‹ La Conspiration de CellamareChapitre 51 sur 166 · chapitre vnr. g · texte numérisé non relu

chapitre vnr. g

sirs des princes furent attachées à la cour , sous le nom de Filles d'amour ( i ) ; Catherine de Médicis les remplaça par des filles nobles, auxquelles elle donna un titre que la malignité publique accueillit comme une ironie, elle les appela Filles d'honneur, les plaça sous la garde d une sur in tendante (2), et les fit servir à la table de ses fils, sans autres voiles qu'une couronne de fleurs (3). À l'avènement de Charles IX , les corporations des courtisanes furent abolies (4), et chacune eut la liberté de disposer de ses at-

(1) Brantôme.

(2) Ordonnance de i558.

(31 Fête donnée par Catherine de Médicis à Chenocccaux. ,

(4) États d'Orléans, i56o.

gG LA. COURTISANE.

traits. Sous Louis XIII , une de ces Lais , vive , amusante et passionnée , se mêla aux intrigues politiques, conspira au sein des plaisirs , vit à ses genoux Cinq-Mars et Richelieu, passa tour à tour des bras de la victime dans les bras du bourreau , et, par un caprice dévot , fit servir sa beauté à la gloire de l'Église (1). Sous Louis XIV, une nouvelle Aspasie, sophiste ornée de toutes les grâces de l'esprit , et coquette parée de tous les dons de la nature , fit de la volupté

(7) Châtillon et Chavagnae , tous deux protestans, lui offrirent leurs vœux ; elle leur promit de les accueillir s'ils se convertissaient à la religion catholique. Ils se dirent , en parodiant Henri IV : « Marion vaut bien une messe : » ils se firent catholiques , et Marion de Lorme leur tint parole.

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un système et cle l'infidélité un principe, eut assez d'amis pour connaître l'amitié (i) et trop d'amans pour connaître l'amour (2) , sut allier la raison au plaisir, distribua le bonheur et la gloire (3) , et vit le tems luimême s'arrêter devant la toute-puissance de ses charmes. Les scrupules de madame de Maintenon forcèrent, pendant quelque tems , le vice à se cacher ; mais la dissolu

(1) De ce nombre étaient mesdames de La Sablière et de Lafayette.

(2) Depuis le grand Condé , jusqu'au malheureux La Châtre au billet, Ninon vit au nombre de ses adorateurs tout ce qu'il y avait de plus aimable ou de plus illustre à la cour.

(3) Scaron la consultait sur ses romans, Saint- Évremont sur ses vers , Fontenelle sur ses dialogues, Larochefoucault sur ses maximes, Molière

sur ses comédies.

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