I. Les lignes qui suivent ont été ajoutées en
73 ÉTUDES BOBBSPIEimiSTBS
disait-il rien non plus de Julien de Toulouse, le
bras droit de Chabot?
peut se demander aussi comment il se fait i"abre, au moment précis où il dénonçait Dt comme un être vénal et comme un agent nnemi, signait cependant, sans le lire, un t de décret qu'un homme aussi suspect lui ntait ?
est obligé de se demander pourquoi Chajui ne devait pas ignorer que Fabre l'avait icé, prenait tant de soin, six semaines plus de mettre son dénonciateur hors de cause sa fameuse déclaration des aâ et26 brumaire, irgeait Delaunay et Julien de Toulouse, ses ns amis, et il faisait l'éloge de la probité de si
sera peut-être sur la voie d'une explication se souvient que Chabot, qui marchait jusque îc les Hébertistes, était journellement attaux Jacobins par les amîs de Fabre et de in, notamment par Dufourny qui s'acharur son mariage et sur ses liaisons avec les uiers étrangers.
abot espère se sauver en livrant ses amis les rtistes. 11 espère que les Dantonistes, qui en ce moment les maîtres dans les Comités, s ont réussi à tromper Robespierre et Saintlui sauront gré de sa trahison, profitable à lause. Il leur fournît des armes contre les rtistes, leurs ennemis. Il compte sur leur
reconnaissance. Il voile par suite leur complicité dans la malpropre affaire des Indes.
Bien mieux, Chabot, qui a plus d'un tour dans son sac, doit se dire dans son for intérieur, qu'en se bornant à évoquer, en termes vagues, Taffaire des Indes, il tiendra les Dantonistes qui n'oseront pas l'abandonner, par crainte de ses révélations. Ce qu'il cherche manifestement, c'est de leur fournir des armes contre les Hébertistes, tout en faisant planer sur eux la lourde et sourde menace du scandale financier. Ce calcul fut assez juste puisque les Dantonistes, Danton lui-même, prirent la défense de Chabot à plusieurs reprises.
Mais Chabot n'avait pas prévu que l'affaire financière finirait par être éclaircie et qu'elle prendrait le pas sur l'affaire politique. Il n'avait pas prévu que Delaunay mangerait le morceau en dévoilant toutes les responsabilités de chacun de ses complices dans la falsification du décret.
Fabre, qui tremblait d'être découvert, s'efforça vainement de tout rejeter sur Chabot dans le secret d'une instruction qu'il dirigeait, pendant que Danton défendait Chabot à la tribune de la Convention. L'intrigue était trop compliquée pour qu'elle pût être menée à bien, c'est-à-dire à un non-lieu. Robespierre finit par y voir clair. Chabot et Fabre se perdirent tous les deux et ils entraînèrent à leur suite les Hébertistes et les Dantonistes confondus dans la même conspiration.
e 13 octobre 1793, on lut à la Convention une 76 de Danton qui demandait un congé de quelï jours pour aller à Arcis-sur-Aube u rétablir anté, disait-il, et respirer l'air natal». «Après Iques légers débats », l'Assemblée accorda le
es historiens dantonistes, qui font d'ordinaire écit des derniers mois de leur hérosune idylle ndrissante, quelque chose comme une Passion ue et civique, n'ont pas cherchéà savoir pour- 1 la Convention hésita à accorder le congé qui
SouacEs : Paul Montablot, Le» accuïéa da Sa6ne-«1- 1 tui tribunaui révolution nairaa, L. Comto, dans le» Hli- « de la sociité Édaenne, t. XXIX (igol); — Archives nales, F' i653, F 3687', F' i65o, AF" 46, D'" Sg; Ig j etc. Jo remercie biep vivement M. Paul Montarlot qui I k ma disposition avec une patraite bonne grâce tous les ignements et documents qu'il possédait sur Louis Comte. elta élude a d'ahord paru dane les AnnaUs révolutionnaires >hre-dt5combro igiï.
Moniteur, t. XVIII, p. io3.
DANTON ET LOUIS COMTE ']h
lui était demandé, et ce que signifiaient ces «légers débats^ », auxquels sa lettre donna lieu^ Ils ne se sont pas demandé davantage si le motif allégué par Danton pour s'absenter de Paris : ce rétablir sa santé », « respirer Tair natal », était bien le motif véritable de sa résolution.
M. Jules Claretie nous a représenté Thomme de septembre s'apitoyant à chaudes larmes sur le sort des Girondins, fuyant de Paris « de guerre lasse, accablé, navré, saoul des hommes » et se réfugiant à Arcis « pour respirer, oublier ». « II voulait être loin de Paris durant cette tuerie du 3i octobre, où le sang le plus pur de la Gironde allait couler. Il se retrouvait auprès de sa mère, auprès de la vieille Marguerite Hariot, sa nourrice, et sa rude écorce se fondait ; il retrouvait des effusions, des tendresses,'^ des soupirs oubliés. II lui semblait, en arrivant de Paris, dans la petite cité champenoise, passer de l'atmosphère d'une forge à Pair calmant d'une oasis,... etc., etc. »*.
Nous lisons tous les jours sous la plume agréable de M. G. Lenôtre des pages de cette encre sympathique, mais M. Lenôtre a du moins cette excuse qu'il n'a jamais été président, actif ou honoraire, d'une société historique.
I. M. Jules Qaretie a préféré supprimer ces « quelques légers débats », dans la citation approximative, mais guillemetée, qu'il donne du Moniteur dans son livre sur Camille Desmoulins, Paris, 1908, p. 201.