‹ La conspiration de Cellamare; épisode de la RégenceChapitre 92 sur 121 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

cinq miUe hommes de milice , on équipa un grand nombre de vaisseaux , et le commandement de Texpédition fut doni^é au maréchal de Berwick.

Berwick était une de ces figures tracées sur les modèles antiques : grand capitaine, bon citoyen 9 ami de la gloire, de la justice et de l'humanité , il rappelait Aristide dans Fexercice des vertus, Épaminondas sur les champs de bataille. Illustré déjà par quinze campagnes , il allait encore se montrer digne de sa haute réputation militaire. Il aurait voulu pouvoir commencer l'offensive par le siège de Pampelune ; c'était ouvrir à l'armée française le chemin de Madrid et jeter la terreur dans toute l'Espagne : mais ce siège eût exigé des préparatifs immen-

y3o . EA GUEHRE;

ses; on x/avàit pa& eti le tetns de dbnnçrles ordres nécec^tôires : on se détemkma donc à faire le siège dé Fontarabio et ée âaint* Sébastien. Vers le i5 mai 171)9, rarmée française s'assembla à Iruh y d'où «lie alla investir Fontarabie : pette place ne tarda paâ à être prisé , on rasa les travaiix , on comHa les tranc^«, et la ganmon con.

dùiie à Pampdune fut remplacée par deux bataillons français. Aprè$ ce premier sufeces, of) fit le siège de Saint-Sébastien, qui capitula le 19 août. Urgel eut le même sort, et 1^ sfii^on, des plaies étant survenue, l'armée française se retira dans ses quartiers d'hiver (i).

(i) Mémoires de Bcrwick.

OBLXVlTtilS. XI* ^I

Cette première cmnp^gQe iivait été dér sastreuse pour, les Espagnols ,. et cependant Philippe V, bercé d'illusions par son mit)isr tre, s'était promis Je triomphe le plus éclatant. Albéroûi lui avait dit : « Site, faites entendre votre voix., et lesarmes tomberont des mains de tous les Français , et les Pyrénéen s'abaisseront devant vous ; » et Philippe V avait publié une déclaration (i) où il invoquait les droits • de sa naissance et promettait sa royale gratitude à tous c^ux qui pa^serai^t sous ses drapeaux. M^s l'armée de Berwick avait répondu par la victoire à cette insulte faite à sa fidélité. Albéroni.

(i) Voir aux pièces justîBcatives du chapitre XI la déclaration de Philippe V.

LA GU£RRE«

avait dit à son maître : <c Sire, montrezvous, et dès que vous paraîtrez, tout ce qui porte un uniforme et un coeur français viendra embrasser les genoux du petitfils de Louis XIV » ; et Philippe V , plein d'une confiance romanesque, voulait d'abord se présenter seul et sans escorte devant les rangs de notre armée, et finit par se rendre au quartier-général entre Pampelune et Tudela, comme on marche à une fête, avec la reine, le prince des Asturies, le cardinal -ministre, le P. Daubenton et la plus grillante partie de sa cour : mais le nouveau Xerxès n'était arrivé que pour voir fuir ses soldats.

En vain Albéroni se débatt£^it contre sa destinée ; en vain il épuisait toutes les res-

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