II
tion de la régence lui rendit toute son effronterie : ce fut l'âge d'or des courtisanes. Et quel temps plus favorable à leur triomphe que celui où le plaisir semblait être la religion de l'Etat ! La sainteté du mariage était mise au rang des ridicules ; on ne daignait se marier que pour ne pas laisser mourir un nom , et lorsque cet espoir était trompé , on empruntait des héritiers à la débauche ( 1 ) ; grâce aux merveilles du Midas
(i)« Le marquis deN** vint un jour prier sa femme de vouloir bien reconnaître un fils qu'il avait eu de
la danseuse Lambert «Avec plaisir, lui répondit la
marquise , si vous voulez me promettre de reconnaître celui que j'ai eu du comédien Baron. » Après quelques discussions sur le droit d'aînesse , les deux
enfans furent reconnus.»
(Journal de Marais.)