ACTE IV
Une voix tout à coup m'a crié, là : « Prends garde! « Ne bronche pas, Dubreuil, Savenays te regarde! » Je n'aurais piis été jusqu'au bout sans cela; Je ne puis plus parler quand vous n'êtes pas là ! J'avais mal commencé, je finis à merveille.
— Vous n'avez jamais vu d'ovation jwreiile : La table vainement nous sépare... ils sont fous! Ceux-ci montent dessus, ceux-là tombent dessous ;
On m'entoure I on m'emporte ! on m'embrasse ! on m'admire! Minuit sonne... L'express m'appelle... Sans rien dire, Je sors... je cours... je pars... et leur échappe enfin ! Cinq minutes de plus, j'étais mort... pas de faim!
— A midi, ce matin, nous étions à Boulogne... Ce soir au bal... Voilà de la fière besogne!
— Quant à mon noble ami, — comme on dit en anglais, S'il est content de moi, j'ai ce que je voulais.
— Eh bien?
SAVEXAVS.
Eh bien! je crois...
DUBREUIL
Vous m'approuvez?
8AVENATS.
Sans doute.
!Mais...
DU'BREUIL
J'ai philosophé tout le long de la roule, Et je suis enchanté, quand je reviens ici. De vous y trtjuver s(!ul, |K)ur vous dire : Merci!
— Tout l'univers saura, si je suis quelque chose. Que, seul, de mon bonheur, Savenays fut la cause;
Au but de nos désirs arrivés tous les deux , Reposons-nous, le jour est venu d'être heureux. On ne peut au travail perdre sa vie entière ; Celle affaire d'Ecosse est pour moi la dernière; Je n'en fais plus!— r Voilà mon fils bien marié! Je suis posé, je suis aimé, même envié! Je veux jouir de tout, simplement, en famille; Ah ! mon bon Savenays, si j'avais une fille !
Hein?
DUBREUIL
Sans vous j'en serais encore. Dieu sjiit où !
SAVENAYS.
Adieu !
DUBREUIL
Qu'avez-vous donc ?
SAVENAYS.
J'ai... que vous êtes fou!
DUBREUIL
Comment ?
SAVENAYS.
Je vous écoute et vous trouve subMme ! Vous vous dites : j'ai tout, j'ai l'argent, j'ai l'estime! Du duc de Méricourt vous vous croyez l'égal ! Vous allez fièrement vous montrer dans le bal !
DUBREUIL
Sans doute.
• SAVENAYS.
Adieu! Je crains qu'on ne nous voie ensemble.
DUBREUIL
Vous craignez!.,.