‹ La Conspiration de CellamareChapitre 129 sur 166 · CHAPITRE XI. l'5l · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI. l'5l

Cette première campagne avait été désastreuse pour les Espagnols, et cependant Philippe V, bercé d'illusions par son ministre, s'était promis le triomphe le plus éclatant. Albéroni lui avait dit : «Sire, faites entendre votre voix , et les armes tomberont des mains de tous les Français , et les Pyrénées s'abaisseront devant vous ; » et Philippe V avait publié une déclaration (i) où il invoquait les droits de sa naissance et promettait sa royale gratitude à tous ceux qui passeraient sous ses drapeaux. Mais l'armée de Berwick avait répondu par la victoire à cette insulte faite à sa fidélité. Albéroni

(i) Voir aux pièces justificatives. du chapitre XI; la déclaration de Philippe V.

avait dit à son maître : « Sire, montrezvous, et dès que vous paraîtrez, tout ce qui porte un uniforme et un cœur français viendra embrasser les genoux du petitfils de Louis XIV »; et Philippe Y, plein d'une confiance romanesque, voulait d'abord se présenter seul et sans escorte devant les rangs de notre armée, et finit par se rendre au quartier-général entre Pampelune et Tudela, comme on marche à une fête, avec la reine, le prince des Asturies, le cardinal -ministre, le P. Daubenton et la plus brillante partie de sa cour : mais le nouveau Xerxès n'était arrivé que pour voir fuir ses soldats.

En vain Albéroni se débattait contre sa destinée ; en vain il épuisait toutes les resr

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