CHAPITRE VII
A peine avait-il été investi de la régence que, jetant un regard sur l'héritage de Louis XIV, il n'avait pu voir sans effroi l'état déplorable où les prodigalités de ce monarque et ses guerres désastreuses avaient laissé les finances du pays : aussi rêvait-il sans cesse aux moyens de combler le déficit et de soulager les charges du peuple; de là cette facilité à accueillir des systèmes brillans en apparence, mais qui n'étaient qu'un voile d'or étendu pour un moment sur l'abîme creusé par Louis XIV; abîme où vinrent s'engloutir et la fortune publique et la monarchie; de là aussi le désir si vif de donner la paix à la France épuisée. Le traité d'Utrecht avait été l'ouvrage de
presque toute l'Europe ; cependant elle n'a- II. 2
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vait pu parvenir à accorder le roi d'Espagne et l'empereur. Charles VI ne reconnaissait pas encore Philippe Y en qualité de roi d'Espagne, et Philippe, à son tour, n'avait pas renoncé à ses droits sur les provinces de la monarchie espagnole que la paix d'Utrecht avait transférées à l'empereur. Le régent, prévoyant dès lors que la tranquillité de l'Europe pouvait n'être pas d'une longue durée, rechercha l'alliance de l'Angleterre, qui était la puissance la plus intéressée à maintenir les dispositions du traité, et fit entrer les états - généraux dans la négociation. Il en résulta un traité , connu sous le nom de Triple- Alliance , qui fut signé à La Haye , le 4 janvier 1 7 1 7, entre la Fiance, l'Angleterre et la Hollande,