I. P. 555, bulletin n° 19, 27 mars-a avril
l5o ÉTUDES BOBESPIEftRrSTËS
Jost j fut (igure d'un rival souvent très âpre et
très intransigeant. On lit dans ie bulletin n* 19
(37 mars-2 avril 1794): « Saint-Jusl voudroit, à
ce qu'il paraît, saaver les 7a députés détenus
miiwiBe complice de Brissot, parce qu'il espère
I former un parti puissant dans la Convention
ie mit à même de lutter contre Robespierre.
Bi-ci en consentant qu'on ne les juge pas, veut
)s soient détenus comme suspects, et on croit
Robespierre l'emportera cette fois sur Saint-
:'. » Dans le même bulletin, il est dit que
it-Jnst attaque le ministre des Affaires étran-
Bs Deforgues, qui est protégé par Robespierre
■ieys,
e bulletin suivant (n' ao, 4-ia avril 179^) te une vive discussion qui aurait eu lieu entre lespierre et Saînt-Just, à la séance du 5 avril, ob^spierre déclara qu'il avoit cru nécessaire donner à Pache et à Carrier les autorisations es sauvegardes du Comité de Salut public, r la conduite qu'ils avoient tenue dansl'afTaire [)anton et dans celle d'Hébert; qu'il compre- : dans la même classe Lhuillier, que le tribunal ilutionnaire avoit innocenté par les mêmes onsquilui faiaoient demander des sauvegardes Comité pour ceux qui étoient ici présents, il déclaroit donc que c'étoit par ses ordres et ceux de Barère, donnés au nom du Comité
LE COMITÉ DE SALUT PUBLIC l5l
de Salut public et sous sa sauvegarde, qu'ils s'éloient familiarisés avec ceux que le tribunal avait jugés coupables [les hébertistes] et qu'il leur devoit toutes* les lumières que Ton avait pu porter dans cette nouvelle conjuration. Cette déclaration causa de singuliers débats dans le Comité même. Saint-Just prétendit expressément que Pache, nommément, avoit trempé dans ces conjurations sous prétexte de les découvrir, qu'il n'en avoit fait l'espion que lorsqu'il avoit décidément vu que ce parti alloit être exterminé ; qu'il avoit à cet égard des preuves complètes qu'il se réservoit de faire valoir en temps et lieux, et, pour cela, qu'il refusoit son assentiment à la sauvegarde qu'on lui demandoit. Les débats se prolongèrent presque toute la nuit, mais enfin le Comité assura, par l'influence de Robespierre, la sauvegarde qu'on lui demandoit, Saint-Just persistant cependant toujours à la refusera... »
Quelques jours plus tard, Robespierre s'oppose à l'envoi de Saint-Just à l'armée du Nord et propose Couthon pour cette ipission, mais cette fois Saint-Just l'emporte *.
Dans la nuit du lo au ii mai, Sieys s'interpose pour négocier un raccommodement entre Saint- Just et Robespierre. La paix est conclue, mais Robespierre doit sacrifier Pache à Saint-Just ^