‹ La consolation philiosophique de Boèce;Chapitre 28 sur 60 · Consol., p. 283, sq · texte numérisé non relu

Consol., p. 283, sq

2. Pierre Pomponat, qui professa la philosophie avec tant d’eclat à Padoue et à Bologne au commencement du seizième siècle, près avoir composé sur le libre arbitre et la prescience divine

INTRODUCTION. LV

Boece, du moins, eut le mérite de la mettre sous un jour tout nouveau. Son système, il est vrai, repose sur une théorie de l'éternité qui déjà avait été exposée par Platon’, et développée par l’école d’Alexandrie; mais avant Boëce, personne, que nous sachions, n'avait cherché dans cette conception métaphysique un moyen de conciliation entre le dogme de la liberté de l’homme et celui de la prescience de Dieu*. Cette partie du traité de /a Consolation est, sans contredit, la plus originale et la mieux réussie du livre. Selon Boëce, sices deux dogmes, qui paraissent également vrais lorsqu’on les considère isolément, semblent s’exclure quand on les rapproche l’un de l’autre”, c'est que l’on ne tient pas compte de la différence radicale qui sépare le mode d'existence de l’homme du mode d'existence de Dieu. Dieu vit dans l'éternité; l’homme vit dans le temps; or, entre l’idée

un Jong traité dans lequel il discute les opinions de tous les philosophes et de tous les théologiens à cet égard, convenait que ce problème n’avait pas encore recu de solution satisfaisante. Qui pourrait dire qu’il est aujourd’hui résolu ?

« In materia de Fato et Libero Arbitrio numeratæ sunt sex opiniones, et nulla harum est sine ratione et sine difficultatibus et angustiis. Si namque quis attente consideraverit, et sola ratione moveatur, nulla est quæ ex toto satisfaciat. » (De Fato, Lib. Arbitr. et Prov. Dei, Epilog.)

2. Selon quelques commentateurs, Boèce aurait emprunte sa théorie au traité du Libre Arbitre de saint Augustin. C’est une erreur, l'argumentation de saint Augustin ne ressemble en rien à celle de notre auteur.

Page 1