‹ La conspiration de Cellamare; épisode de la RégenceChapitre 81 sur 121 · C^À?ITA · texte numérisé non relu

C^À?ITA

personnes de sa maison. Malés^ieux était à Sceaux;* on trouva wus §on écritoire Fopîginal de la lettre du roi d'Espagne au roi de France. Il fut mené à la Bastille avec son fils y Ueutenanf>*général d'artillerie. On y nenfern^ également Davizard,. Tarocat:

géi^ral de Toulouse; Barjeton qui , comme lui 9 avait travaillé aux mémoires, sur les princes légitimées f mademoiselle de Montanh^n y Elle d'honneur de la duchesse du

Mainç ^ dont la, correspondance se composait de billets doux du maréchal de YiUars ; le marquis de Boisdavy, ce gentilhomme du PoitQu , qui avait écrit au duc du Maine pour l'assurer desondévouemenl:(i); l'ahhé

(1) Lorsque Le BI^MMî, qj^ fmt^f^^^A, l^A dit:

Le Camus, la comtesse de Chavigny, et jusqu'à d'Avranches , qui tous trois avaient joué un rôle dans la comédie du prince de Listhnay.

Le prince de Dombes et le comte d*Eu^ son frère, fils du duc du Maine, furent exilés au château d*Eu ; le cardinal de Polignac fut envoyé, sous la garde d'un oÉficier, à son abbaye d'Anchin en Flandre.

Ce n'est pas sans dessein que je n'ai point parlé de mademoiselle Delaunay ; j*ai voulu lui laisser raconter à elle-même son arresta* tion :

<t Comment vous étes-voiis déToaé aux intérêts du duc du Maine , au préjudice du régent? — Comme on s'adfectionne y répondit-il y sans savoir pourquoi^ à an joaeur plutôt qu'à un autre. »^

GHAPITIIS X. 199

« Je commençais à m'assoupir, dit-elle^ « quand j'entendis ouvrir ma porte , où je « laissais la def. Je crus que madame la « duchesse du Maine me renvovàit cher* « cher. Je dis à moitié éveillée : Qui est-ce? « une voix inconnue me répondit : C*est de « la part du roi! On me dit de me lever f « j*obéis sans répUque. C'était le 29 décem* « bre, le jour ne paraissait pas encore. Les a gens qui étaient entrés dans ma chambre, « y étaient venus sans lumière ; ils en allé» « rent chercher , et je vis un officier des « gardes et deux mousquetaires. L'offîcier «c me lut un ordre qu'il avait de me garder « à vue. Ainsi raifermée y. j'étais dans une <i horrible inquiétude de ce qui se passait « chez madam!e la duchesse du Maine, et

aO(l LA BA.STILLX:.

a je ne savais pas ce qu'on voulait faire de a moi. L'aprèsnlîner , deux maîtres des « requêtes vinrent pnendré mes papi/^s; je « leur dis qu'ils y trouveraient quelques <{ lettres galantes ^ mais qu'il était hon de «c lei^ avertir qu'dles étaient d'un homme (c dequatn^^ingtsansy quoique écrites d'une ff main éooliène^ parce qu'il était aveugle ; <E c'était l'abbé dé Chsifulieu^ et le ^ectéttàte^ if son petit laquais qui tié savait mot d'or- «thograpbe.

>< Utië hiôut^ ou deux après, un officier « des mousquetaires vint -me dire que je a me disposasse à partir, et me laissa seule « avec la J>âuvre Rôndel, rtia femihe de « chambre. La cassette pleine de mes pa- « piérs , qui iti 'était restée , ittlhquiétait et

« j'eus ^imp^ud^|K;e çje Jui -dire 4$ I^ JQtar

« au feu; je lui donnai la clef* £Ue n'eut le « loisir de me faire aucune objeptiop, c|^r «on vint aussitôt me prendre et l'on me « mit dans un carrosse av^ trois mc^sque-, a taires. Il était sept heures du spir» Je me «dQu];ai alors qu0 là route ne serait pas « longue ^t qu'on m^ xu^o^t à la Bas^ille^ « j'y arrivai en e£Eet; ^ après ftv<^r travfrfié ttpUisîeui^ porter où Yon ettt^xidait deft «bruits de chaînes , je me trouvai dans «c une grande ^mi^hF^ o4 il »'y aYftit quB « les quatre murailles, toutes cbarboni»é<M OC par ifi ,désœuvr<Qm6nt de mie^ prédécfn^ « ^eurs» »

Oui ^ les murs étaient sombres , et plu$ d'im infortuné y avait inscrit ^ comme une

aoa Là &A.STILLE.

consolation y ou comme un adieu ^ la pen«sée qu'il aimait le plus , ou le nom le plus cher à son souvenir; les' cachots étaient profonds y et plus d'une victime du pouvoir arbitraire y était descendue sans jamais revoir la lumière ; mais le prisme de la régence colorait tout d'une teinte riante et légère; et ce monument de terreur et de larmes, la Bastille devint elle-même y à cette époque y l'asile du plaisir et delà galanterie. Qui ne se rappelle la passion du chevalier de Mesnil pour mademoiselle Delaunay, et la correspondance des deux prisonniers, et leurs madrigaux, et leurs soupers mystérieux , et les verroux tombant à la voix de l'amour ? Qui n'a lu dans les Mémoires de l'héroïne tout ce qu'elle raconte ^ et tout ce

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