‹ La consolation philiosophique de Boèce;Chapitre 3 sur 60 · Iéna, 1843, in · texte numérisé non relu

Iéna, 1843, in

INTRODUCTION. y

réfute un peu sommairement peut-être quelques erreurs trop facilement accueillies par les biographes; mais sa méthode nous a servi de guide, et nous a mis sur la trace de quelques faits inaperçus jusqu'à présent, et dont nous avons trouvé la confirmation dans plusieurs auteurs contemporains de Boëce.

Ce que notre travail peut contenir de nouveau est donc moins à nous qu'à l'habile professeur d’Iéna ; nous devions faire cette déclaration avant d'entrer en matiere.

Anicius Manlius Severinus Boethius, ou Boetius!, appartenait à l’illustre maison des Anicius, dont Claudien a dit :

Quemcumque requiris Hac de stirpe virum, certum est de consule nasci?.

Son aïeul, en effet, et son père avaient exercé le consulat, comme il devait l’exercer lui-même, ainsi que ses deux fils.

On ne s'accorde pas sur la date de sa naissance ; cependant, à en juger sur un passage d'Ennodius,

4. Βοέτιος; selon Procope. Quelques éditeurs ajoutent à ses prénoms celui de Torquatus, mais sans autorité, et probablement par attraction, à cause de Manlius.

ὦ, « Est-il question d’un membre de cette famille, tenez pour certain qu’il est né d’un consul. » (Sur le consulat de Probinus et d'Olrybrius.)

γι INTRODUCTION.

son contemporain et son ami, il n’a pu naître antérieurement à 470, ni postérieurement à 475’. Tout ce que l’on sait de sa première jeunesse, c’est qu'aprés avoir perdu son père de bonne heure, il eut pour tuteur un des plus illustres patriciens de Rome, et qu’à peine adolescent, il se distingua par son savoir dans toutes les branches des connaissances humaines. 1] possédait à fond les mathématiques, la mécanique, l'astronomie et la musique; il n'avait pas de rival parmi les orateurs de son temps; mais c’est la philosophie surtout qui a fait et perpétué sa gloire *.

Un si éclatant mérite ne pouvait échapper à l’attention de Théodoric, qui avait recueilli en 493, après l'avoir violemment ouverte, la succession de l’Hérule Odoaere. La domination des Barbares était encore mal assise en Italie; les Romains avaient toujours les yeux fixés sur Constantinople; il fallait les habituer à tourner leurs espérances vers Ravenne. Aussi, dans

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