CHAPITRE VII
nay, toujours ce même prince que tu ne connais pas , il me prend la fantaisie de me rendre moi-même, sous le mince habit noir d'un copiste, chez l'abbé Veyrac. On annonce le prince Listhnay. Figure -toi un grand gaillard , bien découplé , l'air insolent , sentant sa grande maison d'une lieue à la ronde, et par-dessus tout cela écorchant le français à plaisir, (mais je te fais observer que c'est un seigneur étranger ! ) Il remet à Veyrac quelques notes échappées à la bienveillance des beaux-esprits de Sceaux, et lui laisse pour adieux une bourse pleine d'or.
DUBOIS
Diable ! ce prince a de belles manières.
LE RÉGENT
Tu n'en seras pas étonné quand tu sauras
h 8 LE PALAIS-ROYAL.
qu'il passe sa vie dans l'intimité de la duchesse du Maine: il ne la quitte pas, il la suit partout, il pousse même l'attention, à certains jours, jusqu'à porter la queue de sa robe, ou même, quand sa voiture est pleine, à monter derrière.
DUBOIS
Ah! j'y suis! Monseigneur me faisait l'honneur de se moquer de moi : ce prince n'était qu'un laquais déguisé... d'Avranches, peut-être ?
LE RÉGENT
C'est toi qui l'as nommé !
DUBOIS
Vraiment ?