‹ La conscience, ou, La règle des actions humainesChapitre 9 sur 69 · DD. CHAPITRE IL — IDÉE. DE LATE HUMAIN · texte numérisé non relu

DD. CHAPITRE IL — IDÉE. DE LATE HUMAIN

divin qui les remplit d'enthousiasme et ravit notre ad. miration. TN 4 0ù it par là cotubien des actes extérieurement | semblables peuvent différer moralement entre eux. Le meurtre est toujours un meurtre, à ne l’envisager que … par le dehors. Mais considéré dans ses rapports avec l'ordre moral, il est héroïque sur le champ de bataille pour défendre ou sauver la patrie ; légitime sur l’échafaud pour maintenir l’ordre social ; bo eltes s'ilest le produit du crime, bien qu’extérieurement il ressem- … ble, par le sang versé et les horreurs de la mort, aux exécutions de la justice, du devoir et de l’héroïsme.

Distinction des actes humains. — Actes spontanés, actes commandés, — intérieurs et extérieurs. — Actes propres, actes médiats et les causes

- qui y concourent, positives et négatives. — Actes bons el mauvais. — Formation de l'acte humain par le concours de la volonté et de la raison. — Ce qu'est la volonté dans l'homme et comment elle se manifeste, — Distinction de la volonté, de la pensée et de la sensibilité.

Après avoir séparé les actes humains proprement dits, produits de la conscience et de la liberté, des actes de l’homme, effets spontanés de l’instinct et de l’organisation, il nous reste à distinguer les actes humains entre eux. Ces distinctions qui pourront au premier abord paraître subtiles à nos lecteurs sont des prolégomènes indispensables à l'intelligence de la théologie morale. Ils nous seront plus tard d’un grand secours pour apprécier la portée et la valeur morale des actions humaines. Nous les exposerons rapidement.

On distingue d’abord les actes humains en immédiats et médiats, selon que la volonté les produit directement, de son propre fonds, par sa seule énergie ou par des intermédiaires. Cette distinction est fondée en nature. En effet la volonté, source unique des actes humains, peut manifester son activité à divers degrés. Elle peut poser des actes qui n'émanent que d'elle, de sa propre vertu , de sa puissance interne. Ainsi, je veux, je ne veux pas, j'aime, je hais; ce sont là des actes exclusivement propres à la volonté, des actes immédiats

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de ‘alone on les appelle dans l’école, : Hotus Po 4 Mais la volonté n'agit pas seule, elle est encore le chef 4

des autres facultés, don aucune de peut entrer en exer- 4

cice sans son influence et son concours. Quand done la volonté met les autres facultés en mouvement et les pousse à agir, on appelle ces actes médiats, parce que, tout en dérivant de la volonté, ils n’en sortent que par l'intermédiaire des autres facultés. Ces actes s ‘appellent dans l’école : Actus imperat1.

Une autre division importante est celle des actes in- -

térieurs et des actes extérieurs. Les premiers ont pour théâtre la conscience où ils naissent et se consomment sans se manifester au dehors. Il y a souvent en nous

des actes réels de volonté, qui sont de vrais actes hu-

mains, quoiqu'ils ne se traduisent pas en actions extérieures : nous voulons, nous désirons, quelquefois trèsardemment, exécuter un dessein, commettre une faute ou un crime, sans qu'il en paraisse rien au dehors.

L'acte reste tout à fait intérieur, le mouvement, le dé-.

sir, la tendance de la volonté, la résolution qu’elle prend, tous ces faits ne sortent pas de la sphère de la conscience, pas plus que l'exercice des facultés employées par la volonté à chercher et à combiner les moyens de se satisfaire et de parvenir à son but. Il y a là tout un monde en mouvement, un monde de passions, de pensées, mais un monde souterrain , où la lu= mière extérieure ne pénètre pas ; et tant que notre acti- vité reste ainsi enfermée dans son for intérieur, tant

quelle ne laisse rien paraître au dehors, les hommes

n’ont rien à y voir, et ne peuvent ni la saisir ni l'ap- PEUR:

C’est pourquoi la loi humaine ne Juge pas des actes

tinérieurs, Dans certains cas, la loi ecclésiastique n’en

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ue | DISTINCTION. DES ACTES HUMANS. 55 juge pas non plus, et lé saint tribunal ressemble en cela au tribunal humain. On n'y connait que de ce qui est * manifesté, dévoilé, avoué. S'il fallait juger des choses ‘intérieures, le confesseur deviendrait responsable de ce qu’ on ne lui dirait pas, tandis qu'ilne juge que de ce qu’on lui dit, ce qui limite sa responsabilité. C’est un axiome que l'Église ne juge pas des choses intérieures : De internis non judicat Ecclesia.

Mais cela ne veut pas dire qu’au tribunal de la con- à 55 il n'y ait point d'obligation de révéler au juge . les fautes purement internes. Cela ne veut pas dire non plus que le confesseur, en homme prudent et sagace, ne puisse et ne doive à prapos d’un aveu pénétrer plus - avant, et ainsi .par une direction bien entendue, sondant les cœurs pour faire sortir ce qu'on voudrait cacher, les délivrer presque malgré eux du mal quiles obsède, du démon muet qui les opprime. C’est un * grand bonheur pour le coupable, si le juge de sa con- - science parvient à lui faire dire et jeter dehors tout ce qu'il sait, et même ce qu’il ne sait pas; car souvent . nous ignorons nos propres fautes, et les consciences - peuvent s'endormir ou s’endurcir jusqu'à n'avoir plus - le sentiment du mal commis, jusqu’à en perdre le sou- » venir ou le remords. Mais, en définitive, le confesseur - na à juger que ce qu’on lui dit, et il n’est pas respon- - sable des suites du mal qu’on n’avoue pas ou qu'on lui cache.

Quand Pacte se pose au dehors, quand il commence

à se réaliser par des paroles ou des actions, alors 1l de- . vient saisissable, et s'il est coupable, il tombe sous le eoup de la loi humaine. Jusque- -là, elle ne peut rien percevoir ni saisir. S’ensuit-il qu’on ne soit pas coupa- . ble? Non sans doute. On peut être criminel sans le pa-

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raître aux yeux du monde, sans lui fournir même le prétexte d'accuser ; et l'Évangile, qui a donné à la con-

science la lelation la plus délicate et la plus sûre,

nous apprend que la pensée même du mal, quand elle |

est consentie, est déjà une faute, et qu’on peut être très-

coupable dans son cœur sans avoir rien fait qui tombe

sous la vindicte des lois humaines. Celui qui désire la femme de son prochain est déjà adultère, et on n'est pas coupable seulement pour prendre le bien d'autrui, mais même pour le convoiter.

De cette importance des actes intérieurs la morale chrétienne déduit la nécessité d’une vigilance continue

sur ce qui se passe en nous. Elle nous recommande

de veiller soigneusement sur nos sens, notre imagina-

tion,. notre esprit, notre volonté, notre cœur, pour ne pas nous laisser entraîner par les tentations, par des

images séduisantes, de perfides insinuations, des pen-

sées mauvaises, des suggestions funestes, en un mot par ces mille moyens dont le mal dispose, afin de nous gagner et de nous subjuguer. De là aussi lutilité de

l’ascétique chrétienne qui tend à nous rendre plus » purs, non point par l’extérieur comme les pharisiens qui. croyaient laver l'âme par les ablutions du corps, mais.

dans l’intérieur, au fond même du cœur, dans le plus

intime de la Volonté. Prévenir le mal par des précau-.

tions qui l’empêchent de naître vaut mieux que de le

guérir; car le mal même vaincu laisse de tristes vestiges, et les remèdes les plus efficaces ont leurs i inconvé- | ments. Sans cette vigilance sur soi-même, sans cette. garde continuelle des sens, de l’esprit et du. cœur, l’âme

reste comme une vigne ouverte aux passants qui la foulent aux pieds, ou comme un champ qui reçoit conti-

nuellement de l’'ivraie au milieu du bon grain qui y a été

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