‹ La conspiration de l'étrangerChapitre 35 sur 75 · I. Archives nationales, F · texte numérisé non relu

I. Archives nationales, F

l36 ÉTUDES ROBESPIERRISTES

pour des distributions opportunes à faire parmi les clubistes de rang inférieur et on la lui accorde sans sourciller. Ce C. D. doit être un personnage.

Ces initiales reviennent deux fois dans la missive anglaise. La première fois elles sont précédées de la lettre M' (que M. Alger a oubliée dans sa transcription). C'est le Mas ter ou le Monsieur français. Ceci encore est Tindice que le Monsieur est quelqu'un.

Pouvons-nous aller plus loin et essayer de deviner les noms que cachent les mystérieuses initiales ?

M. Alger a fait des suppositions: « Ceux qui croient, dit-il, à la vénalité de Danton peuvent supposer que CD. signifie « Citoyen Danton » et que Perregaux lui remit la lettre. » Mais M. Alger est trop respectueux d'une grande réputation pour s'arrêter un seul instant à une supposition qu'il juge incroyable. C'est le cas pourtant de rappeler que le vrai peut quelquefois n'être pas vraisemblable.

M. Alger s'est demandé encore si C. D. ne désignait pas Camille Desmoulins, si De M. ne cachait pas Mergez, le neveu de Danton. Je ne crois pas que Mergez ait joué à cette époque un rôle quelconque aux Jacobins. D'ailleurs le De qui précède l'M . initiale de son nom rend la supposition peu vraisemblable.

M. Alger suppose enfin que 12 peut vouloir dire Grenville ou Pitt, 7 la monarchie et l'anarchie. C'est très possible.

DANTON ET l'OB ANGLAIS 167

Quoi qu'il en soit, il est indubitable que l'Angleterre entretenait aux Jacobins des agents chargés de pousser le club dans la voie des surenchères démagogiques et il est indubitable aussi que la lettre ouvrant à Perregaux un crédit pour les payer figure dans les papiers de Danton.

Il est indubitable encore que notre ambassadeur à Londres, La Luzerne, dès le mois de novembre 178g, considérait Danton et son clerc Paré comme des agents de l'Angleterre chargés de susciter des troubles à Paris.

II est indubitable enfin que, au cours du procès de Danton, les membres du Comité de Sâreté générale qui poursuivaient l'accusation, Amar, VouUand et Vadier entre autres, communiquèrent aux jurés, en Chambre du Conseil, une pièce secrète qui détermina leur conviction. Cette pièce secrète ne serait-elle pas la lettre du Foreign- Office'?

Je ne demande pas cependant que M. Aulard soit invité à faire amende honorable au pied de la statue de Danton.

I. Le greffier Paris dit Fabricius déposera du fait ^u procci de Fouquiei^Tinville (Bûchez et Roui, t. XXXIV, p. i73).

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