‹ La Conspiration de CellamareChapitre 151 sur 166 · CHAPITRE XI T · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI T

îarderie sa déclaration , où , malgré le soin qu'elle prit de mettre au bas ces mots : « Je certifie que ce mémoire contient la « pure vérité », elle se souvint de l'habitude qu'elle avait de composer des romans (1).

Le duc d'Orléans fit lire cette déclaration au conseil de régence, dont elle excita plus d'une fois le sourire, et permit à la duchesse de revenir à Sceaux. Affligée de n'y point trouver le duc du Maine, elle prit le parti de s'adresser au régent : « Monsieur, lui dit-elle, j'ai encore une grâce à vous demander, c'est de me raccommoder avec mon mari . — Entre nous , lui répondit-il , tout

(1) Voir aux pièces justificatives du chapitre XII la déclaration de la duchesse du Maine que nous avons copiée aux archives des affaires étrangères.

est oublié, mais pour le reste, j'ai appris de Sganarelle « qu'entre l'arbre et l'écorce il ne faut pas mettre le doigt. » Cependant le duc du Maine finit par se laisser fléchir; le château de Sceaux reprit sa joyeuse splendeur, et la duchesse se consola de sa disgrâce en redevenant la Reine des nuits.

Le régent, trop heureux d'épargner les supplices, laissait éclater hautement sa joie; mais tous ses amis n'applaudissaient pas à sa clémence : Dubois murmurait, et Saint-Simon lui ayant reproché l'excès de sa bonté : « Que voulez-vous , mon cher duc ? répondit le prince en riant, vous l'avez dit vousmême dans une chanson (1) : « Philippe est

(1) Saint-Simon avait composé sur la bonté du régent un pont-neuf dont le refrain était :

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