‹ La conspiration de l'étrangerChapitre 18 sur 75 · I. Journal de Méeaise, pp. 55 et 7a · texte numérisé non relu

I. Journal de Méeaise, pp. 55 et 7a

a. Je n'ai pas rslrouvc aux archives l'interrogaloire autheni]ue de Comte, mais saulemenl lo résumé fait par Comte lui-

un passeport pour Tadjudant fédéraliste. Évidemment cette demande de passeport avait été le prétexte de l'arrestation. Louis Comte prenait figure •de protecteur, de complice des rebelles du Calvados. Il répondit qu'il voulait par ce moyen découvrir Wimpffen.

On lui demanda ensuite pourquoi il n'avait pas arrêté l'adjudant. Il répondit qu'Hérault et Billaud l'ayant interrogé, c'était à eux à prendre une décision.

N'avait-il pas voulu épouvanter Danton pour lui arracher le passeport plus facileipent? — « que non, qu'il vouloit pouvoir juger par la couduite de Danton si la dénonciation étoit fondée ou non, d'autant que Danton coupable eut acquiescé, et innocent eut refusé ».

On lui demanda encore « si, en parlant à Courtois, il ne lui a pas dit qu'Hérault et Billaud ^toient les ennemis jurés de Danton, que Robespierre étoit un hypocrite et un ambitieux feignant d'être l'ami de Danton pour le mieux perdre ».

La réponse fut cette fois moins nette : « Il ne «'est point expliqué en ces termes, d'ailleurs, s'il a parlé des députés, il ne s'en rappelle pas ». Courtois entra alors au Comité et soutint que Comte avait tenu le propos.

L'interrogatoire interrompu s'arrêta là et ne fut jamais repris. Comte ne devait quitter sa prison que pour l'échafaud.

Quand les Dantonistes furent arrêtés, Comte

Mathiez. — Conspiration. 7

gS ÉTUDES BOBESPIEBBISTES

eut un moment d'espoir. Il s'était dit qu'on lui saurait gré d'avoir éveillé un des premiers l'attention des Comités sur les menées des conspirateurs et de leur chef. Il s'attendait à ce qu'on l'appelât à déposer au procès. Comme on tardait, il offrit son témoignage, il demanda à être entendu. Mais les comités le laissèrent se morfondre dans sa prison et dédaignèrent son appeL En vain Comte leur adressa suppliques sur suppliques. En vain il rappela qu'il était une victime d'Hérault, d'Hérault qui s'était vanté, le 9 nivôse, d'avoir ordonné son arrestation : « On m'accuse, avait dit Hérault, d'avoir voulu diviser les patriotes de la Montagne. Eh bien ! moi, fidèle à des principes bien opposés, j'ai le premier dénoncé et fait arrêter au Comité de sûreté générale un émissaire des puissances étrangères, un Français parricide qui, semant mystérieusement les propos les plus infâmes, s'efforçait de nous désunir d'avec Danton, de le rendre suspect, et d'annuler la brûlante et redoutable énergie de ce soutien de la liberté* ». Comte se reconnaissait dans cet « émissaire des puissances étrangères » et s'indignait. « Hérault, dit-il, m'a calomnieusement dénoncé parce qu'il sçavoit que j'allois dénoncer moi-même et faire arrêter une femme, la ci-devant marquise de Bellegarde, dont les intimes liaisons avec lui pouvaient le démasquer ». Quant à Dan-

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