Il faut, pour motiver une telle confiance, mille conditions qu’une autorité divine seule peut remplir. Il is être sûr du secret, de l’impartialité, de la charité, voilà justement ce que nous trouvons dans la déts spirituelle, dont la confession est le principal instrument. Je parle de ces choses, parce qu'elles sortent naturellement de mon sujet. Je ne viens pas prècher ici, je dis simplement ce qui découle de la discussion philosophique où nous sommes engagés. Oui, toutes les fois que dans un cas grave, sur un point important, la conscience doute ou ignore, le meilleur conseiller pour l'éclairer ou la fixer est celui que la religion donne dans le secret avec les lumières de la justice et la charité de Dieu lui-même. Alors on n'est plus juge dans sa propre cause, et on risque moins d’être aveuglé ou entraîné par les passions.
Qu'est-ce qu’une conscience douteuse ? C'est au fond la même chose qu'une raison douteuse. Le doute est une suspension positive ou négative de l'esprit, négative quand elle provient de l'ignorance, quand on n’a pas de raison de se décider pour un parti ou pour un autre, parce qu ’on ne sait pas ; positive, quand, ballotté par des raisons contradictoires ou qui se balancent, on ne sait plus à quelle résolution s'arrêter. Le doute est done négatif quand il y a absence de moüfs ou de raisons qui déterminent, et il est positif toutes les fois que l'esprit reste suspendu entre des raisons contraires qui lui paraissent également fortes.
IL y a aussi le doute de droit et le doute de fait.
Le doute de droit a lieu quand on n’est pas certain de
l'existence de la loi, et on sait que dans toutes les législations une loi douteuse n’engendre jamais une obligation certaine; une loi qui.n’a pas été instituée, promulguée, ou dont on n’a pu avoir connaissance, n’oblige pas. Il faut donc commencer par constater l'existence de la loi.
Le doute de fait existe quand on n’est pas sûr d’avoir
violé la loi. Fci il faut d’abord constater l'acte, puis le discuter pour voir s’il est conforme ou contraire à la loi.
Il y a encore le doute spéculatif et le doute pratique. Dans le doute spéculatif on discute les principes, les
lois, les règles de la moralité en général, théorique-
ment, et on discute logiquement, sans égard à la réalité, toutes les conséquences possibles de propositions diverses ou contradictoires. Dans le doute pratique, on hésite sur ce qu’il faut faire dans un cas donné, on discute des opinions contraires sur la licité ou l’ilhicité d’une action.
Deux questions principales s’élévent à cette occasion. 4° Est-il permis de faire une action, quand on doute si
elle est défendue? Non, jamais, d’après le principe ex- : posé plus haut qu’il n’est jamais permis d'agir contre sa
conscience. Or, si on doute que l’action soit défendue, on agirait contre sa conscience en la faisant comme
bonne; car on doute qu’elle le soit. Il y aurait impru- …
dence, témérité à s’exposer à un danger reconnu. Ce serait, pour me servir d’une comparaison , prendre Solontairerhent une nourriture qu’ on soupçonnerait empoisonnée ; ce serait une démence.
Un axiome des anciens juristes dit avec Ho
quoique dans une mauvaise latinité : ipsa dubielas est #
cerilitudo quia non licet ; l'état de doute est une certitude qu'il n’est pas permis d'agir. Le principe qui sert de
Le"