CHAPITRE VTII. 8l
patience de l'ambassadeur d'Espagne. La cabale de la duchesse du Maine jeta les hauts cris; elle envoya des émissaires en Picardie, en Bretagne, en Normandie pour entretenir le zèle des gentilshommes qui avaient promis leur épée , elle excita l'animosité du parlement par l'entremise du premier président de Mesme, elle fit promettre sous main de l'avancement à un grand nombre d'officiers; enfin, portant
roi et la reine auront recours aux moyens les plu» extrêmes pour se venger de ceux qui prétendent leur mettre (comme on a coutume de le dire) le poignard à la gorge. LL. MM. ordonnent à V. E. de réitérer la même protestation à M. le duc d'Orléans, à ceux qui composent le conseil de régence, et à toutes personnes de tjus états et de toutes conditions. » (Lettre autographe d'Albéroni, 1718.) II. 6
Si LA COURTISANE.
l'audace jusqu'au crime, elle tenta un soir d'enlever le régent clans le jardin des Tuileries (i), une autre fois de le faire assassiner au château de la Muette dans un souper que donnait la duchesse de Berry (a).
(i)Un soir à dix heures, le régent se promenait avec des dames aux Tuileries; des hommes masqués voulurent s'emparer de sa personne, mais il se dégagea de leurs mains. Depuis cette aventure, le jardin des Tuileries fut fermé à la nuit tombante.
(Manuscrits de la Bibliothèque du roi.)
(2) C'était un colonel La Jonquière, chassé du service pour son inconduite, qui avait fait marché pour s'emparer du prince mort ou vif. Il s'était porté avec une centaine de brigands autour de la Muette; mais Dubois, averti à tems, envoya contre eux une compagnie de mousquetaires qui mit ces misérables en déroute. La Jonquière se sauva dans les Pays-Bas, d'où il fut reconduit en France le pistolet sur la