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CHAPITRE III

Les lésions de l'ovaire dans les inflammations des annexes de l'utérus

Dans les inflammations des annexes, la trompe et l'ovaire, sont en général tous deux lésés, mais à des degrés très variables, et il n’est pas rare de rencontrer un énorme pyosalpinx flanqué d’un ovaire à peine œdémateux et quelque peu kystique, ou encore un ovaire en dégénérescence kystique complète ou même abcédé, accroché à une trompe légèrement enflammée et encore perméable. Mais dans la majorité des cas c’est la trompe qui est la plus profondément atteinte, alors que l’ovaire a participé pour très peu au processus inflammatoire. Ces lésions de l'ovaire associées aux dégâts sur les trompes sont connues depuis longtemps et ont été bien décrites dans les études de DaL- CHÉ (1886), CorNiz et TERRILLON (1887), P. PEriT (1888) et SLAvIANSKI (1891). On sait en effet que les salpingo-

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ovarites sont plus souvent bilatérales qu'unilatérales avec toujours une prédominance d’un côté. D’autre part, si l'opinion classique depuis LAWSON-TAIT de l’atteinte plus grave des trompes que des ovaires est vraie dans la majorité des cas, il n’est pas douteux qu’au cours de laparotomies on puisse rencontrer les ovaires presque exclusivement malades. Ceci peut être rattaché à certains facteurs étiologiques. Nous ne rappellerons pas en détail les nombreuses connexions vasculaires et lymphatiques bien étudiées par Lucas- CHAMPIONNIÈRE.

Toutes ces liaisons anatomiques peuvent être la voie d’apport de l’agent microbien et expliquer par là la prépondérance ordinaire de la lésion inflammatoire sur tel ou tel organe, suivant l’agent infectieux en cause.

Lorsque le gonocoque est en cause, après la poussée inflammatoire du début, les trompes restent le siège important des lésions. La cavité tubaire, prolongement de la cavité utérine, s’infecte de proche en proche par l’extension des lésions de muqueuse à muqueuse. L’ovaire au contact du pavillon tubaire réagit au processus inflammatoire mais superficiellement, il s’agit plus de périoophorite que d’ovarite vraie.

D’après CoRNIL et TERRILLON, cette ovarite corticale pourrait exister seule, mais il semble souvent fréquent, comme l’avait montré LAWSON-TAIT, de trouver des lésions à une certaine distance de la capsule, amenant une nette augmentation de volume de l’ovaire.

Par contre souvent, dans les infections d’origine

puerpérale, les lésions prédominent sur les ovaires.

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Alors que les trompes souvent en situation haute présentent des reliquats de l4 poussée aiguë du début, très intense mais passagère et s’éteignant comme un feu de paille, les ovaires restent plus altérés. Peut-être faut-il faire jouer là un rôle à l’action antitoxique de læ glande qui y localiserait l’infection. Ce sont dans ces formes que l’on trouve les lésions suppuratives de Povaire.

Dans la bacillose, les désordres peuvent être diffus, lésant les ovaires isolément, beaucoup plus souvent infiltrant les trompes. Mais souvent tous les organes pelviens réagissent à cette infection chronique, lente, mais progressivement envahissante.

Parmi les innombrables manières dont linfection peut frapper les annexes, il n’est aucune classification possible des lésions. Les classifications les plus diverces, les nomenclatures les plus disparates, ont été proposées et les études de DALCHÈ, ORTHMANN, CORNIL et TERRILLON, LANDAU, MONTPROFIT, DELBET, se basant tantôt sur l’agent infectieux, tantôt sur la voie de propagation, tantôt sur les lésions histologiques, ont toutes les défauts de ne pas répondre suffisamment à la clinique. Parmi les innombrables causes, tant locales, c’est-à-dire vagino-utérines, que générales, il existe avant tout en pratique trois grandes variétés étiologiques de salpingo-ovarites. La salpingite gonococcique, puerpérale, tuberculeuse et à côté une foule d’autres dont la fréquence est très loin derrière.

Mais au point de vue opératoire on peut distinguer des formes bénignes et des formes graves.

Formes bénignes parce que les lésions sont mini-

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mes, facilement curables, parce que les lésions prédominent surtout d’un côté et permettent ainsi de sauvegarder au maximum l’autre, forme bénigne encore parce que le processus inflammatoire de voisinage n’a amené que des adhérences légères et superficiel-

les.

a) FORMES BÉNIGNES

Ce sont les cas de salpingite sans suppuration, catarrhale, nodulaire, interstitielle, oblitérante ou perméable. Ce sont les cas de petite annexite, avec d’un côté distension de la trompe causée par un hydro ou un pyosalpinx, salpingite résiduelle de l’autre. Les adhérences sont souvent minimes, lâches, simple réaction péritonéale adhésive, non infiltrante, fixant les trompes derrière l’utérus, les réunissant par quelques tractus fragiles aux parois pelviennes, à VS iliaque, au rectum.

Les altérations Kkystiques des ovaires sont extrémement fréquentes dans ces cas et déjà CoRNIL et TERRILLON avaient signalé que presque dans tous les cas de castration pour salpingo-ovarite, on trouvait sur l’ovaire des formations kystiques.

L'ovaire est farci de kystes peu volumineux, quelquefois très nombreux, renfermant un liquide transparent mais n’acquérant jamais de très grandes dimensions. Souvent on trouve ces formations kystiques à la surface et dans la profondeur un processus de sclérose plus ou moins prononcé.

Parfois l'ovaire est irrégulièrement bosselé de gros-

ses vésicules claires ou hématiques, dont le volume peut atteindre une noix, une mandarine, réalisant alors l’aspect classique du gros ovaire poly-kystique, la « maladie kystique » de l'ovaire, comme l’appelle Pozzi.

Tantôt l'ovaire présente un aspect œdémateux. La périphérie est recouverte d’adhérences molles plus ou moins épaisses. Sa surface est bosselée, mais sans sillons profonds. Sa consistance est molle, pâteuse et, à la coupe, on voit s’écouler une petite quantité de sérosité. Sur cet ovaire font saillie parfois de petits nodules dépassant rarement le volume d’une noisette, à contenu clair au jaune brunâtre, mais ces formations kystiques sont par contre très peu nombreuses au milieu du parenchyme ovarien.

Ce sont ces formes légères de salpingo-ovarites pour lesquelles, en l’absence d’une étiologie nette, gonocoque, streptocoque, lésion utérine (adéno-myo- ‘me des cornes), on a beaucoup discuté sur leur cause réelle, et si inflammation comme l’avait reconnu depuis longtemps Boursier, BouiLzy, MARTIN, doit être incriminée le plus souvent, la congestion pure semble insuffisante pour produire de telles lésions malgré l'étude clinique et expérimentale de ROULLAND sur les annexites non infectieuses et les travaux de RICHELOT, DozERris, P. PETIT et CONZETTE.

A un degré plus avancé mais toujours localisé le processus inflammatoire peut atteindre plus gravement l'ovaire et donner alors une véritable suppuration, ce sont les ovarites suppurées. Tantôt il s’agit d’un abcès localisé unique bien limité par une coque

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