‹ La consolation philiosophique de Boèce;Chapitre 26 sur 60 · Consol., pp. 295 et · texte numérisé non relu

Consol., pp. 295 et

LII INTRODUCTION

dans l’entendement des êtres mortels ne sont pas des notions nouvelles, mais bien des notions préexistantes; longtemps assoupies, elles s’éveillent sous l’action stimulante des facultés. On le voit, c’est la doctrine de la réminiscence, que Platon avait empruntée à Pythagore, et qui, en dernière analyse, ἃ donné naissance au mysticisme de l’école d’Alexandrie.

On a dit avec raison que le panthéisme était impuissant à fonder une morale. Toute loi, en effet, suppose un législateur; or, comment attribuer ce rôle souverain à un Dieu dépourvu d'initiative et d’indépendance? 1] faut suivre Boèce pas à pas dans la marche habile et presque insidieuse de sa dialectique pour comprendre comment la moindre déviation, si imperceptible qu'elle soit au premier coup d'œil, peut fausser tout un système et conduire aux conséquences les plus inattendues. C’est par une déviation de ce genre que Boëce parvient à établir un lien, assez fragile, ilest vrai, entre l'homme et le Dieu qu'il nous a montré. L'idée de Dieu, selon lui, est adéquate à celle du souverain bien ‘, et c’est sur l'identité absolue de ces deux substances, car tel est le nom qu'il donne au souverain bien comme à Dieu, qu'est fondé tout son système de morale. L'homme, en effet, par une loi impérieuse de sa nature, aspire toujours au souverain bien; mais par quelle route arrivera-t-il à cet objet de tous ses désirs? Le problème n'en est

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