CHAPITRE VII
DUBOIS
Mais, monseigneur !...
LE RÉGENT
Tu te vantes de tout savoir, et tu né connais pas le prince de Listhnay ?
DUBOIS
De grâce, expliquez-vous!
LE RÉGENT
Ah î t'y voilà : tu avoues que j'en sais plus que toi et toute ta police. Eh bien ! écoute-moi , et rougis , si tu le peux.
L'abbé Veyrac vint un jour m'apprendre que quelques intrigans subalternes , soudoyés par la duchesse du Maine , se réunissaient chez une prétendue comtesse de Chavigny, sous la présidence de la demoiselle Delaunay. Un certain abbé Le Camus, car
tu sais que les abbés se fourrent partout, était le conseil de cet aréopage : une plume manquait pour rédiger ses arrêts; on jette les yeux sur Veyrac qui dans le tems avait travaillé pour la cour des sceaux : tu sais que je lui fais une petite pension ; mais , comme certains écrivains, il reçoit volon-
tiers des deux mains. Le voilà donc chargé de rédiger tous ces pamphlets, tels que l'Almanach de la Régence , que l'on répand contre moi : il m'en donne avis , et m'annonce en même tems qu'un prince, ce prince que tu ne connais pas, doit venir lui apporter des papiers pour les faire imprimer en Hollande. Jaloux de m'assurer de la véracité de mon pensionnaire, et surtout de faire connaissance avec ce prince de Listh-