SCÈNE VIII
SAVENAYS, DUBREUIL.
SAVEXAYS.
Dubreuil I
DUBREUIL
Lui-même I Vous partez?
SAVENAÏS.
Oui, j'allais...
DUBRF.UIL.
Quand j'arrive 1 Fi! — Je suis un ballon! une locomotive! J'ai dévoré l'espace et brùlé le chemin!... Je vous raconterai tous mes exploits demain.
— Je n'ai pris que le temps de faire ma toilette; De les surprendre tous je me fais une fèfe. Quelle affaire! Superbe! admirable, ma foi!
Vous avez, mon cher comte, eu plus d'esprit que moi.
— Quand je suis arrivé, tout était prêt d'avance; Ces messieurs m'ont forcé d'accepter la gérance; Vous êtes du conseil d'administration.
SAVENAYS.
Moi!
OVBBEUIL.
Nous y gagnerons chacun un million;' Peut-être deux I
116 LA CONSIDÉUATION.
SAVENAYS.
Pardon... mais je no puis admettre...
Dans tout cela mon nom no devait pas paraître. Vous le savez... J'y liens!
DUBREIIL.
Ici, bon!.,, mais Ik-basl...
J'ai fait comme pour moi; no vous en plaignez pas. L'afTaire, au fond, pour eux ne sera pas mauvaise; Elle réussira, je crois... J'en suis bien aise. Nos nouveaux amis m'ont royalement traité; On vante a\'ecTaison leur hospitalité!
J'ai vu bien des banquets, bien des repas de noce, Véry n'est rien auprès des Provençaux d'Ecosse! J'ai, depuis mon départ jusques à mon retour, Dîné, lunché, soupe, quatre ou cinq fois par jour. Hier, on a fini par un dîner féerique! Après mille hurras d'un goût très-britannique, J'ai vu l'heure où, forcé de répondre, j'allais Soutenir assez mal l'honneur du nom français. Assis au beau milieu de cette grande table, Devant ce que l'Écosso a de plus respectable, Devant ces gentlemen qui, trinquant de bon cœur, Ne songeaient plus à rien qu'à boire en mon honneur; Sur ce nouveau terrain, plus délicat peut-ôtre, D'un certain embarras je n'ai pas été maître. Tous vos raisonnements qui me»semblaient parfaits, Lorsqu'avant mon départ vous me les aviez faits... Là-bas, quand la fumée avait tourné les tètes. Me paraissaient moins bons et presque moins honnêtes. C'est absurde!... Ma peur n'a pas longtemps duré; Au moment oiî j'étais le plus mal Inspiré,