‹ La conspiration de MaletChapitre 3 sur 41 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

dans le Jura, le 28 juin 1754. H était d'une taille élevée ; son front était large et intelligent, la ligne du nez légèrement busquée, le regard sombre, mais avec une grande vivacité d'expression. De vieille noblesse franc-comtoise, de race militaire, nous le voyons, à Tâge de seize ans embrasser la profession des armes et servir aux Mousquetaires.

Dès sa jeunesse, son caractère se révèle comme aventureux : l'histoire de son mariage — c'est M. Maurice Dumoulin qui vient de la faire connaître, dans une intéressante monographie — va nous édifier de suite sur la singulière nature du héros de notre récit.

« Malet, alors jeune officier, passait à Arbois avec son détachement. Il y avait foule devant le couvent desUrsulines ; il s'informa de la cause de ce rassemblement inusité. On lui apprit qu'une jeune fille de la contrée, Mademoiselle de Balay, entrait au couvent contre son gré.

Malet quitte aussitôt sa troupe, assiste à la cérémonie du noviciat, en suit avec une émotion croissante les poignantes péripéties.

« L'intérêt qu'il avait témoigné aux malheurs d'une inconnue croissait à mesure qu'il se pénétrait de l'injustice dont il était le témoin. Les prières finies, sa résolution était prise. Il se présenta au parloir du couvent, se donnant pour un parent de la novice. Il la vit, lui parla : elle lui plut. Seule une demande en mariage pouvait tirer M"® de Balay de la situation qui lui était faite. Il demanda sa main, l'obtint, et l'épousa » \ Ajoutons qu'un an après, il lui naissait un fils.

La Révolution éclate. Malet s'y jette avec enthousiasme: il est élu, en 1790, commandant de la garde nationale de Dôle, fait campagne avec distinction à l'armée du Rhin, passe à l'armée des Alpes et devient général de brigade en 1799.

Le général ne tarde pas à prendre une attitude hostile vis-à-vis du Consulat et de l'Empire, ce qui le fait reléguer, sous les ordres de Ghampionnet, à l'armée d'Italie. Il obtient en-

* Figures du temps passé. Alcan, Paris 1907, p. 174.

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