PROLOGUE
mais qu'il avait besoin de subjuguer, de dominer Topinion, d'être considéré et même d'être craint » ; et il ajoute « qu'il était obstiné dans ses opinions, en raison du danger qu'il y avait à les proférer* ». Un tel homme, selon nous, avait besoin de conspirer, et il cédait à cet éternel besoin, en se jetant, par trois fois, dans des aventures à faire reculer les plus audacieux. Aussi, sans faire de lui un monomane de la conspiration, ce qui impliquerait une certaine idée de maladie, il est permis d'affirmer qu'il fut, au moins, un dilettante et un sportman de coup d'État. Et certes, il s'enchantait encore, en 181 2, pour la troisième fois, de renverser un colosse, de lancer le caillou de David au front de Goliath et d'être, un instant, l'arbitre des destinées d'un grand pays, bien plus qu'il ne devait humer dans sa conspiration le parfum d'une République ou la restauration d'une Royauté.
Ce qui est positif, ce qui ressort, en tout
* Loc. cit.
cas, de l'étude des documents si curieux et si intéressants des Archives et des Mémoires des hommes d'Etat, c'est que ce dilettante qui a joué au Catilina avec passion, fut, selon l'expression de G. Lenotre, un <c dramaturge de génie ». Nous Talions voir composer un scénario infiniment plus intrigué et plus dra^ matique que n'importe quelle pièce de Scribe ou d'Alexandre Dumas,poser ses personnages et réussir mieux qu'aucun auteur dramatique, ce que M. Sarcey intitulait la scène à faire ^ — tout cela sans préjudice d'une interprétation incomparable.
LE CUL-Dh:-8AG SAINT-PIERRE
Aujourd'hui impasse Villehardouin [quartier des Archives) . Au 3« étage de la dernière maison à gauche, au-dessus du bec de gaz, on peut distinguer les deux fenêtres, donnant surTimpasse, du logement de l'abbé Gajamano.