CHAPITRE VII
plus sans être accompagné , sans être armé au moins; vous désolez vos amis en vous exposant constamment aux poignards de vos assassins.
Là, sérieusement, veux-tu que je m'effraie des criailleries d'une femme , des intrigues de quelques abbés faméliques qu'elle héberge, des menaces de quelques fous qu'elle exalte par ses caresses ?
DUBOIS
Mais Albéroni , mais Cellamare , sont-ils aussi des extravagans dont on doive mépriser les attaques ? Tenez, monseigneur, cette insouciance est coupable ; vous n'avez pas le droit de compromettre sans cesse une vie d'où dépend le bonheur du royaume.
LE RÉGENT
Traître de flatteur ! Mais crois-tu donC que , parce que j'ai moins peur que toi , j'ignore ce qui se passe? Tiens, j'en sais peut-être plus que toi sur toutes ces intrigues de valets. Par exemple, réponds-moi:
Connais-tu le prince de Listhnay?
DUBOIS
Le prince de Listhnay!...
LE RÉGENT
Tu ne le connais pas , je le vois.
DUBOIS
Non , monseigneur.
Ah ! tu ne connais pas le prince de Listhnay ? Eh bien ! tu ne sais rien , adieu !