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Paix de courte durée. Le 18 mai, Robespierre se plaint que certnins coDveDtlonnels le représentaient comme un dictateur et faisaient courir le bruit qu'il voulait s'emparer de la toute-puissance pour « se vendre ensuite à la puissance qui lui ferait le meilleur accord s. Saint-Just réplique à -'^■■''"'pierre avec violence « que sans prétendre quels étoient ses projets à venir, il n'avoit impëcher de causer avec ses collègues de :nsité de pouvoir dont s'emparaient Robeset l'abbé Sieys ; qu'il n'avoit pu s'empêcher re observer que Robespierre cherchoit par loyen à s'emparer exclusivement de la garde ris, et par elle de toutes les gardes nationarojaume, etc. ' ».
lendemain de la tentative d'assassinat lirai et de Cécile Renault sur Collot d'Hert sur Robespierre, Saint-Just revient à la s et accuse Robespierre d'avoir machiné tragédie pour se faire loger au Palais-Natioavec une garde*. Le 4 juin, Robespierre e Saint-Just absent. Lindet le 'défend, e violente dispute a causé les plus grandes tudes a Barëre et à Couthon, les amis de pierre, et il paroît impossible de les rappro- Et Saint-Jusl, prévenu par Lindet, rele l'armée du Nord, le 7 juin. Encore une
illetin a« 34, p. 57S.
lUetin n» a5, p. 579.
lUotiQ no 36, p. 58].
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foîs Sieys s'interpose. Après la fête de TÊtre suprême, Robespierre et Saint-Just se promettent union et fraternité, « dans la ferme résolution, dit l'espion, de s'égorger l'un l'autre au premier moment* ». Saint-Just, d'après l'espion, n'était pas de bonne foi. Il aurait encouragé les députés de son parti à protester contre le décret du 22 prairial sur la réorganisation du tribunal révolutionnaire.
M. Aulard estima que toute cette partie des rapports de l'agent royaliste, concernant Saint- Just, était hautement « fantaisiste ».
M. Aulard releva encore quelques autres «inventions saugrenues » dans les documents que la commission historique anglaise avait qualifiés de très remarquables. Dans la nuit du 8 au 9 mai, l'espion disait tenir de quelqu'un, qui l'avait vu, qu'il était sorti trois chariots remplis de cadavres de l'Hôtel de la Force ^ ! Il rapporte dans son bulletin n** 17, que le 19 mars le Comité avait décidé de pousser le peuple au massacre des détenus dans les prisons * ! 11 affirme que, « dans la nuit du 23 au 2^ mai, Robespierre alla chercher le roi [Louis XVII] au Temple et le conduisit à Meudon. Le fait est certain, dit-il, quoiqu'il ne soit connu que du Comité de Salut public. On croit être assuré qu'il a été ramené au Temple,
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la nuit du ^i au 35, et que ceci étoit un essai pour s'assurer de la facilité à s'en emparer M s Ceci paraissait énorme à M. Aulard.
BreT, M. Aulard, sans prolonger ses critiques, concluait que ces romanesques bulletins « étaient de nature à égarer complètement les Anglais sur ce qui se passait au sein du Comité de Salut public », qu'ils sont « une preuve de la naïve crédulité des diplomates, qui se croient renseignés par le seul fait que leurs moyens d'information sont mystérieux et clandestins ». Tout au plus convenait-il qu'en ce qui concerne la politique étrangère, le traître était « à peu près informé ». Jusqu'à l'année dernière le jugement de M. Aulard est resté sans appel, et aucun historien, à ma connaissance, n'a cru pouvoir utiliser les documents frappés de suspicion.
M, Gustave Bord, l'écrivain royaliste, a été d'un avis différent. Il s'estefTorcé, dans son récent ouvrage Autour du Temple, de répondre à l'argutation de M, Aulard et de prouver que les itins de l'espion royaliste méritaient cone*. Sa démonstration, je l'avouerai, ne m'a paru convaincante,
idmets, avec M. Bord, que les nombreuses •.s d'orthographe, surtout dans les noms pro-
A.. Aulard, Les Bultelias d'an espion royaliste dans le) paie lord Grenuiite, La BévolutîoD française, XXXII, p. 137-
Aatoar du Temple, t. I, p. 36-36.
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près, dont les bulletins sont émaillés, ne sont pas une raison pour les faire rejeter a priori, Drake explique en effet, en post-scriptum de sa dépêche du i4 mars, que « quelques-uns des noms propres dans le rapport [qu41 vient de transmettre] sont peut-être mal orthographiés, car ils ne sont pas très lisibles dans Toriginal* ». Cette question de l'orthographe n'a qu'une importance très secondaire.
M. Bord croit avoir découvert que l'intermédiaire entre le secrétaire félon du Comité de Salqt public et le résident anglais à Gênes Drake était un certain Baldwin, qui habitait Versailles depuis longtemps et y donnait des leçons d'anglais. M. Bord a mal interprêté les lettres de Drake, qu'il cite pour établir sa conviction. Ces lettres prouvent, au contraire, que Drake craignait Baldv^in, furieux jacobin, qu'il le faisait surveiller et qu'il le supposait capable de se porter à un attentat contre le roi d'Angleterre (dépêche du 21 février 1794). M. Bord a dénaturé complètement le sens de cette dépêche de Drake*.
Il ne suffit pas de dire que Sieys était un hypocrite pour rendre vraisemblable le rôle si singulier que l'espion lui prête et qu'aucune autre source ne confirme.
Il ne suffit pas de dire que Robespierre et Saint-
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Ju9t, ayant « des caractères autocratiques », ont dd se beurter, pour rendre vraisemblables les accusations de dictature que Saint-Just aurait portées contre Robespierre dès le mois de mai i yg j ! accusation qu'aucune source ne confirme et qu'infirment au contraire les Mémoires de Carnot ne les Mémoires de Barère, ne sulEt pas de rappeler que Robespierre se ait parfois à Issy chez Auvray et à Vanves la comtesse de Cbalabre, pour rendre vrai- >lables les réunions du Comité de Salut ic à Choisy.
. Bord sent lui-même la fragilité de ses raiquand il fait deux parts dans les informations espion : les cboses dont il a une connaissance ^te, celles dont il n'est informé que par des . ou par la rumeur publique. C'est dans cette nde catégorie qu'il place ce que dit l'espion le prétendu voyage de Robespierre à Meudon le jeune roi. Mais l'espion allirme précisét que nie fait est certain, quoiqu'il ne soit m que du Comité de Salut public ». Et la action de M. Bord apparaît ici bien arbi- ■c.
n'y qu'une seule méthode acceptable pour iver que les bulletins de l'espion royaliste sont les de foi, c'est de découvrir d'autres docuts authentiques et indiscutables qui en conGrt les données. Jusque-là les historiens seront Iroit de les taxer de suspicion légitime, puis-
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qu'ils sont en contradiction manifeste avec toutes les sources aujourd'hui connues.
Ce travail de confrontation et de comparaison, devant lequel a reculé M. Bord, n'est peut-être pas impossible. Je n'ai ni l'intention ni le loisir de l'entreprendre dans l'espace de ce court article, mais je voudrais, par quelques exemples, prouver qu'une recherche en ce sens donnerait des résultats.
Un agent du Comité de Salut public, Eve Demaillot, qui sera plus tard mêlé à la première conspiration Malet, raconte, dans un mémoire justificatif de sa conduite, qu'il a composé en prison peu de jours après le 9 thermidor, qu'étant à Paris le 20 messidor (8 juillet) il eut une conversation avec Saint-Just, dans laquelle il lui dit avec « sa franchise connue » ce qu'il pensait « de la faiblesse et de l'indolence actuelles de Robespierre ». . Il se serait élevé contre les relations de Robespierre avec le « traître Dumas », président du tribunal révolutionnaire. Il aurait exprimé à Saint- Just son étonnement que Robespierre défendit Lejeune, député du Jura, contre Prost, député du même département. Alors Saint-Just l'aurait interrompu : <( Saint-Just, avec le rire sardonique qu'on lui connaissait, me dit : « Bon ! Ronsin, Vincent et tant d'autres, utiles pendant quelque temps, ont succombé par ambition ; il en sera de même de ceux qui voudront les imiter* »,