‹ La Conspiration de CellamareChapitre 7 sur 166 · CHAPITRE VII. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. l

subitement de la contrainte à la licence. Les voluptés du duc d'Orléans reçurent alors du haut rang où il était monté une publicité plus éclatante , et ses détracteurs s'en autorisèrent pour l'accuser avec plus d'amertume. Ils ne virent dans le régent que le continuateur du jeune prince que les dégoûts de la cour avaient jeté dans la débauche; ils jugèrent l'homme de plaisir sans rendre justice à l'homme d'Etat. Cependant les grands de la terre appartiennent à l'histoire par l'influence politique qu'ils ont exercée , bien plus que par ces faiblesses humaines qui naissent et meurent avec les sens; et si la postérité, ce tribunal sans passions , n'apprécie dans Philippe d'Orléans que le guerrier, le politique et le

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dépositaire du pouvoir royal, elle assignera une place glorieuse au héros de Nerwinde et de Lérida, au protecteur des lettres et des arts (i), et au pacificateur de l'Europe. Une pensée l'occupait alors tout entier.

(i) Aucun prince ne prodigua aux gens de lettres et aux artistes plus de bienfaits, de grâces et de faveurs. 11 eut la gloire de faire imprimer et publier le Télémaque, qui avait été proscrit sous Louis XIV. Il logea dans ses palais Fontenelle , l'abbé de Saint- Pierre , Mongault, Vertot, Lafare,Longepierre, Dufresni, Destouches ; il donna à beaucoup d'autres des pensions et des distinctions honorifiques ; et tel était son attachement pour ceux qui par leurs écrits ou leurs talens illustraient le royaume, que lorsqu'il remit le pouvoir à Louis XV devenu majeur : « Sire, lui dit-il , je ne demande qu'une grâce à V. M. : c'est de rester toujours secrétaire d'État de V Académie. (Histoire de l'Académie des Sciences.)

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