‹ La conscience, ou, La règle des actions humainesChapitre 62 sur 69 · A TT · texte numérisé non relu

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l'intention peut donc dans ces cas rendre Don ou mau- | vais un acte indifférent en soi.

En troisième lieu, une bonne action peut doyen mauvaise, par cela qu’on la dirige à une mauvaise fin: une conversion, par exemple. Rien de mieux que de se tourner vers Dieu, vers la religion, de revenir de l'indifférence ou du désordre à une vie pieuseet réglée, de quitter l'erreur pour la vérité. C’est une bonne action, s’il n’y a pas au fond un intérêt caché. Mais si on abuse de sa position pour capter la bienveillance de certaines personnes, pour obtenir un avancement, une gloire, une fortune, voilà une fin qui corrompt la bonne œuvre, et l'intention dans ce cas vicie l'acte. Voici un jeune homme charitable, et qui visite assidûment une famille pauvre. Il y répand des aumônes et des consolations. C’est très-bien, ou du moins cela paraît ainsi. Mais dans cette famille pauvre, il y a une jeune fille dont la vue l’a touché, et lui a inspiré un sentiment qui n’est plus de la charité. Il y retourne plus souvent, par un motif caché, étranger à sa mission, dont peut-être il ne se rend pas compte, et cédant à un attrait qui ne vient point de Dieu, et qui n’a plus Dieu pour objet, ni le soulagement de la misère, il accordera une aumône plus abondante et témoignera plus de sollicitude. Dans ce cas son mtention secrète gâte la bonne œuvre qu'il était chargé d'accomplir. L'action extérieure reste la même, elle devient même plus fructueuse pour le pauvre; mais changée intérieurement par une fin perverse, elle trahit la cause de la charité qu’elle devrait servir, et elle peut devenir d'autant plus criminelle que, s’accomplissant sous un manteau sacré, elle tourne le bien en mal et fait de la charité l'instrument de la passion.

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