‹ La Conservation Parcellaire de l'OvaireChapitre 9 sur 67 · EM · texte numérisé non relu

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a) THÉORIE MÉCANIQUE RÉFLEXE

Emise par Poucuer, en 1842, elle fut reprise comme sienne par PFLüGER en 1863, puis défendue par LaACAS- SAGNE (Th. Lyon, 1913). Le développement du follicule entrainerait mécaniquement une excitation des centres nerveux par l'intermédiaire des nerfs de l'ovaire, et. produirait par action réflexe une congestion génitale.

Cette théorie présente de grosses objections, il y a en effet des ovulations sans hémorragie menstruelle, par exemple des femmes qui ne sont pas réglées pendant l'allaitement peuvent être fécondées.

HALBAN, en 1901, a sectionné tous les nerfs de l’ovaire sans amener d’arrêt de règles.

Enfin on sait, et Mme Clotilde MuLON dans sa thèse (Paris 1917), a montré la variabilité extrême entre l'ovulation et la menstruation. La pratique des greffes ovariennes a montré enfin en l’absence de tout autre ovaire que les règles se rétablissaient et duraient tant que vivait le greffon.

Pour LOWENTHAL ce réflexe, s’il existe, serait dû à l’arrivée de l’œuf sur la muqueuse utérine.

b) RÔLE DU CORPS JAUNE

PRENANT, en 1898, FRAENKEL, en 1901, ANCEL et BouIN, VILLEMIN (Th. Lyon, 1908), recherchent la synergie fonctionnelle entre l’état de nutrition de l’utérus et la phase d'évolution du corps jaune. Celui-ci constituant une véritable glande qui se régénère pério-

diquement.

Mais RecauD et DuBreuiL, en 1909, étudiant ce phénomène chez la lapine, LACASSAGNE détruisant les éléments constitutifs de l’ovaire par les rayons X, SCHIKELÉ, en 1921, puis HENRY, 1923 (Th. Montpellier), montrent que la théorie de FRAENKEL ne se trouve réalisée que très rarement. « Il est certain », conclut SCHIKELÉ, qu'à la veille de la menstruation, derniers 8 jours, l’ovaire héberge souvent un corps jaune. Ce corps jaune ne se trouve pas toujours à la même phase d'évolution. Il est certain que l’on peut rencontrer un corps jaune en période d’état au cours de la semaine qui suit la fin des époques.

Il est certain aussi que la menstruation peut se produire en l’absence de corps jaune. |

Les recherches de CHAUFFARD, GUY LAROCHE, GRE- GANT sur l’hypercholestérinémie prémenstruelle rendent vraisemblable l'existence de cette activité sécrétoire du corps jaune.

Restait encore l’action possible de la glande inter-

stitielle.

c) RÔLE DE LA GLANDE INTERSTITIELLE

Mme DE JONG (Th. Paris), ROUVILLE et SAPPEY, en 1922, concluent que la sécrétion de la thèque interne commande l’hémorragie menstruelle.

Mais SCHIKELÉ réfute encore cette hypothèse. !

A la suite de 56 laparotomies avant, pendant et après les règles, aucun rapport ne peut être établi entre le volume de la glande thécale et le nombre de ses éléments et leur fonction. Rien n’est plus va-

riable pendant la vie génitale extra-gravidique que la glande thécale, rien ne permet de lui reconnaître des rapports avec la menstruation normale ou anormale. MOULONGUET, DoLEriIs (Th. Paris, 1913), précisent l'existence du tissu interstitiel, mais concluent que la sécrétion interne de lovaire semble n'avoir aucun effet sur l’hémorragie menstruelle.

Certes, ce ne sont pas là toutes Les théories sur le rôle de l’ovaire dans la menstruation, de nombreuses autres hypothèses ont été émises, mais il paraît actuellement impossible de dire à quelle partie de l'ovaire il faut attribuer la mise en jeu de la menstruation. Il s’agit vraiment d’une sécrétion interne pour laquelle toutes les parties composantes de la glande agissent simultanément plutôt qu’à l'exclusion les unes des autres.

La menstruation ajoute-t-elle dans l'équilibre organique de la femme quelque chose de plus à la sécrétion interne de l'ovaire? Oui, certes, et de nombreux faits expérimentaux, cliniques le prouvent. L’écoulement menstruel paraît être un véritable émonctoire indispensable à la désintoxication périodique de l’organisme et parmi les troubles de la ménopause chirurgicale, un grand nombre peut être rattaché à la suppression de la menstruation. C’est un point sur lequel TUFFIER a justement insisté depuis longtemps. « Quand nous pratiquons, disait-il, en 1910, l’ablation de l'utérus en laissant les ovaires en place, des accidents ultérieurs en tout semblables à ceux de la suppression des ovaires se manifestent avec la même in-

tensité et le même rythme. Ces accidents sont donc

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dus à une autre cause que l’ablation des ovaires. Il est facile de démontrer que la suppression des règles est la cause univoque des accidents. Si après une de nos opérations qui suppriment la menstruation et provoquent des accidents consécutifs, la menstruation se rétablit, dès que les premières gouttes de sang ont été évacuées tous les accidents s’évanouissent. TUFFIER cite à ce propos l’observation typique de sa malade de 26 ans à qui il avait fait une greffe ovarienne après castration bilatérale, et qui pendant 5 mois n’a pas de règles et présente des troubles de la ménopause. Au bout de ce temps, le flux menstruel réapparaît et avec lui tous les troubles cessent.

L’explication de ce phénomène est encore dans le domaine des hypothèses. Il peut s’agir aussi bien d’une dépendance physiologique entre l’endomètre et l’ovaire, comme le veulent GRAVES, ZWEIFEL et ABEL, ou bien d’une sécrétion interne antagoniste entre l’endomètre et l’ovaire, comme l’admettent FELLNER ea FEpororr. L'’utérus a peut-être bien lui-même une sécrétion interne pouvant fonctionner synergiquement ou indépendamment de celle de l'ovaire, en tout cas aussi importante que celle de la glande ovarique seule. C’est d’ailleurs l'opinion de M. le Professeur ViLLARD et, pour lui, on a avec la conservation de l'utérus seul le minimum de troubles de la ménopause chirurgicale et cette conservation est supérieure à celle de l'ovaire seul. |

Donc, au point de vue physiologique, la conservation de la glande ovarique seule paraît inutile et sans

aucun intérêt.

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