Pensées diverses, δ cvi
2. « Il est très-vrai que, dans le imée, le δημιουργὸς produit l’âme du monde; il est très-vrai que ce monde ainsi animé est appelé un Dieu, οὗτος δὲ πᾶς ὄντος ἀεὶ λογισμὸς θεοῦ περὶ τόν ποτε ἐσό--
svov θεόν: mais cette âme n’est pas l’âme de Dieu, parce que, dans le système de Platon, le monde est en dehors de Dieu; parce que, dans cette âme du monde, Dieu place une intelligence ; parce qu'enfin cette qualification de Dieu que Platon donne au monde, il la donne également aux idées, aux astres, aux dieux de la mythologie, et quelquefois mème à l’homme. » (J. Simox, Histoire de l'école d Alexandrie.)
L INTRODUCTION
prudence, et de persévérer dans leur vol jusqu'au moment où, leurs ailes ne battant plus que le vide, l'audace de leur essor devait être punie par la profondeur de leur chute.
La psychologie de Boëèce, on le pense bien, n’est que le résumé fidèle des doctrines de l’ancienne et de Ja nouvelle Académie. Selon lui, les idées existent indépendamment des 6bjets qu’elles représentent !, ou même, à proprement parler, elles ne représentent aucun objet, et ne sont que l’expression de nos facultés en exercice. Ces facultés sont au nombré de quatre : la sensation, l’imagination, la raison et l'intelligence*. La sensation, comme son nom l'indique, produit les idées sensibles ; certains animaux, ceux entre autres qui sont dépourvus d'instruments de locomotion, comme les coquillages, qui vivent et meurent attachés au même rocher, n'ont d’autres moyens de connaître que la sensation. Élevée d’un degré au-dessus de la sensation, l'imagination produit spontanément les idées purement intellectuelles, et cette faculté fonctionne, concurremment avec la première, chez la plupart des animaux. La raison s'exerce sur les idées particulières produites, tant par la sensation que par l'imagination; elle les rapproche, les compare, saisit leurs rapports, et s'élève par l’abstraction à la con-