‹ La Conspiration de CellamareChapitre 50 sur 166 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

dieux et des rois, fut adorée comme la déesse de la beauté.

Nos premiers rois n'avaient pas hérité de la galanterie des Grecs ; ils ne considéré- rent, à bon droit, les courtisanes que comme la honte du célibat, ou comme un fléau nécessaire. Charlemagne essaya de les bannir ; il les condamna au fouet ; et , par une disposition bizarre, ordonna que ceux chez qui on les aurait surprises , les porteraient sur leurs épaules jusqu'au lieu de l'exécution (1). Saint Louis les parqua dans la Cité, et inscrivit leur honte sur leurs ceintures (2). L'amant d'Agnès Sorel eut

(1) Capitulaires de Charlemagne.

(2) La reine Marguerite , femme de saint Louis,

pour elles plus de compassion ; il leur permit de se former en corporation sous le nom de Filles folles de leur corps ; elles eurent leurs statuts, leurs privilèges; elles invoquaient sainte Madeleine dans leurs prières et dans leurs fêtes (i). Sous François Ier, de jeunes filles destinées aux plai-

assistait un jour au service divin, et, selon l'usage, elle avait donné le baiser de paix à toutes les femmes qui étaient dans la chapelle. De retour au palais, elle demanda quelle était la belle femme qu'elle avait embrassée la dernière : on lui répondit que c'était une courtisane. Elle s'en plaignit au roi, et une ordonnance fut rendue, qui obligeait toutes ces femmes à porter une ceinture dorée, afin d'être distinguées des autres. De là le proverbe : Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée.

(i) Sauvai, Antiquités de Paris.

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