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- donc une présomption en faveur de cette opinion. Cette . source extrinsèque de probabilité est admise en effet
. partout, en philosophie, en histoire comme en législa-
. tion. Elle forme dans les lois ce qu’on appelle les anté- . cédents, et en quelque matière que ce soit les autorités
. sont toujours respectables.
Cependant il y a encore un autre élément dont il faut
tenir compte; car s’il s’agit de probabilité morale, c’est- . à-dire de ce qu’il faut faire ou ne pas faire, ce n’est point une spéculation où la conscience ne soit pas engagée - comme en physique, en chimie, et dans les sciences na-
turelles. Dans ces matières. si Poe se trompe en avancant
. à tort que telle opinion est probable, ou plus probable, . l'erreur n’est pas de grande conséquence. Mais dans les . opinions morales la conscience et le salut sont directe- - ment intéressés. Donc, en dehors de la probabilité d’une . opinion, il faut encore en examiner et peser la sûreté,
si elle m'expose, si elle pourrait compromettre mes in-
- térêts à venir, ou s’il n’y a rien à risquer.
Voila donc deux parties, les opinions sûres d’un côté,
- etles opinions moins sûres ou probables de l’autre. Les
. premières sont toujours en faveur de la loi, et plaident
* pour elle; car il y a plus de sécurité à se ranger du . côté de la loi, même quand elle n’est pas certaine. Les * autres favorisent la liberté. Elles s'appuient sur l’in- - certitude de la loi, pour déclarer que la liberté reste - entière, tout ce qui n’est pas défendu par la loi étant permis. Donc, si la loi est incertaine, si Je puis douter - qu’elle existe, ou si elle n’a pas été suffisamment pro- . mulguée, je reste avec ma liberté. C'est ma liberté qui possède ; car elle est certaine, et ne peut être restreinte ou suspendue que per une loi certaine.
RTE .
Toute la question du probabilisme est dans la combi-
naison, le balancement, ou la prédominance de ces deux
éléments, la probabilité et la sûreté des opinions. Pour
aider à le comprendre, nous l'avons réduit à trois ques ï
ions qui nous paraissent renfermer toutes les autres, et « dans lesquelles le probable et le sûr, mis en face l’un de «
l’autre, présentent leurs diverses chances À à la conscience : et à la liberté de l'homme. C’est comme un extrait del beaucoup d'ouvrages qu’il a fallu lire et concentrer. Que le lecteur veuille donc y appliquer toute son attention, « car ici tout mot porte; il n’y a pas une syllabe qui n'ait « sa signification précise, et qui ne puisse amener une
erreur.
Ca
1° Est-il permis de suivre une opinion moins sûre æ.
moins probable en face d’une autre opinion plus sûre et” plus probable : D
Une opinion moins sûre est celle qui m'expose case
tage à mal faire; la plus sûre est celle qui est le plus en”
Ne #4
Fr de la loi et qui sauvegarde le mieux ma respon | +
sabilité; la moins probable est celle qui a le moins de
chance d être conforme à la vérite.